Ouf.... eh bien, finalement ça aura pris 4 chapitres, plutôt inégaux, pour parvenir à terminer ce pari débile. Rappelez-moi de ne jamais faire confiance à Majoma, Béatrice ou Frederic, ce sont des fourbes. Je m'en vais leur trouver une chaîne bien insupportable à réaliser, tiens. Un truc du genre "racontez vos pires fantasmes". Ha ! Ca leur apprendra.
Bon, quoi qu'il en soit, voici donc la dernière partie. Comme je suis incapable de garder mon sérieux en parlant de cul, ça reste le même style que d'habitude. Mais un peu plus corsé, ça ne convient donc pas forcément à une personne de moins de dix-huit ans, tout ça tout ça.
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Sinon, bonne lecture. C'est parti pour la dernière ligne droite, sortez vos kleenex (pour l'émotion, je veux dire).

Il était temps de prendre les choses en main. Lucie repoussa fermement Marianne sur le lit, interrompant ainsi le baiser qu’elles échangeaient.
« Habille-toi. Dépêche-toi, mets une petite robe, quelque chose, de toute façon tu ne la porteras pas longtemps, donc… »
Eberluée, Marianne n’avait plus aucun contrôle sur ses actes. Comme un robot, elle se laissa pousser vers son armoire et enfila machinalement la jupe et le haut que Lucie lui tendait. A peine était-elle habillée que son amie la poussait vers la sortie.
« Mais je n’ai pas de culotte » protesta-t-elle faiblement.
« Tant mieux, tant mieux » fit Lucie.
Mi-poussée, mi-traînée, la jeune femme tentait de reprendre ses esprits. La porte devant laquelle ils s’arrêtèrent lui fit l’effet d’une douche froide.
« Qu’est-ce que tu fais ? Lucie ! »
« Je règle tes problèmes une bonne fois pour toutes, c’est tout. Tu me remercieras plus tard. »
Marianne tendit la main en un geste futile de protestation, mais il était trop tard. Avec entrain, Lucie tambourinait à la porte de Romain.
«Oh, le brun ténébreux, tu es là ? » chantonnait-elle en frappant du poing. « Petit, petit, petit ! »
Un instant, Marianne crut qu’elle était sauvée. Personne ne répondait, personne ne répondrait. Avec un peu de chance, l’histoire se terminerait là. Elle inventerait une histoire plausible pour expliquer tout ce raffut au concierge, et reprendrait sa petite vie tranquille de bibliothécaire. Elle pourrait…
La porte s’ouvrit.
« Oui ? » demanda poliment Romain.
Marianne resta sur place, comme frappée par la foudre. Lucie elle-même eut un instant d’hésitation, tant l’homme avait de présence et de magnétisme. Grand, brun, raisonnablement musclé, il était vêtu d’un T-shirt ajusté et d’un jean délavé. Sur toute autre personne, ces vêtements auraient paru banals, mais ils s’accrochaient au personnage pour lui donner une sorte d’aura romantique, James Dean sorti à temps de sa voiture, indomptable et indolent. Son expression était amusée alors qu’il détaillait ses deux visiteuses. Il eut un signe de tête en direction de Marianne.
« Tiens, je vous connais, vous. Vous êtes du même étage, non ? Qu’est-ce que je peux faire pour vous ? »
Vexée d’être ignorée, Lucie reprit son sang-froid. Elle posa sa main soigneusement manucurée sur le torse de Romain et le repoussa à l’intérieur. Il ne résista pas.
« Voilà ce que tu peux faire pour nous, enfin pour elle. » Elle montra Marianne du doigt. « Elle est désespérément amoureuse de toi, et accessoirement elle aurait bien besoin d’être décoincée. Tu penses être d’attaque à nous satisfaire toutes les deux ? »
La porte se referma bruyamment sur le couloir et le concierge curieux. Ils étaient désormais dans l’appartement, et Romain se sentait clairement dépassé par les événements – belle gueule ou pas.
« C’est que… quoi ? Pardon ? » bredouilla-t-il.
« Oh, les hommes, il faut décidément tout faire à leur place » soupira Lucie en enlevant son haut.
Elle dégrafa son soutien-gorge du même mouvement, laissant échapper deux seins de taille tout à fait respectable, fermes et dressés, hérissés d’une légère chair de poule.
« Lucie… » fit Marianne, choquée. « On devrait… »
Elle ne put terminer sa phrase : d’un grand geste théâtral, son amie venait de tirer sur sa jupe et de la déchirer au col. Marianne tenta de rassembler les morceaux qui tombèrent lentement au sol. Dessous, elle était totalement nue. Ses mains cessèrent de chercher la jupe pour venir couvrir la toison de son sexe. Ses oreilles bourdonnaient.
« Bon, l’apollon, tu ne vas pas rester planté là toute la journée. Tu te déshabilles tout seul ou tu veux qu’on t’aide ? » ricana Lucie. « Deux filles pour toi tout seul, ça devrait te motiver quand même ! »
Romain ouvrait des yeux ronds. Il ne comprenait pas ce qu’il se passait mais, visiblement, cela ne lui déplaisait pas. Ses yeux ne quittaient la poitrine de Lucie que pour dévorer du regard l’intimité que Marianne avait du mal à cacher. Dans le jean, une bosse apparaissait. Lucie eut un claquement de langue satisfait. Elle avança et frôla de ses seins le torse de Romain. Puis sa main descendit sur la ceinture qu’elle défit avec habileté. La boucle de métal claqua sur le sol dallé.
