Mardi 31 janvier 2006

Ouf.... eh bien, finalement ça aura pris 4 chapitres, plutôt inégaux, pour parvenir à terminer ce pari débile. Rappelez-moi de ne jamais faire confiance à Majoma, Béatrice ou Frederic, ce sont des fourbes. Je m'en vais leur trouver une chaîne bien insupportable à réaliser, tiens. Un truc du genre "racontez vos pires fantasmes". Ha ! Ca leur apprendra.

Bon, quoi qu'il en soit, voici donc la dernière partie. Comme je suis incapable de garder mon sérieux en parlant de cul, ça reste le même style que d'habitude. Mais un peu plus corsé, ça ne convient donc pas forcément à une personne de moins de dix-huit ans, tout ça tout ça.

Si vous avez moins de dix-huit ans et en accord avec les articles blablabla du code blablabla, cliquez ici et quittez le site.

Sinon, bonne lecture. C'est parti pour la dernière ligne droite, sortez vos kleenex (pour l'émotion, je veux dire).

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

Il était temps de prendre les choses en main. Lucie repoussa fermement Marianne sur le lit, interrompant ainsi le baiser qu’elles échangeaient.

« Habille-toi. Dépêche-toi, mets une petite robe, quelque chose, de toute façon tu ne la porteras pas longtemps, donc… »

Eberluée, Marianne n’avait plus aucun contrôle sur ses actes. Comme un robot, elle se laissa pousser vers son armoire et enfila machinalement la jupe et le haut que Lucie lui tendait. A peine était-elle habillée que son amie la poussait vers la sortie.

« Mais je n’ai pas de culotte » protesta-t-elle faiblement.

« Tant mieux, tant mieux » fit Lucie.

Mi-poussée, mi-traînée, la jeune femme tentait de reprendre ses esprits. La porte devant laquelle ils s’arrêtèrent lui fit l’effet d’une douche froide.

« Qu’est-ce que tu fais ? Lucie ! »

« Je règle tes problèmes une bonne fois pour toutes, c’est tout. Tu me remercieras plus tard. »

Marianne tendit la main en un geste futile de protestation, mais il était trop tard. Avec entrain, Lucie tambourinait à la porte de Romain.

«Oh, le brun ténébreux, tu es là ? » chantonnait-elle en frappant du poing. « Petit, petit, petit ! »

Un instant, Marianne crut qu’elle était sauvée. Personne ne répondait, personne ne répondrait. Avec un peu de chance, l’histoire se terminerait là. Elle inventerait une histoire plausible pour expliquer tout ce raffut au concierge, et reprendrait sa petite vie tranquille de bibliothécaire. Elle pourrait…

La porte s’ouvrit.

 

 

 

« Oui ? » demanda poliment Romain.

Marianne resta sur place, comme frappée par la foudre. Lucie elle-même eut un instant d’hésitation, tant l’homme avait de présence et de magnétisme. Grand, brun, raisonnablement musclé, il était vêtu d’un T-shirt ajusté et d’un jean délavé. Sur toute autre personne, ces vêtements auraient paru banals, mais ils s’accrochaient au personnage pour lui donner une sorte d’aura romantique, James Dean sorti à temps de sa voiture, indomptable et indolent. Son expression était amusée alors qu’il détaillait ses deux visiteuses. Il eut un signe de tête en direction de Marianne.

« Tiens, je vous connais, vous. Vous êtes du même étage, non ? Qu’est-ce que je peux faire pour vous ? »

Vexée d’être ignorée, Lucie reprit son sang-froid. Elle posa sa main soigneusement manucurée sur le torse de Romain et le repoussa à l’intérieur. Il ne résista pas.

« Voilà ce que tu peux faire pour nous, enfin pour elle. » Elle montra Marianne du doigt. « Elle est désespérément amoureuse de toi, et accessoirement elle aurait bien besoin d’être décoincée. Tu penses être d’attaque à nous satisfaire toutes les deux ? »

La porte se referma bruyamment sur le couloir et le concierge curieux. Ils étaient désormais dans l’appartement, et Romain se sentait clairement dépassé par les événements – belle gueule ou pas.

