Vendredi 9 mai 2008
J'ai une famille que j'adore. Un père qui reste un modèle, une mère formidable, une soeur dont je ne parle pas trop parce qu'elle me lit (nyark). Et surtout, j'ai des parents toujours disponibles quand il s'agit de me foutre des coups de pied au cul.

Prenez ces quelques jours de vacances. Je me suis un peu prélassé à Grenoble pour profiter du soleil et de la montagne, puis ils sont montés à Paris pour m'aider avec mon nouvel appart.

Et en une demi-journée... ouais, une demi-journée de 6 heures maxi... j'ai plus progressé dans tous les domaines qu'en six mois.



Ca a commencé quand ils ont vu les PVs qui s'ammoncelaient à l'arrière de ma bagnole.
- Han ! Mais yen a plus de quinze ! Mais tu les as réglés ?
- Ouais... euh non... enfin j'attends qu'ils se rappellent de moi, quoi...
- Mais tu vas payer l'amende majorée !
- Ouais je sais mais bon... flemme... pas le temps...
- Bon écoute, j'ai vu des enveloppes chez toi, prends des timbres, signe les chèques, on s'en occupe tout de suite
- Mais...
- Tu nous remercieras plus tard.
Bilan: 12 PVs payés


Ca a continué quand ils ont vu la galette (= pneu de transition, pour les zincultes) sur laquelle ma voiture roulait depuis trois mois.
- Han ! Mais t'es complètement taré ! Et ta sécurité ?
- Ouais mais bon... euh.. pff... garage, tout ça..
- Ben ouais mais tu te mets en danger là, et puis ta galette va finir par lâcher
- Ouais je sais... enfin flemme... pas l;e temps...
- Bon écoute le temps qu'on dépose les bagages à l'hôtel et qu'on s'installe, tu vas à l'Euromaster et tu laisses la bagnole, ils s'en occuperont.
- Mais...
- Tu nous remercieras plus tard.
Bilan: Une voiture réparée.


Puis ce fut la vue de l'appart.
- Han ! Mais t'as toujours pas pété la cloison que tu voulais défoncer ?
- Ouais mais bon... euh... pff... j'ai pas les outils.
- Ben on va au Leroy Merlin et on achète un maillet et ce qu'il faut.
- Euh... là tout de suite ?
- Ouais, là tout de suite.
- Mais...
- Tu nous remercieras plus tard.
Bilan: une trousse à outils complétée, une cloison abattue.


Et puis pendant qu'on était au magasin
- Tu nous as pas dit que les anciens propriétaires avaient oublié de décadenasser la cave avant de partir ?
- Euh... si...
- Et tu as cisaillé le cadenas, depuis le temps ?
- Ben..., c'est-à-dire que...
- Ca tombe bien, j'ai besoin d'une cisaille, je l'achète ici, on s'occupe de ta cave puis on la ramènera à Grenoble
- Mais...
- Tu nous remercieras plus tard
Bilan: une cave sauvée


Et puis tant qu'à faire:
- tu vas mettre quoi comme parquet ?
- Ben...
- Et la tapisserie ?
- Je...
- Et les outils pour le poser ?
- En fait...
- En fait t'as rien glandé depuis que tu as l'appart, c'est ça ?
- C'est un peu ça...
- Bon ben achète ça, ça, ça, ça et ça
- Mais...
- Tu nous remercieras plus tard.
Bilan: toutes les fournitures en stock dans la susdite cave.


Mais aussi:
- T'en as pas marre de te prendre des PVs à Neuilly ?
- Ben... si, un peu
- Et ya pas un truc genre un macaron résident ou un parking à l'année ou quelque chose de sympa ?
- Euh... sisi, quand on habite la ville, on peut se garer pour 10€ la semaine
- Et tu l'as jamais fait ?
- Ben... pff... faut faire des démarches à la mairie, ya la queue, tout ça...
- Vas-y, c'est pas loin d'ici et au moins tu auras commencé le dossier
- Mais...
- Tu nous remercieras plus tard.
Bilan: plus de PVs en perspective.


Et puis:
- Au fait, pendant que tu passes à la mairie ?
- Oui ?
- Oublies pas de faire refaire ton passeport.
Bilan: un passeport à récupérer dans dix jours.


Et enfin:
- T'as envoyé ta déclaration d'impôts ?
- Ben.. hmpf... enfin...
- Ca veut dire non ?
- Ben...
- Enveloppe, timbre, stylo, go, poste
- Mais...
- Ya pas d'mais.
Bilan: déclaration envoyée.


Six heures. Six heures, bordel. Putain, je suis sur les rotules. Mais j'ai maintenant une voiture fonctionelle, un passeport en cours, je suis en règle avec l'administration et la police, mon appart a avancé, j'ai toutes les fournitures qu'il me faut et ma cave est opérationnelle.

