Jeudi 21 décembre 2006

Vous vous imaginez tous que j'ai une vie de folaÿ à sortir tous les soirs dans les bars hype de la capitale pour draguer les femmes en La Perla et me faire chauffer par les serveurs homos. Une vie frénétique de sexe, d'orgie, de stupre, de luxure et de drogue consommée à même le rail d'un bar dézingué.

Mais en fait non. Hier, par exemple, on a joué au Trivial Poursuit.

C'est moins glamour mais c'est marrant quand même. Histoire de rajouter du piment aux choses, il y avait l'équipe des mecs (les vrais, les mâles, les durs, les tatoués, les conquérants de l'impossible, les intellectuels quoi) et l'équipe des filles (les petits êtres bleus qui sont toujours joyeux).

Bon. Pour résumer rapidement la soirée, on a généreusement décidé de les laisser gagner. Je veux dire, ça les met de meilleure humeur et elles sont plus malléables après. Sinon, on aurait encore dû essuyer les nombreuses critiques sur notre cruauté naturelle. Déjà qu'on n'a pas pu faire les geeks en gueulant "dégâts min !" lorsqu'on faisait un 1 sur le dé, il fallait bien se défouler autrement.

Je tiens à protester un peu contre l'inégalité des questions, histoire de faire preuve de mauvaise foi. On a eu des questions culinaires étranges, du genre la culture de je ne sais quel plat typique de je ne sais quelle région reculée de France qui n'a même pas l'électricité (réponse: la pomme de terre).

Alors que de l'autre côté, les questions étaient du genre: "qu'est-ce qu'un U-boat ?" ou "comment s'appelle, en trois lettres, le système de navigation qui équipe certaines voitures ?".

Bon, ok, je suis de mauvaise foi et je suis mauvais perdant. Mais depuis quand les filles ont-elles plus de cultures que les mecs, hein, hein, je vous le demande ! Un peu plus et elles vont s'émanciper, sortir de la cuisine, sortir de la chambre à coucher, et ce sera un beau bordel.

La vie est dure.

par Batracien publié dans : batracien
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Mardi 19 décembre 2006

Il est temps d'arrêter de me lamenter sur ma vie et ma tristesse et tout et tout, et de vous parler de mon nouveau GPS.

Avec six mois de retard, on m'a en effet enfin livré la voiture du boulot que j'attendais. Et elle a un GPS. Et tout devrait être pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Sauf que le véhicule est d'une marque italienne. Qu'il a été assemble en Italie. Et que du coup, le GPS est bloqué sur cette langue.

Oh, j'ai bien regardé dans la notice, hein. Il y a des dizaines de pages (en italien, certes, mais aussi en anglais) sur la manière de changer les CDs de navigation pour visiter l'estonie sub-tropicale, mais rien du tout pour modifier la langue. Et en attendant de découvrir enfin ce foutu bouton à appuyer (ça doit être simple, pourtant, c'est pas comme si on avait du mal à trouver ça, nous les mecs), eh bien je dois me taper la douce voix italienne.

Ce n'est pas si désagréable, finalement. Lorsque j'ai commencé à l'utiliser, je me suis même dit que j'avais un véritable don des langues, sans fausse modestie précoïtale. Parce que je comprenais tout ! Oui madame, tout !

La madonna susurrait  "voltare a destra" et je me rendais compte qu'il fallait tourner à droite.

"Continuate ditto", et je continuais ditto.

"Voltare a senestra" et je voltarais à gauche.

Là où ça s'est compliqué, c'est lorsque je suis arrivé à un rond-point. Tout d'un coup et sans préavis, la voix maternelle et chaleureuse de prostituée sud-libanaise s'est mise à m'insulter.

"Alla rotonda, prendete la quarta uscita poi girate immediatamente a sinistra per mettervi sulla via di destra"

Euh.

Bon, alla rotonda, ça allait encore. Mais pour le reste, qu'est-ce qu'elles sont rapides ces italiennes ! Et rancunières, avec ça ! Alors que je faisais un tour de rond-point en examinant les panneaux pour voir quel chemin choisir, elle commence à m'engueuler de nouveau.

"Non avete preso la buona uscita, fatta mezzo giro e girate immediatamente a sinistra per mettervi sulla via di destra"

Gniiiiiiiiiiii.

Les italiennes, c'est des chiennes (ça rime).

par Batracien publié dans : batracien
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Lundi 18 décembre 2006

Comme vous avez pu le voir, je ne me suis pas vraiment occupé de mon blog ces derniers temps. Evidemment, je pourrais blâmer le manque de temps ou de sujets à traiter (et pourtant, il y aurait des choses à dire), mais je ne sais pas, j'ai un petit coup de blues ces derniers temps.