« C’est que… quoi ? Pardon ? » bredouilla-t-il.

« Oh, les hommes, il faut décidément tout faire à leur place » soupira Lucie en enlevant son haut.

Elle dégrafa son soutien-gorge du même mouvement, laissant échapper deux seins de taille tout à fait respectable, fermes et dressés, hérissés d’une légère chair de poule.

« Lucie… » fit Marianne, choquée. « On devrait… »

Elle ne put terminer sa phrase : d’un grand geste théâtral, son amie venait de tirer sur sa jupe et de la déchirer au col. Marianne tenta de rassembler les morceaux qui tombèrent lentement au sol. Dessous, elle était totalement nue. Ses mains cessèrent de chercher la jupe pour venir couvrir la toison de son sexe. Ses oreilles bourdonnaient.

« Bon, l’apollon, tu ne vas pas rester planté là toute la journée. Tu te déshabilles tout seul ou tu veux qu’on t’aide ? » ricana Lucie. « Deux filles pour toi tout seul, ça devrait te motiver quand même ! »

Romain ouvrait des yeux ronds. Il ne comprenait pas ce qu’il se passait mais, visiblement, cela ne lui déplaisait pas. Ses yeux ne quittaient la poitrine de Lucie que pour dévorer du regard l’intimité que Marianne avait du mal à cacher. Dans le jean, une bosse apparaissait. Lucie eut un claquement de langue satisfait. Elle avança et frôla de ses seins le torse de Romain. Puis sa main descendit sur la ceinture qu’elle défit avec habileté. La boucle de métal claqua sur le sol dallé.

« Je peux me débrouiller tout seul, merci » fit enfin Romain, secouant la paralysie qui s’était emparée de lui.

Il chercha du regard une quelconque caméra cachée. N’en trouvant pas, il se décida enfin à jouer le jeu. Il s’approcha de Lucie, enleva sa jupe, et aida Marianne à se débarasser de son haut. La jeune femme ne luttait plus, aiguillonnée par son amie.

« Eh bien, eh bien » admira Lucie lorsque Romain se débarassa de son boxer. « Si tu sais t’en servir, alors je n’aurai pas perdu mon temps aujourd’hui. »

Prestement, elle s’agenouilla pour contempler de plus près le sexe qu’il venait de révéler, mais Marianne fut plus rapide. Elle s’en empara avec révérence et le caressa sur sa longueur, du gland jusqu’aux testicules. Romain frissonna.

« Puisque tu m’as emmenée ici, autant que je participe » fit Marianne.

Oubliée, la bibliothécaire. Oubliés, les livres poussiéreux. Tout ce qu’elle voyait, désormais, c’était ce sexe qui emplissait son champ de vision, tellement plus vigoureux que celui de l’adolescent qu’elle avait dépucelé. Timidement, elle approcha les lèvres, donna un coup de langue pour tester. Ce n’était pas si déplaisant. Elle n’avait jamais testé ce genre de pratiques avant, mais cette journée paraissait tellement irréelle que tout était permis. Elle sentit la main de Romain lui toucher les cheveux, caresser sa joue. Il était comme dans ses rêves, finalement. Doux là où tant d’hommes se montraient brutaux. Il la remonta et l’embrassa avec énergie. Elle se sentit fondre, vaciller sous son étreinte. Une main vint caresser ses seins, une autre descendit vers la chaleur qui brûlait en haut de ses jambes. Il caressa ses cuisses, remonta, admira l’humidité qui y régnait. Il avança tout doucement un doigt, qui glissa tout seul. Marianne ferma les yeux et poussa un gémissement. Elle se demanda pourquoi Lucie ne parlait pas, puis réalisa que son amie avait la bouche pleine.