Ma famille, c'est un peu le lapin Duracell.
Et je suis encore un fifils à ses parents.
par Batracien
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Lundi 5 mai 2008
Samedi soir, c'était l'anniversaire de Gauthier. On l'aime, notre Gauthier national, même lorsqu'il vieillit et que sa beauté juvénile disparaît sous les cheveux blancs. Homos de tous horizons, profitez-en pendant qu'il est encore presque vigoureux, bientôt le viagra sera nécessaire.

Ce fut sympathique, assez encombré (30 personnes dans 30m², faut aimer le contact), assez alcoolisé (30 bouteilles de vodka pour 30 personnes, faut aimer le contact), assez bruyant (3 flics qui s'amènent à 3h du mat, faut aimer le contact) et assez musical (finalement, le premier Yelle - je veux te voir - restera un standard pendant des années et des années, faut aimer le contact).

Mention spéciale à 7h qui a vraiment trop de temps disponible et qui en a profité pour fabriquer des dizaines de masques à l'effigie du gaugau, qu'on a tous enfilés (le masque, pas le Gauthier) au moment fatidique pendant qu'il était parti aux chiottes.

Mention ultra-spéciale à Gauthier qui a dû subir ses chansons d'anniversaire alors qu'il était tranquillement aux toilettes puis a ouvert la porte pour se retrouver nez-à-nez avec trente sosies.

Mention canino-spéciale au caniche présent dans la soirée, qui remuait la queue autant que nous en essayant d'esquiver nos pieds, et qui s'est lui aussi trouvé affublé dudit masque.

Bon.

Au final, les flics sont quand même intervenus, comme précisé plus haut. Il faut dire que le Gauthier a un voisin un peu susceptible. Alors qu'il a pris la peine de placarder trois jours à l'avance une note avertissant de sa soirée et du bruit qu'il pourrait y avoir, il se retrouve avec un courrier agressif dudit voisin suivi d'une descente de police.

Sur le principe, je peux comprendre qu'une soirée puisse déranger. Mais dans ce cas on se déplace, on frappe à la porte et on demande de baisser le son. Si ça ne fonctionne pas, alors d'accord, on peut appeler la cavalerie. Mais ne pas se manifester DU TOUT jusqu'au moment où on décroche son téléphone pour composer le numéro de la police, je trouve ça un peu moyen.

Bref, les policiers arrivent, ils sont trois. Dans les vapeurs de l'alcool, il me semble que l'équipe comportait une femme flic assez mignonne - mais personne ne m'a laissé parlementer, ils y sont allés à deux, Gauthier et Cham. C'est quand même con, c'est mon boulot de négocier. Alors que là, Cham y est allée tous seins déployés, le regard flamboyant, histoire d'apaiser l'ambiance.

Ca a marché jusqu'au moment où elle déclame devant les flics: "non mais ya des gens qui vous font venir pour rien quand même, regardez, moi la semaine derrière je vous ai appelés pour une place de parking !"

Respect.

Au final les policiers repartent, et la soirée se termine sur un couac alors qu'on maîtrise un Gauthier morte-poule qui veut tambouriner à la porte du voisin pour râler.

Nous ne sommes pas sortables.

C'est honteux.

Ce fut une excellente soirée.

par Batracien
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Samedi 3 mai 2008

Dans quelques jours (semaines ? ya du boulot !) je vais quitter mon appart pour celui que j'ai acheté. Evidemment, plein de joie et de bonheur à l'idée de kamasutrer un nouvel endroit, avec autant de luminosité et de plaisir de vie.

Tout ça, quoi.

Seulement je viens de réaliser ce matin que j'avais mine de rien mes habitudes dans le quartier et que ça avait aussi ses avantages.


Quelques exemples:

Exhibit A
J'ai un début d'angine, je vais voir le pharmacien, je lui demande quelque chose contre ça. Il me file des pastilles en disant "comme d'habitude, je te donne quelque chose qui n'a pas d'effets négatifs avec l'alcool ?"

Le pharmacien me connaît bien. J'aime mon pharmacien.


Exhibit B
Je reviens la tête dans le cul pour voir ma concierge, qui me tend un avis de passage.
"Les gens de l'agence immobilière, ils sont venus à 11h, mais je leur ai dit que vous deviez encore dormir à cette heure-là et qu'ils feraient mieux de repasser l'après-midi.

La concierge me connaît bien. J'aime ma concierge.


Exhbit C
Je passe chez le coiffeur, je tombe sur la même coiffeuse que d'habitude, j'ouvre la bouche pour dire ce que je veux, mais elle m'interrompt.
"Oui oui, je sais, court mais pas une tête de playmobil. En même temps c'est pas facile, vous avez une tête de playmobil."

La coiffeuse me connaît bien. Je hais ma coiffeuse.

par Batracien
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Mercredi 30 avril 2008

Ah, ça fait du bien. Parfois, je me foutrais des baffes, donc se libérer dans un grand cri de jouissance bloguesque, ça compense.

