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28 janvier 2006 6 28 /01 /janvier /2006 18:32

Hop, c'est reparti !

Comme d'habitude, les commentaires sont les bienvenus ;) Même si en l'occasion il s'agit plus d'une transition. Heureusement, pour compenser, vous aurez une image en fin d'article de Marianne les seins nus.

 


 

C’était comme un rituel. Tous les mardis, vers 17h, Lucie sonnait à la porte de Marianne. Officiellement, c’était pour lui proposer d’aller à la piscine – mais en réalité, les deux jeunes femmes discutaient de choses et d’autres des heures durant, avant de jeter un regard navré à l’horloge et marmonner « oh, dommage, ça ne vaut plus le coup d’y aller maintenant ».

 

 

 

Pourtant, cela ferait du bien à Marianne, réfléchissait Lucie en arrangeant ses cheveux devant le miroir de l’ascenceur. Elle avait bien besoin de faire un peu de sport, de perdre quelques kilos – et puis cela lui changerait les idées !

 

 

 

Lucie se permit une seconde d’autosatisfaction face à la large glace. A la différence de son amie, elle était belle, très belle. Grande, mince, le teint légèrement métissé par une grand-mère guadeloupéenne, elle avait des yeux verts envoûtants qui charmaient tous les hommes sur lesquels elle jetait son dévolu. Elle passa la main dans ses cheveux, tenta une moue boudeuse, puis rabattit les pans de son manteau et sortit de l’ascenseur.

 

 

 

« Tiens ? Bonjour toi ! » gazouilla-t-elle à Paul en passant.

Le jeune homme était toujours impressionné par sa beauté, au point que ça en devenait parfois gênant. Lorsqu’elle interrompait une séance de réunion, Lucie pouvait sentir le regard insistant du jeune garçon pendant qu’elle embrassait son amie.

 

 

 

Mais aujourd’hui, rien de tel. Pâle comme un fantôme, Paul passa devant elle sans même lever les yeux et s’engouffra dans l’ascenseur, appuyant frénétiquement sur le bouton. La porte se referma avant qu’elle ait eu le temps de réagir.

 

 

 

« Qu’est-ce que c’est que… »

 

 

 

Lucie fronça les sourcils et s’approcha de la porte laissée grande ouverte.

« Il y a quelqu’un ? » appela-t-elle.

Rien. Le silence.

Elle fit trois pas dans l’appartement, referma la fenêtre, appela encore.

« Marianne ? »

Un bruit sourd lui répondit. Ca venait de la chambre à coucher. Inquiète maintenant, Lucie s’approcha.

« Marianne ? Tu es là ? »

 

 

 

Lucie avait le cœur bien accroché et elle s’attendait à n’importe quoi, mais pas à ce tableau : Marianne recroquevillée sur le lit, entièrement nue, secouée de sanglots silencieux. Sa culotte gisait dans un coin de la pièce, son pantalon et sa chemise sur le sol. Un préservatif jeté à terre dégorgeait négligemment son contenu sur la moquette immaculée.

 

 

 

« Marianne ! Ca va ? »

 

 

 

Lucie se précipita à son chevet, posa sa main sur l’épaule de la jeune femme. Marianne ne réagit pas ; Lucie la secoua, de plus en plus violemment pour briser la transe qui semblait l’avoir envahie. En désespoir de cause, elle se redressa et saisit le combiné du téléphone. Elle avait à peine commencé à composer le numéro des urgences que la voix faible de son amie la stoppa net.

 

 

 

« Non… »

 

 

 

Lucie reposa lentement le téléphone. Elle tremblait de tous ses membres, sans savoir pour quoi. Elle avait l’impression d’arriver sur la scène d’un viol et ses nerfs fragiles la trahissaient. Elle s’assit lourdement sur le côté du lit.

« Qu’est-ce qu’il s’est passé, Marianne ? » fit-elle tendrement.

 

 

 

L’espace de trois respirations, il y eut le silence. Lucie crut qu’elle n’obtiendrait pas de réponse. Mais finalement, la voix faible se fit de nouveau entendre.

« Je suis atroce. Je suis épouvantable. Je suis une pédophile »


Lucie haussa un sourcil. L’image du jeune garçon, complètement effaré, lui traversa l’esprit.

« Paul ? » demanda-t-elle.

 

 

 

Marianne se retourna pour lui faire face. Elle offrait un spectacle pitoyable ainsi redressée sur un coude. Nue, les cuisses frémissantes, les lèvres tremblantes, les yeux mouillés de larmes, elle était l’incarnation même de la souffrance. Lucie réprima avec énergie l’excitation qui montait en elle devant ce spectacle. C’était totalement déplacé, totalement incongru. Pourtant, c’était la première fois qu’elle voyait son amie nue, et les corps féminins l’avaient toujours attiré. Avec effort, elle maîtrisa le tremblement dans sa voix.

 

 

 

« C’est Paul qui t’a fait ça ? Je l’ai croisé en arrivant ici… » Elle prit une grande inspiration. « Qu’est-ce qu’il s’est passé, Marianne ? » répéta-t-elle.

 

 

 

La jeune femme cligna des yeux plusieurs fois, comme si elle sortait d’un rêve. Sa voix avait des accents râpeux.