C'est peut-être l'approche de mon anniversaire. Bientôt 28 ans, ça commence à faire grand. Et quand je regarde ce que je voulais être quand j'étais môme, les rêves et les aspirations que j'avais il y a quelques années, je me dis que tout ça est quand même dommage.

Pourtant, professionnellement, je ne devrais pas me plaindre. Je pourrais chanter la complainte habituelle du blues du businessman mais ça finirait par vous saouler. Oui, sur cet aspect au moins je ne devrais pas avoir de regrets. Mais je ne sais pas... la tristesse, ça ne se commande pas.

Quand j'étais petit...

Je voulais devenir homme politique et sauver le monde

Au final, j'ai assisté à deux meetings de campagne de Bayrou et déjà j'ai envie de tout laisser tomber tellement la cause est entendue. L'homme a de bonnes idées mais une absence de charisme tellement flagrante qu'on préfère ses discours écrits plutôt que lus. On m'a proposé des responsabilités dans ma fédération. Super. J'ai refusé, je préfère garder mes week-ends. Exit la carrière politique.

Je voulais faire du sport et devenir un ultimate championship warrior of doom

J'ai abandonné le ju-jitsu au bout d'un an, le kung fu au bout de trois mois, et ça doit bien faire deux ans que je n'ai pas touché à mes haltères. Plus de responsabilités, ça veut aussi dire moins de temps pour faire du sport. Ou alors j'ai tout simplement la flemme. En tout cas, ce n'est pas en continuant comme ça que je vais retrouver le corps d'athlète de mes vingt ans (si si, j'ai des témoins).

Je voulais écrire de l'heroic fantasy et vendre autant que le fils indigne d'Amélie Nothomb et de Tolkien

Ca fait plus d'un an que je n'ai rien écrit. Une de mes nouvelles devrait être publiée en mars, mais je n'ai plus de nouvelles de l'éditeur et ça me gave de les relancer. J'ai des contacts intéressants dans les milieux de l'édition et je ne les exploite pas. On m'a donné des encouragements et je ne les suis pas. On m'a suggéré des corrections et je ne les fais pas. J'ai une dizaine de synopsis sous le coude et je ne les écris pas. Ca me déprime un peu, tout ça.

Je voulais avoir plein de fric et vivre comme un millionnaire

Bon, je gagne très bien ma vie, ça devrait donc faire un objectif réussi. Sauf qu'au final ça ne change rien. Je préférais ma vie étudiante où je bouffais du maïs jour et nuit à même la boîte parce que j'étais criblé de dettes, ça donnait un sentiment d'accomplissement à chaque truc acheté, à chaque sortie, à chaque soirée. Courir les bons plans, mine de rien, ça occupait bien la vie. Et les soirées à dormir à 8 dans un 9m² sous les toits de Paris dans un coma étylique induit par les bouteilles de vodka qu'on s'est cotisés pour acheter, c'est priceless.

....

28 ans bientôt, et je n'ai rien fait de ma vie, et ça me gave.

par Batracien publié dans : batracien
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Dimanche 10 décembre 2006

C'est quand même la classe.

Lorsque quelqu'un s'intéresse à moi dans un bar, c'est le dauphin de l'élection Mister Gay 2006.Quitte à devenir un jour homo, ça me rassure sur la qualité des relations qui suivraient.

Ou pas.

par Batracien publié dans : batracien
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Jeudi 7 décembre 2006

Comme je me fais chier sur la route (et non, pour les enfoirés qui ont commenté sur le chat, je n'ai pas que des goûts de merde), j'ai encore une fois fait une escale par un magasin quelconque pour choper des CDs pour le chemin.

Et cette fois, je suis tombé sur trois perles de la chanson française, les grands émotifs du moment, ceux qu'on appelle les chanteurs à texte parce qu'ils n'ont pas de voix mais qui grattent avec talent des guitares manucurées, à savoir Vincent Delerm, Benabar et Raphael.

Ils ont tous leur style différent, mais bon au final ça se résume quand même à des textes ciselés avec le talent d'un joailler qui a paumé son sécateur et se demande comment il va faire pour bouturer ses rosiers. M'enfin j'ai quand même mes préférences et comme vous êtes là à réclamer des articles et que j'aime bien vous emmerder, ben celui-là parlera de musique. Ha ! Ca vous emmerde, hein ! Pas de cul, pas de drague, pas de plan foireux !

Non, juste une opinion sympathique et généreuse de ces trois auteurs au talent ô combien, eh bien, talentueux. Ca va vous permettre de faire des cadeaux à noël, ou bien de bouder désormais ce blog dont l'auteur a des goûts tellement merdiques.

Raphael

Pas mal pour de la musique d'ambiance.

