Lundi 3 mars 2008

Pourquoi c'est toujours quand on est malade et qu'on veut récupérer un peu que tout s'accumule ? Comme ce week-end, avec la soirée 90's au Bizen. Comme quoi les grands esprits se rencontrent et ce bar qui n'avait aucun charme voici un an est devenu le temple de la hype depuis que j'y ai mis les pieds.

Ou alors ça n'a rien à voir avec moi. C'est possible aussi, mais ça m'attristerait.

Bref. Samedi soir, on est une bonne dizaine à se bouger pour aller mover notre body sur les rythmes des années 90, les Masterboy, les Corona (qui n'est pas qu'une bière, je fais votre éducation), les Vengaboys et les East 17. Partis comme ça, on se disait qu'on allait tout déchirer. Et effectivement, la soirée fut énorme.

Sauf que.

Sauf qu'il fallait bien quelques moments de lose que je vous retranscris pêle-mêle, pour vous donner une idée de comment même une soirée excellente peut se transformer en grand moment de panique par l'action de l'entropie universelle et cosmique qui s'échappe de nos corps en volutes nébuleux - ou alors c'est le champagne.





Lose number ouane
On arrive à 23h pour une soirée qui commence à 23h. Pour la première fois de ma vie, je suis à l'heure (presque en avance, même). Aucune queue en vue, MonsieurF et sa dulcinée se glissent donc dans la boîte ni vu ni connu. Nous, on attend patiemment les retardataires et notamment La Rouquine - ouais, je dénonce. On ne s'affole pas de la queue qui se forme pendant ce temps bicoz 'on est sur la liste".

Ah bon ? On n'est pas sur la liste ? Ah merde. Une heure et demie de queue, donc.




Lose number tou
Comme on se gèle les couilles dehors et qu'il n'y a pas de raison que ce soit toujours les mêmes qui trinquent, on appelle Monsieur F en lui disant qu'on est coincés dehors comme des cons. Ni une ni deux, il décide de prendre la situation en main. Or quand F prend les choses en main, ça part souvent en testicule inversé. Comme là où il vient nous voir dans la queue: "c'est bon, j'ai arrangé les choses avec le videur, vous êtes sur la liste."

Ah bon ? On n'est pas sur la liste ? Ah merde. On a perdu notre place dans la queue, donc.




Lose number free
On arrive (enfin) devant la porte de la boîte. Un mec avec des béquilles grille tout le monde. Achimeo tente un trait d'humour: "ah merde, si j'avais su, moi aussi j'aurais amené des béquilles". Le gars se tourne vers elle, furieux. Il a la poliomyélite (orthographe non contractuelle) et manque d'humour.




Lose number fore
Dans la boîte (yeaaaah), enfin tous réunis (yeaaaah) sur de la super musique (yeaaaah) mais compressés comme des varans sans komodo, on tourne un peu en rond. Heureusement, MisterF, toujours lui, a une brillante idée qu'elle est brillante: profiter de la salle à l'étage qui fait pour l'instant restaurant mais qui sera libérée plus tard pour faire de la place pour une nouvelle piste. Il va s'arranger un peu auprès des videurs, nous dit que c'est bon, et on monte donc l'escalier en hurlant, en chantant et en dansant.

...
...
...
...Qui n'a pas débouché dans un restau chic le T-shirt à l'envers en beuglant du Menelik sous l'oeil ahuri des clients - toujours là - et des serveurs - stupéfaits - n'a pas vraiment vécu.

Les videurs arrivent et nous ramènent manu militari en bas. So much pour l'opération commando.

Fuckin' lose !

Mais tout ça ne nous aura pas empêché de chanter à tue tête que "leurs tromperies à tire larigot, go hein hein, go héhé, go hoho, go zéro,  tous ces gigolos zigotos rigolos en un mot zéro, ne méritent aucune estime, ils ne méritent que la peine du poteau !"

par Batracien
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Samedi 1 mars 2008
...mais pas ce soir, en tout cas je n'espère pas.

Merci à tout votre soutien plein d'amour, de tendresse ou de fureur, ça m'a fait chaud au coeur. Faudra que je ponde un article sur la réticence masculine à prendre vingt-trois médicaments différents, mais j'ai déjà pas mal de choses à raconter là.