« On serait peut-être mieux dans ma chambre » proposa Romain, reculant de lui-même pour guider les jeunes femmes. Elles poussèrent un grognement de frustration avant de le suivre. Retarder, ne serait-ce que d’une seconde, les caresses de ses mains sur leur corps leur semblait une aberration. Pourtant, aussitôt couchées, elles constatèrent qu’il avait eu raison. Plus dans son élément, il semblait tout d’un coup beaucoup plus assuré. Sa bouche montait jusqu’à leurs lèvres, effleurait un sein, descendait plus bas avant de remonter. Ses mains semblaient s’être multipliées. Marianne se sentait plus prête qu’elle n’avait jamais été lorsqu’elle le vit mettre un préservatif. Une bouffée de jalousie l’envahit en réalisant qu’il privilégierait certainement Lucie, Lucie et son corps de rêve, Lucie et ses hanches cambrées, ses fesses parfaites… mais non, c’était vers elle qu’il se tournait. Elle sentit les lèvres de son amie contre les siennes, happant sa vie, soufflant son bonheur, étouffant le hurlement de plaisir qu’elle émit lorsqu’il la pénétra enfin. C’était un terrain facile, pourtant il avançait lentement, doucement, un mouvement après l’autre, jouant avec elle en refusant d’entrer complètement. C’était désormais des grognements de frustration qui s’échappaient de sa bouche. Lorsqu’il rentra totalement, elle hurla, et les lèvres de Lucie ne purent couvrir le son. Elle cria de nouveau au mouvement suivant, puis au suivant, se calant inconsciemment sur le rythme qu’il amorçait. Elle sentit les mains de Lucie lui caresser la poitrine, lui agacer les seins, et toujours leurs langues qui s’entremêlaient, et ce sexe dans le sien, et cette pièce qui tournait, tournait, et ces sensations qui remontaient, qui brûlaient en elle, qui explosaient en une apothéose de bleu, de mauve, de pourpre et d’émeraude, ces yeux fixés sur elle, cette peau qui n’était plus la sienne, elle partait, elle partait, elle hurlait, elle hurlait, elle…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Marianne poussa un cri de joie rauque, le feulement sauvage d’une tigresse comblée. Ses mains griffèrent le rebors du lit et s’enfoncèrent dans l’épais coussin qu’elle serrait contre elle. Haletante, elle resta ainsi avachie, au creux des couvertures, attendant que sa respiration se calme. La sueur coulait librement sur son corps, baignant son plaisir d’une aura pâle. Puis elle ferma les yeux, revenant lentement à la réalité.

Elle était seule, comme toujours. Son appartement était tranquille. Pas un bruit.

Ou plutôt si. Le cliquetis d’une clé dans la serrure. En face, son mystérieux voisin rentrait de soirée. Il s’appelait Romain, c’est tout ce qu’elle savait de lui. Elle n’aurait jamais le courage de lui parler, elle le savait déjà.

Mais quelle importance ? Il lui restait le plus beau : son imagination.

 

 

 

par Batracien publié dans : batracien
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Lundi 30 janvier 2006

Attention, c’est pas fini avec mes théories fumeuses. Vous avez eu droit à la superbe idée de la chaussette, vous n’échapperez pas à la suite du raisonnement. Eh ouais, parce que vous n’avez pas été capables d’applaudir simplement comme un public bien dressé, vous avez râlé : râlé qu’il manquait des options, que j’avais oublié deux cas de figure, et que c’était mal.

 

Hum.

 

Dans ma grande bonté, j’ai donc décidé d’improviser totalement et donc de vous livrer ces deux cas manquants. Rentrons dans le vif du sujet, vaginalement parlant.

 

Homme et femme ordonnés :

Pas un nuage ne vient obscurcir le printemps clair de votre amour naissant. Vous vivez dans un splendide appartement agencé par vos soins et rangé à tour de rôle dans un strict roulement des tâches ménagères, car cela est juste et bon. Pas un grain de poussière ne vient troubler la sérénité de votre tapis de salon qui s’harmonise avec goût aux rideaux délicieux qui recouvrent vos fenêtres immaculées. Bref, vous vous faites chier, vous psychopathez, et vous finissez par vous entretuer pour enfin rajouter un peu de sang rouge sur ce putain de carrelage propre. Mais rassurez-vous, la personne qui restera en vie après ce massacre passera un peu d’Ajax pour nettoyer tout ça.