« Je… je lui ai fait des avances. Je ne sais pas ce qu’il m’a pris. J’étais comme… possédée. J’avais envie de mes mains sur mon corps, de ses mains. Je… » Marianne baissa la tête. Elle n’avait aucune envie de raconter ce qu’il s’était passé et pourtant elle se lança en avant, comme on exorcisait un souvenir. « Je me suis caressée les seins devant lui. Il… il est venu vers moi. Il était tellement doux… Oh, Lucie, il était tendre, il m’a déshabillée doucement, je fondais complètement dans ses bras ! Cela faisait tellement longtemps que personne ne m’avait… je ne sais pas ce qu’il m’est passé par la tête… » Elle frissonna. « Je suis épouvantable, Lucie. Epouvantable ! Je ne sais pas pourquoi j’ai ces idées dans la tête. »

 

 

 

Lucie haussa vaguement les épaules, histoire de faire quelque chose. Que pouvait-on répondre à une telle confession ?

« Ah… » fit-elle.

Mais Marianne n’avait pas fini.

« C’est à cause de lui ! C’est à cause de lui si je suis comme ça ! Quand Paul m’embrassait, je pensais à lui ! Ca me rendait complètement folle ! Je fermais les yeux et je pensais à ses mains, sa bouche, ses lèvres ! Je m’imaginais avec lui ! Sinon je n’aurais jamais fait ça… » Ses yeux étaient implorants. « Il faut me croire, Lucie ! »

Lucie frémit lorsque son amie vint se jeter dans ses bras avec un total abandon, enfouissant sa tête contre sa nuque pour étouffer ses sanglots. Elle était désagréablement consciente des sensations qui remontaient en elle, de la nudité qui se pressait contre sa poitrine, de ces seins qui ballotaient devant ses yeux. Elle déglutit et repoussa doucement son amie.

« Comment ça, lui ? Je ne comprends rien à ce que tu racontes. Calme-toi, voilà, comme ça, calme-toi… »

Presque inconsciemment, elle posa sa main sur les cheveux de son amie et les lui caressa doucement, comme on calmerait un animal angoissé. Son autre main lui caressait l’épaule. Progressivement, les sanglots cessèrent et Marianne devint plus intelligible.

« Je t’en avais déjà parlé… mon nouveau voisin. Romain, il s’appelle. Je le vois parfois rentrer, quand je fais attention, j’essaie de traîner aux boîtes aux lettres pour le regarder passer. Je suis folle, je sais. Mais il est tellement beau ! Et parfois, il se tourne vers moi et il me sourit. Et alors… alors ! » Un spasme sembla parcourir Marianne, qui se blottit encore plus contre son amie. Lucie lui caressait l’épaule, c’était agréable. « Je ne sais pas, j’ai l’impression d’exister quand il est là… Oh, si tu savais le nombre de nuits où je pense à lui, où j’imagine comment notre rencontre pourrait se passer. Quand Paul m’embrassait, c’était comme si lui le faisait. » Elle leva des yeux misérables. « Tu me crois, hein ? Tu me crois ? » Elle gémit. « Je suis une salope ! Je suis une vraie salope ! »

Lucie grimaça. Le simple fait que son amie utilise un tel vocabulaire montrait bien qu’elle était en état de choc.

« Mais non, tu n’es pas une salope. Tu es une femme avec des envies, c’est complètement normal. Et c’est plutôt rassurant, même. Je commençais à m’inquiéter pour toi ! » Elle sourit. « Tu vas voir, tu vas réussir à le séduire, ton Romain ! Je vais te donner les conseils qu’il faut, la motivation nécessaire, et tu y arriveras. S’il le faut, je t’attacherai devant sa porte pour qu’il te remarque ! »

« Mais… » balbutia Marianne.

Lucie posa un doigt sur les lèvres de son amie pour stopper ses paroles.

« Et puis… s’il est comme moi, je suis convaincu qu’il appréciera beaucoup plus Marianne la salope, comme tu dis, par rapport à Marianne la Sainte Vierge de la Bibliothèque Religieuse. Il va falloir rattraper un peu le temps perdu. Tu as besoin d’un peu d’éducation. »

« D’éducation ? » fit Marianne.

Elle ne put poser la question qui lui brûlait les lèvres, car celles de son amie venaient de s’écraser contre les siennes.

 

 

 


 

 

De rien pour la photo.

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Published by Batracien - dans batracien
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commentaires

© Humour de ma nuit 26/08/2012 22:20


C'est gentil d'avoir mis mon article sur l'éloge de la littérature érotique en lien. Merci.


Nathalie

Roanne 13/02/2006 22:51

Oui, j'avoue, je suis revenue exprès pour lire la suite mdrrrr ;).Mais j'ai vu plein d'uatres articles très intéressants par ailleurs sur ton blog. Certains m'ont bien fait rire !

shinzawai 01/02/2006 21:47

S'imaginer en Lucie ça le fait tout de suite moins.
....
 
Je déconne.
 
CA LE FAIT GRAVE SA MAMAN ! (pas celle de Lucie)

Batracien 03/02/2006 13:38

Et encore j'ai pas fait intervenir le berger allemand ;)

Rainette Azurée 30/01/2006 19:21

T'inquiète Grenouillette c'est de ma faute ;) Toujours est-il quaprès le pathos... ON  ATTEND LA SUITE ! :D  

Batracien 31/01/2006 18:50

Pathos, c'est pas un des mousquetaires de d'Artagnan ?
Hum.

Rainette Azurée 30/01/2006 13:58

N'oublie pas que dans un sens "tout est normal" mais dans l'autre :/ alors je me le suis un peu pris "dans la gueule" mais tu vois je suis déjà revenue lire la suite :D

Batracien 30/01/2006 14:38

Désolé, ce n'était pas le but ma Rainette préférée ^^

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