Vendredi soir, j'étais pourtant mal parti. Fatigué et fragile comme un batracien en fin de vie, je ne me suis finalement pas rendu au salon de l'agriculture. Ca vous rassure, hein ? En même temps, tester les vins locaux et les fromages du cru quand on a l'estomac en vrac, est-ce une superbe idée ? Mais j'aurais aimé être là, ne serait-ce que pour accompagner Gauthier et 7h48 qui se font une habitude de tester leurs limites sur les marches du perron, le regard vitreux et la saucisse en main.

Donc 19h sortie de boulot, 20h comatage, 21h comatage, le week-end paraissait compromis.

Sauf que.

Sauf que Petit Nico était de passage sur Paris avec sa dulcinée, et que du coup je recevais des appels insistants d'Alexiane pour organiser quelque chose et/ou proposer des plans formidables et/ou à défaut, les rejoindre au Marlusse, leur bar fétiche, pour au moins prendre un verre.

Je suis couché, bien au chaud, bien tranquille, j'hésite. Mais la perspective d'une Caipirinha pas chère et servie avec amour finit par me décider. Un batracien ne restera pas dans son lit (en tout cas pas seul) un vendredi soir, ce serait pécher contre tous ses idéaux. Donc hop, douche, habillage, j'y go*.

Je vous passe l'arrivée à Pigalle avec tous les bars à hôtesses et les rabatteurs qui n'y vont pas par le dos de la cuillère. Témoin celui-là qui me demande si j'ai envie de, je cite, "[me] vider les couilles dans un petit cul pas trop défoncé". La grande classe. Je me demande s'il a beaucoup de clients. Bref. Me voilà au Marlusse, son patron adorable, son ambiance conviviale, son alcool abordable, son Alex omniprésente et son Petit Nico de passage.

Comme d'habitude, la discussion tourne autour du cul, faut croire qu'on n'a pas d'autre sujet. Et comme c'est un bar convivial, tout le monde s'en mêle, s'incruste, donne des conseils, c'est quelque chose qu'il faut voir pour le croire. Surtout quand on a une hôtesse de l'air connue comme le loup blanc (super restau rue Tiquetonne, tiens, d'ailleurs, oui, je sais, ça n'a rien à voir).

23h, toute personne saine d'esprit devrait avoir apprécié sa soirée et rentrerait chez elle, contente d'avoir vaincu la maladie et d'avoir passé un bon moment. Mais le destin n'en décidait pas ainsi. Car paf, appel de Cham qui s'incruste dans un truc où elle ne connaît personne avec une de ses amies. Formidable, je les rejoins en métro, c'est à trois stations.

On notera un grand moment de chance à la batracienne, le genre de truc improbable qui n'arrive qu'à moi: je n'ai pas noté l'adresse, Cham n'a plus de batteries, donc quand je sors du métro, je réalise que je n'ai pas la moindre chance d'arriver à la soirée. Et c'est à la seconde même que je vois leur voiture passer devant moi. Talk about timing. Talk about fate. Talk about destiny.

Je me jette sur la bagnole, leur causant la frayeur de la soirée, je pense qu'elles ont cru à un car-jacking, mais j'ai jamais vu Cham aussi terrorisée, mwhahahhaha-ahem.

Bref.

On se retrouve, on arrive dans la soirée donc où aucun de nous ne connait personne, on en profite pour discuter un peu avec tout le monde. La musique est hésitante mais l'ambiance est très agréable. Helas, aucune fille éblouissante. Bon, les gens sont sympathiques donc je discute, je bois, je mange un ananas entier (c'est bon ça pour les gastros ?), je mélange rhum et vodka, je prends trois numéros histoire de, je rentre vers les quatre heures du mat.

En presque forme. Sans gastro. Sans mal de ventre. L'homme a triomphé du démon. Boo-yaaah !






* Le premier qui rajoute "d'agneau" a l'esprit aussi lamentable que moi
par Batracien
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Vendredi 29 février 2008
J'ai un médecin surprenant. Je suis passé le voir mercredi soir pour obtenir mon arrêt maladie et vérifier que je n'avais rien de plus grave qu'une gastro.

Cet excellent homme m'a donc suggéré de m'arrêter quelques jours de plus, genre une semaine si je voulais. Et il m'a fait une liste de médicaments longue comme un jour sans pain (c'est nul cette expression, tant qu'il y a un quick'n toast, la journée continue).