 

Homme et femme bordéliques :

Tels les porcs qui se vautrent avec bonheur dans la fange nourricière, vous oubliez tous les soucis de la vie en vous roulant dans les restes de votre repas de la veille. La vaisselle s’empile dans la cuisine, vous avez donc tout naturellement décidé de passer aux assiettes en carton, puis directement de manger à même votre corps. Ainsi, votre vie n’est qu’une orgie de jeux sexuels dans les mêmes draps depuis trois mois, imprégnés de la sueur de vos corps brûlants et de taches de Nutella incrustées. La myxomatose, la toxoplasmose et la peste bubonique vous emporteront bien vite et vos corps seront rongés par les rats jusqu’à ce que vos os, enfin, soient propres.

 

 

 

Conclusion :

Mieux vaut un couple dans lequel les deux tempéraments sont complémentaires plutôt qu’identiques, sans quoi l’ennui règne. Le chaos ou l’ordre parfait, c’est mal, relisez vos cours de philosophie (ou les 9 princes d’Ambre si vous avez du mal avec Schopenhauer).

 

 

Application pratique :

 

Histoire de tester la compréhension de l’auditoire captivé, voici un petit test extrêmement compliqué :

 

  1. Je suis bordélique, il me faut quelqu’un de :

a)      Bordélique

b)      Organisé

 

  1. Je suis organisée, il me faut quelqu’un de :

a)      Bordélique

b)      Organisé

Attention, si ça se trouve il y a un piège.

 

 

par Batracien publié dans : batracien
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Dimanche 29 janvier 2006

Bon, comme je rentre seulement maintenant de week-end, il va falloir que je vous ponde un truc rapide, on va donc laisser de côté la nouvelle érotique pour l'instant. Non. A la place, je vais vous parler de quelque chose de beaucoup, beaucoup plus impressionnant et complexe: les relations entre les hommes et les femmes.

Pour illustrer mon propos, je vais vous livrer ici ma théorie personnelle, que j'appellerai "théorie de la chaussette". Je vous autorise généreusement à l'utiliser pour montrer à votre entourage à quel point vous êtes cultivé(e)s, mais n'oubliez pas de rappeler que c'est Grenouille qui le premier aura su élever la chaussette à l'art noble de la philosophie.

Hum.

Voici donc en quoi consiste cette théorie.

Prenez un couple basique, un homme que nous appellerons "mâle dominant" et une femme que nous appellerons "sexe faible" pour rester dans la ligne machiste de base. Vous avez le droit de me jeter des pierres, mais doucement et avec tendresse.

 

 

Cas d'étude n°1: homme bordélique, femme ordonnée

Mâle dominant laisse traîner ses chaussettes. Sexe faible le lui fait remarquer. Mâle dominant promet de les ranger, mais ne le fait pas tout de suite car occupé. Sexe faible râle. Mâle dominant la trouve chiante et se décide à les ranger en grognant (ou bien, de guerre lasse, Sexe faible s'en occupe).

 

Cas d'étude n°2: homme ordonné, femme bordélique

Sexe faible laisse traîner ses chaussettes. Mâle dominant ne dit rien et les range sagement ('tain, c'est chiant à taper ces noms à rallonge, j'aurais pas pu les appeler A et B comme tout le monde ?). Ceci dit, il n'en pense pas moins et emmagasine ça dans sa liste de griefs.
Et un jour, un an ou deux ans plus tard, il va exploser et brutalement gueuler "putain mais ça fait des années que tu ranges pas tes chaussettes et que je le fais pour toi, mais j'en ai trop marre de ton comportement bordélique, j'en peux plus, on arrête là !"

 

 

Décryptage: 

- Les femmes aiment traiter le souci sur le moment et donc montrer leur déplaisir tout de suite.
- Les hommes prennent sur eux et, du coup, emmagasinent leur déplaisir

Du coup:

1. Les hommes trouvent que les filles sont des chieuses, car elles râlent pour quelque chose qui pour eux ne le mériterait pas.

2. Les femmes trouvent que les hommes sont imprévisibles car ils font tout d'un coup une montagne d'un truc qu'elles pensaient parfaitement innofensif.