Certaines chansons ont été tellement martelées à la radio qu'on finit par les connaître par coeur, ça casse la découverte du CD. Globalement, c'est de la musique déprimante à souhait. Certains morceaux ont un peu plus de pêche mais au final tous se ressemblent plus ou moins et donnent envie de se tirer une balle. C'est beau, mais à réserver aux emos qui se demandent si la boîte de médocs passerait mieux avec une bolée de cidre ou pas. Les titres-phares restent Caravane et la cohorte de mélodies douces à écouter après un chagrin d'amour. Bon, il paraît que les filles aiment bien.

Vincent Delerm

Déjà, on applaudira le fait qu'il ait un véritable prénom et un nom. Et puis son père a quand même écrit des bouquins excellents donc c'est un bon début dans la vie. Mais c'est après que ça se gâte.

C'est à mon avis le plus inégal des trois. Certaines sont tellement décalées qu'on les écoute en boucle en se demandant ce qu'il a fumé, notamment Sous les Avalanches dont le clip avec Jean Rochefort est une merveille. C'est une chanson complètement déjantée, j'aime beaucoup, surtout dans le cantal et dans le froid (cf post précédent, suivez bordel). Mention honorable à Il fait si beau qui m'a fait sourire. Notamment pour le bizuthage Sup de Co. Et sa chanson sur le retour en arrière, maréchal nous voilà, blablabla, est agréable à entendre mais un peu trop engagée à mon goût. C'est convenu, c'est dommage. Et surtout, le reste de l'album est plutôt faible vocalement comme textuellement. Enfin, on va dire que je n'en saisis pas la substantifique moelle. J'aime pas, quoi.

À quoi elle pense
En s’endormant
Cette jolie France
Confiture bonne maman
Elle pense pareil
Pareil qu’hier
Avant Simone Veil
Avant Badinter

Benabar

Mention spéciale pour mon chouchou, el premier of the classe, the number uno, celui qui a réussi à m'occuper sur cinq cent bornes avec son nouvel album où rien n'est à jeter.

Les textes sont vraiment pas mal écrits, et sa rime approximative finit par devenir un argument de vente. Il a des mélodies entraînantes, des histoires intéressantes, des traits d'humour bien trouvés. Pas une seule chanson de l'album n'est à jeter, sauf éventuellement le Carnet de Solfège que je trouve un peu poussive. Mais tout le reste... oh my god ! Notamment quatre murs et un toit, le méchant de James Bond, Bruxelles...

A noter la chanson bonus, "Christelle est une ordure", qui est tellement nulle qu'elle en devient mythique.

Pour votre plaisir particulier, je vous retranscris les paroles (notez les rimes pourries, et pourtant ça passe)

Bouteilles de Chianti arrondies d'osier
Nappes à carreaux, flacons d'huile pimentée
Le Vésuve peint au mur, pour parfaire le décor
En noir et blanc, des portraits d'acteurs

Tom Cruise, époque Top Gun
Michèle Pfeiffer, Al Pacino jeune
Ils sont même pas italiens ces acteurs
A part bien sûr Michèle Pfeiffer

Moi je faisais de l'oeil à Christelle
On était une bande de copains
Elle m'a dit à un moment, j'm'en rappelle
C'est très fin, ça se mange sans fin
Parce qu'elle connaissait les répliques
Du Père Noël est une ordure
Qu'elle avait vu 50 fois en boucle
C'était pas mon cas, je le regrette encore

Le Père Noël, el, el
Est une ordure, c'est trop de chagrin
Parce que Christelle, elle, elle
Préfère qu'on reste copains

Moi, je m'en foutais de notre amitié
J'élaborais des trucs sexuels
Des trucs assez compliqués
Et dégradants, pour Christelle
Pendant que je pensais à mon hot d'or
Elle parlait à mon voisin
Qui était mon copain d'alors
Qu'allait bientôt devenir le sien

Le Père Noël, el, el
Est une ordure c'est trop de chagrin
Parce que Christelle, elle, elle,
Préfère qu'on reste copains

Lui aussi connaissait par malheur
Tous les dialogues du film
Qu'elle reprenait en coeur
Ça m'énervait, c'est légitime
C'était roulé sous les aisselles
Quand il a mis sa langue dans la bouche à Christelle
On a souffert en voyant ça
Ma pizza régina et moi

Le Père Noël, el, el
Est une ordure c'est trop de chagrin
Parce que Christelle, elle, elle
Préfère qu'on reste copains

Le Père Noël, el, el
Préfère qu'on reste copains
Parce que Christelle, elle, elle
Est une ordure c'est trop de chagrin

Le père de Christelle, elle, elle
Est une ordure c'est mon copain
Parce qu'à Noël, el, el
Christelle préfère que j'ai du chagrin

Vainqueur par KO: Benabar !

par Batracien publié dans : batracien
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