Hier, par exemple. Pour ceux qui ne suivent pas ce blog depuis longtemps, j'encadre entre autres une équipe d'avocats chargés d'optimiser les coûts (sociaux, fiscaux...) des entreprises, tout cela est glamour en diable. Et donc je me trouvais dans la campagne vosgienne à organiser une mission qui pourrait nous rapporter plein de sousous dans la popoche.

Je rencontre le directeur général, qui est motivé pour intervenir et traite sa DRH de sous-merde incompétente. Je hoche la tête avec componction. Puis je rencontre la DRH en question.

Qui est adorable, absolument adorable, une vieille dame d'une bonne cinquantaine d'années qui ne réalise absolument pas que son poste est en jeu, qui m'a donné tous les documents nécessaires, qui était toute contente que quelqu'un puisse valider ses calculs, qui s'empressait dans tous les sens avec une candeur touchante et n'avait pas la moindre idée de l'antîpathie que son DG lui vouait.

L'adorable grand-mère qu'on a tous eu ou voulu avoir quand on était gamins.

J'ai regardé les documents qu'elle m'a fourni et j'ai levé les yeux au ciel. Ce n'est pas qu'elle se plantait, hein. On n'est jamais là pour corriger les choses. Mais toutes les optimisations qu'on pouvait faire s'étalaient là. Il y en avait probablement pour plus d'un million d'euros.

Je suis retourné voir le DG. Il a eu un rire égrillard.
"Bon, je compte sur vous pour l'audit. SI jamais vous me trouvez ne serait-ce que 50k d'économies, je peux mettre ça en faute grave sur le dos de la vieille peau et hop, licenciée sans que ça me coûte trop cher".

Je l'ai regardé et je lui ai dit que malheureusement, mon étude préliminaire n'avait rien révélé.

Je viens de commettre une faute professionnelle, de m'asseoir sur probablement 300 à 400 000 euros d'honoraires pour mon entreprise, et une prime de près de 5 000€. Tout ça pour un problème de conscience.

Parfois, je me trouve vraiment con.

par Batracien
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Lundi 28 avril 2008
Pas de raison que tout le monde fasse des concours et pas moi. Sauf que je n'ai rien à offrir, alors forcément ça limite un peu.

N'empêche.

Toutes ces histoires de dédicace, de publicité, de Fnac, ça m'est monté à la tête et ça m'a remotivé pour écrire. Un jour, j'abandonnerai ce boulot pour vivre de ma plume, je le sais, je le crois, j'en suis sûr. J'ai une confiance absolument totale en un destin bouleversifiant qui s'ouvrira dans les jours/semaines/mois années à venir pour terminer par un goncourt empoussiéré au fin fond d'une cave mal chauffée.

Mais en attendant, il faut procéder par étapes. Et j'ai notamment l'intention de renvoyer un bouquin que j'avais écrit il y a quelques années aux maisons d'édition susceptibles d'être intéressées. La dernière fois, un petit souci de diplomatie féminin avait fait capoter les négociations, mais la qualité intrinsèque du livre n'avait pas été remise en cause (c'est de la merde, je sais, j'assume, mais la merde se vend :o).

Seulement voilà. Dans le domaine qui m'intéresse (heroic fantasy, notamment), les lecteurs sont surbookés. C'est le domaine qui reçoit le plus de nouveaux manuscrits, ce qui veut dire qu'ils sont souvent lus en diagonale (quand ils sont lus) et que les délais sont parfois de plus d'un an pour une réponse.

Evidemment, impatient comme je suis, ça ne me convient pas. La dernière fois, j'avais contourné cet obstacle à force de relations publiques, histoire de me faire apprécier et que le bouquin soit en haut de la pile. Manque de bol, faut éviter de pousser les RPs trop loin.

Bref.

Histoire de me différencier des six cent trois mille bouquins qui atterrissent chaque jour sur le bureau des éditeurs, j'aimerais frapper un peu leur imagination pour qu'ils lisent au moins les premières lignes (et soient évidemment accrochés d'emblée, c'est évident).

Pour cela, je pensais à adjoindre une couverture au bouquin en question. Et comme je ne sais pas dessiner, j'ai besoin de vous (quand je dis vous, je parle de ceux qui savent tenir un crayon hein, sinon ça va pas).

Dessus, il faudrait trouver en vrac (et on ne se moque pas du côté cliché):
- Un homme vieux (genre 60 ans) en armure, menaçant, genre inquiétant, genre on veut pas le croiser dans un coin sombre
- Une fille d'une vingtaine d'années, plutôt mignonne, sous sa protection, pas particulièrement inquiète
- Un garçon du même âge, lui aussi protégé, mais terrorrisé
- Tout le reste est libre

Ouais je sais, c'est nul, c'est cliché, mais c'est déja ça et puis on sait jamais, si quelqu'un est motivé. Ce serait la gloire pour lui lorsque le livre se vendra à 100 003 exemplaires (les 3 étant pour ma famille :p).
par Batracien
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