 

C'est pas la classe, cette leçon ? Ca vaut bien les hommes qui viennent de Mars et les femmes de Vénus !

 

Bon, et histoire de ne pas vous abandonner si rapidement ce week-end, et à la demande générale de Kyosuke, une citation dulcinéenne:


 

"Tu as remarqué que Sexe à l'envers ça faisait Excès ? Bon, pas vraiment, mais ça vaut quand même la peine de le dire."


 

par Batracien publié dans : batracien
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Samedi 28 janvier 2006

Hop, c'est reparti !

Comme d'habitude, les commentaires sont les bienvenus ;) Même si en l'occasion il s'agit plus d'une transition. Heureusement, pour compenser, vous aurez une image en fin d'article de Marianne les seins nus.

 


 

C’était comme un rituel. Tous les mardis, vers 17h, Lucie sonnait à la porte de Marianne. Officiellement, c’était pour lui proposer d’aller à la piscine – mais en réalité, les deux jeunes femmes discutaient de choses et d’autres des heures durant, avant de jeter un regard navré à l’horloge et marmonner « oh, dommage, ça ne vaut plus le coup d’y aller maintenant ».

 

 

 

Pourtant, cela ferait du bien à Marianne, réfléchissait Lucie en arrangeant ses cheveux devant le miroir de l’ascenceur. Elle avait bien besoin de faire un peu de sport, de perdre quelques kilos – et puis cela lui changerait les idées !

 

 

 

Lucie se permit une seconde d’autosatisfaction face à la large glace. A la différence de son amie, elle était belle, très belle. Grande, mince, le teint légèrement métissé par une grand-mère guadeloupéenne, elle avait des yeux verts envoûtants qui charmaient tous les hommes sur lesquels elle jetait son dévolu. Elle passa la main dans ses cheveux, tenta une moue boudeuse, puis rabattit les pans de son manteau et sortit de l’ascenseur.

 

 

 

« Tiens ? Bonjour toi ! » gazouilla-t-elle à Paul en passant.

Le jeune homme était toujours impressionné par sa beauté, au point que ça en devenait parfois gênant. Lorsqu’elle interrompait une séance de réunion, Lucie pouvait sentir le regard insistant du jeune garçon pendant qu’elle embrassait son amie.

 

 

 

Mais aujourd’hui, rien de tel. Pâle comme un fantôme, Paul passa devant elle sans même lever les yeux et s’engouffra dans l’ascenseur, appuyant frénétiquement sur le bouton. La porte se referma avant qu’elle ait eu le temps de réagir.

 

 

 

« Qu’est-ce que c’est que… »

 

 

 

Lucie fronça les sourcils et s’approcha de la porte laissée grande ouverte.

« Il y a quelqu’un ? » appela-t-elle.

Rien. Le silence.

Elle fit trois pas dans l’appartement, referma la fenêtre, appela encore.

« Marianne ? »

Un bruit sourd lui répondit. Ca venait de la chambre à coucher. Inquiète maintenant, Lucie s’approcha.

« Marianne ? Tu es là ? »

 

 

 

Lucie avait le cœur bien accroché et elle s’attendait à n’importe quoi, mais pas à ce tableau : Marianne recroquevillée sur le lit, entièrement nue, secouée de sanglots silencieux. Sa culotte gisait dans un coin de la pièce, son pantalon et sa chemise sur le sol. Un préservatif jeté à terre dégorgeait négligemment son contenu sur la moquette immaculée.

 

 

 

« Marianne ! Ca va ? »

 

 

 

Lucie se précipita à son chevet, posa sa main sur l’épaule de la jeune femme. Marianne ne réagit pas ; Lucie la secoua, de plus en plus violemment pour briser la transe qui semblait l’avoir envahie. En désespoir de cause, elle se redressa et saisit le combiné du téléphone. Elle avait à peine commencé à composer le numéro des urgences que la voix faible de son amie la stoppa net.

 

 

 

« Non… »

 

 

 

Lucie reposa lentement le téléphone. Elle tremblait de tous ses membres, sans savoir pour quoi. Elle avait l’impression d’arriver sur la scène d’un viol et ses nerfs fragiles la trahissaient. Elle s’assit lourdement sur le côté du lit.