- Un truc pour les nausées parce que voilà quoi
- Un truc encore moins glamour parce que voilà quoi
- Un truc en cas de fièvre parce que voilà quoi
- Un truc en cas de douleur intestinale parce que voilà quoi
- Un truc pour avoir un peu la pêche parce que voilà quoi
- Un truc pour tapisser l'estomac de pétales de rose parce que voilà quoi
- Un truc pour prévenir toute rechute parce que voilà quoi
- Un truc pour faire passer tout ça parce que sinon ça risque d'attaquer l'estomac

Oh my god.

J'ai donc fait ce que tout bon malade ferait à ma place, j'ai jeté l'ordonnance et attendu patiemment que ça passe.

Ce soir, salon de l'agriculture et alcool. Oops.
par Batracien
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Mercredi 27 février 2008

Vous remarquez l'effort surhumain que je fais à vous pondre un article alors que je suis à celui de la mort, hein. Mais tel un Molière des temps modernes, j'agoniserai sur les planches et ce sera grand, ce sera beau, ce sera chaud.

Enfin voilà, il est donc temps de raconter cette immense épisode de lose monumentale - et je superlativise à peine. Parce que voyez-vous, même dans les affres de la maladie, où l'on est généralement alité et où on a peu l'occasion de faire de conneries, j'arrive quand même à loser de manière formidable.

En l'occurence, ça ne tenait qu'à une chose: lundi soir, j'étais chez l'Arlésienne. Et je me sentais encore à peu près en forme. Bon, j'avais bien l'impression que le repas du soir était moyennement passé mais que voulez-vous, ça arrive. Et j'avais même amené tout mon petit bordel, mes costards et ma valise, pour pouvoir prendre le train de 7h le lendemain pour l'Alsace. Benie soit l'Arlésienne et son appartement proche de la gare.

Evidemment, je n'ai pas pris ce train.

Parce qu'à partir de minuit, les choses se sont compliquées.

Mais alors vraiment compliquées, hein.

L'Arlésienne, qui avait déjà eu la gentillesse de m'héberger, a pu réaliser avec consternation l'étendue du désastre. De minuit à seize heures le lendemain, j'ai vomi* toutes les quinze minutes avec la régularité d'un métronome. Ce qui m'a un peu empêché de dormir, et idem pour mon hôtesse.

La seule différence, c'est qu'à 9h elle est partie bosser, la tête dans le cul, tandis que je décommandais tous mes rendez-vous pour continuer à me tordre de douleur sur le lit, à gémir comme un perdu et globalement à me plaindre un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout.

Je ne souhaite à personne d'être malade devant quelqu'un d'autre, hein (bon, encore plus une ex, certes). C'est probablement ce qu'il peut y avoir de moins glamour au monde.

"Appelle un médecin !"
"Non j'veux pas !"
"Appelle un médecin !"
"Non j'veux pas !"
"Appelle un médecin !"
"Non j'veux pas !"

Lorsque l'Arlésienne est partie, elle m'a dit que je pouvais rester aussi longtemps que je voulais tant que je refermais la porte en partant. Evidemment, quand elle est revenue vers 19h, j'étais encore là. Incapable de me lever, faible comme un nouveau-né, la libido pour une fois en berne, je faisais peine à voir. Des fourmis partout dans les membres, des vertiges quand je mettais le pied par terre, ah la la, la vie est dure pour les batraciens.

Comme il y a des limites aux humiliations que je suis prêt à subir, j'ai fait tous les efforts du monde pour débarasser le plancher et ne pas redormir sur place. Ce qui veut dire appeler un taxi, et se traîner bon an mal an jusqu'à lui. Rien que le fait d'enfiler des habits aura été une torture, un par un, puis soutenu jusqu'en bas par une Arlésienne qui réalise que oui, ma valise est lourde bordel.

Je m'effondre dans le taxi, je donne la destination, je comate, et quand je rouvre les yeux on est en train d'arriver. 30€ de taxi, c'est honteux de profiter ainsi de la faiblesse des gens mais j'ai même pas la force de gueuler. Ce con est passé par le périph et la porte de la Villette pour faire République - Neuilly. Beuh.

22h. Je suis chez moi. Je m'effondre. Je dors.

Mais je suis heureux de vous faire part de mon prompt rétablissement puisqu'aujourd'hui j'ai mangé une banane et deux pommes.





* Vomit-free since february, ça pue...

par Batracien
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Mardi 26 février 2008
(Très).
par Batracien
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