Comme je me fais chier sur la route (et non, pour les enfoirés qui ont commenté sur le chat, je n'ai pas que des goûts de merde), j'ai encore une fois fait une escale par un magasin quelconque pour choper des CDs pour le chemin.
Et cette fois, je suis tombé sur trois perles de la chanson française, les grands émotifs du moment, ceux qu'on appelle les chanteurs à texte parce qu'ils n'ont pas de voix mais qui grattent avec talent des guitares manucurées, à savoir Vincent Delerm, Benabar et Raphael.
Ils ont tous leur style différent, mais bon au final ça se résume quand même à des textes ciselés avec le talent d'un joailler qui a paumé son sécateur et se demande comment il va faire pour bouturer ses rosiers. M'enfin j'ai quand même mes préférences et comme vous êtes là à réclamer des articles et que j'aime bien vous emmerder, ben celui-là parlera de musique. Ha ! Ca vous emmerde, hein ! Pas de cul, pas de drague, pas de plan foireux !
Non, juste une opinion sympathique et généreuse de ces trois auteurs au talent ô combien, eh bien, talentueux. Ca va vous permettre de faire des cadeaux à noël, ou bien de bouder désormais ce blog dont l'auteur a des goûts tellement merdiques.
Raphael
Pas mal pour de la musique d'ambiance.
Certaines chansons ont été tellement martelées à la radio qu'on finit par les connaître par coeur, ça casse la découverte du CD. Globalement, c'est de la musique déprimante à souhait. Certains morceaux ont un peu plus de pêche mais au final tous se ressemblent plus ou moins et donnent envie de se tirer une balle. C'est beau, mais à réserver aux emos qui se demandent si la boîte de médocs passerait mieux avec une bolée de cidre ou pas. Les titres-phares restent Caravane et la cohorte de mélodies douces à écouter après un chagrin d'amour. Bon, il paraît que les filles aiment bien.
Vincent Delerm
Déjà, on applaudira le fait qu'il ait un véritable prénom et un nom. Et puis son père a quand même écrit des bouquins excellents donc c'est un bon début dans la vie. Mais c'est après que ça se gâte.
C'est à mon avis le plus inégal des trois. Certaines sont tellement décalées qu'on les écoute en boucle en se demandant ce qu'il a fumé, notamment Sous les Avalanches dont le clip avec Jean Rochefort est une merveille. C'est une chanson complètement déjantée, j'aime beaucoup, surtout dans le cantal et dans le froid (cf post précédent, suivez bordel). Mention honorable à Il fait si beau qui m'a fait sourire. Notamment pour le bizuthage Sup de Co. Et sa chanson sur le retour en arrière, maréchal nous voilà, blablabla, est agréable à entendre mais un peu trop engagée à mon goût. C'est convenu, c'est dommage. Et surtout, le reste de l'album est plutôt faible vocalement comme textuellement. Enfin, on va dire que je n'en saisis pas la substantifique moelle. J'aime pas, quoi.
À quoi elle pense
En s’endormant
Cette jolie France
Confiture bonne maman
Elle pense pareil
Pareil qu’hier
Avant Simone Veil
Avant Badinter
Benabar
Mention spéciale pour mon chouchou, el premier of the classe, the number uno, celui qui a réussi à m'occuper sur cinq cent bornes avec son nouvel album où rien n'est à jeter.
Les textes sont vraiment pas mal écrits, et sa rime approximative finit par devenir un argument de vente. Il a des mélodies entraînantes, des histoires intéressantes, des traits d'humour bien trouvés. Pas une seule chanson de l'album n'est à jeter, sauf éventuellement le Carnet de Solfège que je trouve un peu poussive. Mais tout le reste... oh my god ! Notamment quatre murs et un toit, le méchant de James Bond, Bruxelles...
A noter la chanson bonus, "Christelle est une ordure", qui est tellement nulle qu'elle en devient mythique.
Pour votre plaisir particulier, je vous retranscris les paroles (notez les rimes pourries, et pourtant ça passe)
Bouteilles de Chianti arrondies d'osier
Nappes à carreaux, flacons d'huile pimentée
Le Vésuve peint au mur, pour parfaire le décor
En noir et blanc, des portraits d'acteurs
Tom Cruise, époque Top Gun
Michèle Pfeiffer, Al Pacino jeune
Ils sont même pas italiens ces acteurs
A part bien sûr Michèle Pfeiffer
Moi je faisais de l'oeil à Christelle
On était une bande de copains
Elle m'a dit à un moment, j'm'en rappelle
C'est très fin, ça se mange sans fin
Parce qu'elle connaissait les répliques
Du Père Noël est une ordure
Qu'elle avait vu 50 fois en boucle
C'était pas mon cas, je le regrette encore
Le Père Noël, el, el
Est une ordure, c'est trop de chagrin
Parce que Christelle, elle, elle
Préfère qu'on reste copains
Moi, je m'en foutais de notre amitié
J'élaborais des trucs sexuels
Des trucs assez compliqués
Et dégradants, pour Christelle
Pendant que je pensais à mon hot d'or
Elle parlait à mon voisin
Qui était mon copain d'alors
Qu'allait bientôt devenir le sien
Le Père Noël, el, el
Est une ordure c'est trop de chagrin
Parce que Christelle, elle, elle,
Préfère qu'on reste copains
Lui aussi connaissait par malheur
Tous les dialogues du film
Qu'elle reprenait en coeur
Ça m'énervait, c'est légitime
C'était roulé sous les aisselles
Quand il a mis sa langue dans la bouche à Christelle
On a souffert en voyant ça
Ma pizza régina et moi
Le Père Noël, el, el
Est une ordure c'est trop de chagrin
Parce que Christelle, elle, elle
Préfère qu'on reste copains
Le Père Noël, el, el
Préfère qu'on reste copains
Parce que Christelle, elle, elle
Est une ordure c'est trop de chagrin
Le père de Christelle, elle, elle
Est une ordure c'est mon copain
Parce qu'à Noël, el, el
Christelle préfère que j'ai du chagrin
Vainqueur par KO: Benabar !
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