« Qu’est-ce qu’il s’est passé, Marianne ? » fit-elle tendrement.

 

 

 

L’espace de trois respirations, il y eut le silence. Lucie crut qu’elle n’obtiendrait pas de réponse. Mais finalement, la voix faible se fit de nouveau entendre.

« Je suis atroce. Je suis épouvantable. Je suis une pédophile »


Lucie haussa un sourcil. L’image du jeune garçon, complètement effaré, lui traversa l’esprit.

« Paul ? » demanda-t-elle.

 

 

 

Marianne se retourna pour lui faire face. Elle offrait un spectacle pitoyable ainsi redressée sur un coude. Nue, les cuisses frémissantes, les lèvres tremblantes, les yeux mouillés de larmes, elle était l’incarnation même de la souffrance. Lucie réprima avec énergie l’excitation qui montait en elle devant ce spectacle. C’était totalement déplacé, totalement incongru. Pourtant, c’était la première fois qu’elle voyait son amie nue, et les corps féminins l’avaient toujours attiré. Avec effort, elle maîtrisa le tremblement dans sa voix.

 

 

 

« C’est Paul qui t’a fait ça ? Je l’ai croisé en arrivant ici… » Elle prit une grande inspiration. « Qu’est-ce qu’il s’est passé, Marianne ? » répéta-t-elle.

 

 

 

La jeune femme cligna des yeux plusieurs fois, comme si elle sortait d’un rêve. Sa voix avait des accents râpeux.

« Je… je lui ai fait des avances. Je ne sais pas ce qu’il m’a pris. J’étais comme… possédée. J’avais envie de mes mains sur mon corps, de ses mains. Je… » Marianne baissa la tête. Elle n’avait aucune envie de raconter ce qu’il s’était passé et pourtant elle se lança en avant, comme on exorcisait un souvenir. « Je me suis caressée les seins devant lui. Il… il est venu vers moi. Il était tellement doux… Oh, Lucie, il était tendre, il m’a déshabillée doucement, je fondais complètement dans ses bras ! Cela faisait tellement longtemps que personne ne m’avait… je ne sais pas ce qu’il m’est passé par la tête… » Elle frissonna. « Je suis épouvantable, Lucie. Epouvantable ! Je ne sais pas pourquoi j’ai ces idées dans la tête. »

 

 

 

Lucie haussa vaguement les épaules, histoire de faire quelque chose. Que pouvait-on répondre à une telle confession ?

« Ah… » fit-elle.

Mais Marianne n’avait pas fini.

« C’est à cause de lui ! C’est à cause de lui si je suis comme ça ! Quand Paul m’embrassait, je pensais à lui ! Ca me rendait complètement folle ! Je fermais les yeux et je pensais à ses mains, sa bouche, ses lèvres ! Je m’imaginais avec lui ! Sinon je n’aurais jamais fait ça… » Ses yeux étaient implorants. « Il faut me croire, Lucie ! »

Lucie frémit lorsque son amie vint se jeter dans ses bras avec un total abandon, enfouissant sa tête contre sa nuque pour étouffer ses sanglots. Elle était désagréablement consciente des sensations qui remontaient en elle, de la nudité qui se pressait contre sa poitrine, de ces seins qui ballotaient devant ses yeux. Elle déglutit et repoussa doucement son amie.

« Comment ça, lui ? Je ne comprends rien à ce que tu racontes. Calme-toi, voilà, comme ça, calme-toi… »

Presque inconsciemment, elle posa sa main sur les cheveux de son amie et les lui caressa doucement, comme on calmerait un animal angoissé. Son autre main lui caressait l’épaule. Progressivement, les sanglots cessèrent et Marianne devint plus intelligible.