« Je peux me débrouiller tout seul, merci » fit enfin Romain, secouant la paralysie qui s’était emparée de lui.
Il chercha du regard une quelconque caméra cachée. N’en trouvant pas, il se décida enfin à jouer le jeu. Il s’approcha de Lucie, enleva sa jupe, et aida Marianne à se débarasser de son haut. La jeune femme ne luttait plus, aiguillonnée par son amie.
« Eh bien, eh bien » admira Lucie lorsque Romain se débarassa de son boxer. « Si tu sais t’en servir, alors je n’aurai pas perdu mon temps aujourd’hui. »
Prestement, elle s’agenouilla pour contempler de plus près le sexe qu’il venait de révéler, mais Marianne fut plus rapide. Elle s’en empara avec révérence et le caressa sur sa longueur, du gland jusqu’aux testicules. Romain frissonna.
« Puisque tu m’as emmenée ici, autant que je participe » fit Marianne.
Oubliée, la bibliothécaire. Oubliés, les livres poussiéreux. Tout ce qu’elle voyait, désormais, c’était ce sexe qui emplissait son champ de vision, tellement plus vigoureux que celui de l’adolescent qu’elle avait dépucelé. Timidement, elle approcha les lèvres, donna un coup de langue pour tester. Ce n’était pas si déplaisant. Elle n’avait jamais testé ce genre de pratiques avant, mais cette journée paraissait tellement irréelle que tout était permis. Elle sentit la main de Romain lui toucher les cheveux, caresser sa joue. Il était comme dans ses rêves, finalement. Doux là où tant d’hommes se montraient brutaux. Il la remonta et l’embrassa avec énergie. Elle se sentit fondre, vaciller sous son étreinte. Une main vint caresser ses seins, une autre descendit vers la chaleur qui brûlait en haut de ses jambes. Il caressa ses cuisses, remonta, admira l’humidité qui y régnait. Il avança tout doucement un doigt, qui glissa tout seul. Marianne ferma les yeux et poussa un gémissement. Elle se demanda pourquoi Lucie ne parlait pas, puis réalisa que son amie avait la bouche pleine.
« On serait peut-être mieux dans ma chambre » proposa Romain, reculant de lui-même pour guider les jeunes femmes. Elles poussèrent un grognement de frustration avant de le suivre. Retarder, ne serait-ce que d’une seconde, les caresses de ses mains sur leur corps leur semblait une aberration. Pourtant, aussitôt couchées, elles constatèrent qu’il avait eu raison. Plus dans son élément, il semblait tout d’un coup beaucoup plus assuré. Sa bouche montait jusqu’à leurs lèvres, effleurait un sein, descendait plus bas avant de remonter. Ses mains semblaient s’être multipliées. Marianne se sentait plus prête qu’elle n’avait jamais été lorsqu’elle le vit mettre un préservatif. Une bouffée de jalousie l’envahit en réalisant qu’il privilégierait certainement Lucie, Lucie et son corps de rêve, Lucie et ses hanches cambrées, ses fesses parfaites… mais non, c’était vers elle qu’il se tournait. Elle sentit les lèvres de son amie contre les siennes, happant sa vie, soufflant son bonheur, étouffant le hurlement de plaisir qu’elle émit lorsqu’il la pénétra enfin. C’était un terrain facile, pourtant il avançait lentement, doucement, un mouvement après l’autre, jouant avec elle en refusant d’entrer complètement. C’était désormais des grognements de frustration qui s’échappaient de sa bouche. Lorsqu’il rentra totalement, elle hurla, et les lèvres de Lucie ne purent couvrir le son. Elle cria de nouveau au mouvement suivant, puis au suivant, se calant inconsciemment sur le rythme qu’il amorçait. Elle sentit les mains de Lucie lui caresser la poitrine, lui agacer les seins, et toujours leurs langues qui s’entremêlaient, et ce sexe dans le sien, et cette pièce qui tournait, tournait, et ces sensations qui remontaient, qui brûlaient en elle, qui explosaient en une apothéose de bleu, de mauve, de pourpre et d’émeraude, ces yeux fixés sur elle, cette peau qui n’était plus la sienne, elle partait, elle partait, elle hurlait, elle hurlait, elle…
Marianne poussa un cri de joie rauque, le feulement sauvage d’une tigresse comblée. Ses mains griffèrent le rebors du lit et s’enfoncèrent dans l’épais coussin qu’elle serrait contre elle. Haletante, elle resta ainsi avachie, au creux des couvertures, attendant que sa respiration se calme. La sueur coulait librement sur son corps, baignant son plaisir d’une aura pâle. Puis elle ferma les yeux, revenant lentement à la réalité.
Elle était seule, comme toujours. Son appartement était tranquille. Pas un bruit.
Ou plutôt si. Le cliquetis d’une clé dans la serrure. En face, son mystérieux voisin rentrait de soirée. Il s’appelait Romain, c’est tout ce qu’elle savait de lui. Elle n’aurait jamais le courage de lui parler, elle le savait déjà.
Mais quelle importance ? Il lui restait le plus beau : son imagination.
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