« Je t’en avais déjà parlé… mon nouveau voisin. Romain, il s’appelle. Je le vois parfois rentrer, quand je fais attention, j’essaie de traîner aux boîtes aux lettres pour le regarder passer. Je suis folle, je sais. Mais il est tellement beau ! Et parfois, il se tourne vers moi et il me sourit. Et alors… alors ! » Un spasme sembla parcourir Marianne, qui se blottit encore plus contre son amie. Lucie lui caressait l’épaule, c’était agréable. « Je ne sais pas, j’ai l’impression d’exister quand il est là… Oh, si tu savais le nombre de nuits où je pense à lui, où j’imagine comment notre rencontre pourrait se passer. Quand Paul m’embrassait, c’était comme si lui le faisait. » Elle leva des yeux misérables. « Tu me crois, hein ? Tu me crois ? » Elle gémit. « Je suis une salope ! Je suis une vraie salope ! »

Lucie grimaça. Le simple fait que son amie utilise un tel vocabulaire montrait bien qu’elle était en état de choc.

« Mais non, tu n’es pas une salope. Tu es une femme avec des envies, c’est complètement normal. Et c’est plutôt rassurant, même. Je commençais à m’inquiéter pour toi ! » Elle sourit. « Tu vas voir, tu vas réussir à le séduire, ton Romain ! Je vais te donner les conseils qu’il faut, la motivation nécessaire, et tu y arriveras. S’il le faut, je t’attacherai devant sa porte pour qu’il te remarque ! »

« Mais… » balbutia Marianne.

Lucie posa un doigt sur les lèvres de son amie pour stopper ses paroles.

« Et puis… s’il est comme moi, je suis convaincu qu’il appréciera beaucoup plus Marianne la salope, comme tu dis, par rapport à Marianne la Sainte Vierge de la Bibliothèque Religieuse. Il va falloir rattraper un peu le temps perdu. Tu as besoin d’un peu d’éducation. »

« D’éducation ? » fit Marianne.

Elle ne put poser la question qui lui brûlait les lèvres, car celles de son amie venaient de s’écraser contre les siennes.

 

 

 


 

 

De rien pour la photo.

par Batracien publié dans : batracien
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Vendredi 27 janvier 2006

Ok, il est temps aujourd'hui de vous offrir une petite minute d'autosatisfaction.

Ouais, je sais, je suis déjà super mégalo d'habitude, mais là c'est encore pire. Mon chômage vient de se terminer au bout de deux mois, je viens de signer comme manager dans une boîte de conseil financier. Autant vous dire que je n'y connais rien en finance, mais bon, on verra bien.

Ce qu'on voit surtout, c'est que les gens, y compris l'équipe dirigeante, ont tous entre 25 et 35 ans. Qu'il y a des filles absolument magnifiques (même si, évidemment, Dulcinée les éclipse toutes :o). Que les conditions salariales sont phénoménales. Que le boulot y a l'air passionnant. Et que tout le monde s'entend bien, je reviens d'un pot open-bar qu'ils organisaient près de chez eux et qui devait se terminer en boîte (les fameux seven to one).

J'ai l'impression d'avoir intégré un épisode d'Ally McBeal, ce qui est quand même une excellente nouvelle car les Callista Flockhart ne courent pas les rues.

Bon, donc je commence dans une semaine, je suis heureux, heu-reux !

Et désolé pour l'absence de note plus constructive mais bon, j'ai passé des entretiens toute la journée, donc pas eu des masses le temps.

Je vous aime, je vous aime, je vous aime ! La vie est belle, le champagne est bon, la vodka-pomme aussi, le bonheur coule à flots.

A noter quand même que je me suis pointé à l'entretien à 8h30 ce matin sans m'être rasé (j'ai honte) et avec une cravate dépareillée. Une bonne heure a été nécessaire pour leur valider le fait que, oui, il m'arrivait de bien m'habiller. Merci le manteau de chez Boss d'ailleurs, vous qui osiez le critiquer ! Mauvaises langues ! Feriez mieux d'aller prendre des leçons de cunnilingage.

Et ouais j'ai un peu bu. Mais normalement ça ne se voit pas trop. Je vous bisoute très fort, très très fort, et je vous livre la suite des aventures copulatoires de Marianne dans la foulée.

YESSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSS le job de mes rêves !

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...vous en avez rien à battre, en fait, hein ? Vous étiez juste venus pour le cul ? Bande d'enfoirés.

par Batracien publié dans : batracien
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