Allez, ça faisait longtemps que je n'avais pas parlé politique sur ce blog. D'abord parce que ça ne colle pas forcément avec la ligne éditoriale (alcool, baise, plans foireux et
fines remarques sur les spécialités culinaires régionales), ensuite parce que je n'en ai pas tellement eu l'occasion. Mais bon, là c'est les municipales, c'est important, tout ça tout ça, donc il
fallait bien que je me fende d'un article sur la question.
En prenant, évidemment et ça ne vous surprendra pas, le parti du Modem. Bicoz l'orange, c'est une couleur d'avenir - et pas seulement pour d'improbables guêtres girly en soldes.
Ces derniers temps, on entend pas mal de voix s'élever, même sur les blogs, pour critiquer la position de Bayrou et du Modem, pour minimiser son score, pour lui prédire une chute brutale, et
globalement pour considérer que sa politique manque de cohérence. Comme je suis un mec cartésien et ordonné (si si) et qu'on m'a appris en cours à séparer les argumentations en parties
distinctes, c'est parti:
Le score réalisé
Beaucoup de journaux ou d'émissions ont ironisé sur les résultats globaux du Modem, qu'ils situent à 4 ou 5% sur la France, ce qui les mettrait quasiment au même niveau que les verts ou la LCR,
c'est à dire inexistants. Seulement voilà, on n'a pas tenu compte du fait que le Modem ne présentait pas de candidats partout. Si l'on fait la moyenne des votes Modem là où il était représenté, on
arrive à 14,5% environ. C'est quand même déjà mieux.
Certes, c'est moins qu'à la présidentielle. Ceci dit, les municipales donnent toujours une prime au sortant qui a pu bénéficier à l'UMP ou au PS, voire au PC ou aux verts. Pour le Modem, pas de
maires sortants, pas de prime. Dans ce contexte, le score est pour moi plutôt meilleur que ce à quoi on pouvait s'attendre.
Conclusion brillante de cette première partie: en repartant de zéro avec des candidats non implantés sur place, Bayrou réussit un score non négligeable. C'est bien la preuve que sa voie séduit pas
mal de gens (j'ai envie de dire ceux qui réfléchissent un peu, mais ce serait dommage de m'aliéner tout le lectorat aussi vite).
La stratégie d'alliance
Le Modem n'est aujourd'hui rien d'autre qu'un nom. Il ne dispose pas d'élus, ou très peu, dans des mandats qui offrent peu de financement et aucune possibilité de peser sur la politique locale ou
nationale. C'est bien beau de faire 18% à la présidentielle, mais si ça ne se traduit pas sur le terain, on n'a rien.
Dans cette optique, il est donc logique de faire des alliances pour pouvoir peser d'une manière ou d'une autre sur les résultats futurs et construire les fondations d'un parti qui, encore une fois,
part de rien puisqu'on lui a volé tous ses élus.
Le Modem n'a jamais prétendu être entièrement contre la droite ou contre la gauche, mais a toujours eu une approche plutôt logique et pragmatique. Dans cette optique, ça me parait normal de
conclure les alliances les plus favorables possibles, pour pouvoir peser du mieux que l'on peut sur les débats régionaux et/ou nationaux.
Pourquoi privilégier la droite ou la gauche ? La politique ne se résume pas, comme voudraient nous le faire croire les médias, à deux camps opposés sur la plupart des sujets. Quand on y regarde de
plus près, il y a de nombreuses similarités, ce qui explique d'ailleurs les débauchages qu'on a pu voir sous l'ère Sarkozy. La politique dépend beaucoup plus de la personnalité de l'élu local que
du bureau national. Là encore, se rapprocher de la personne la plus en adéquation avec ses idées me semble tout à fait normal - que ce soit quelqu'un de gauche ou de droite.
Le sort de Bayrou
J'ai toujours apprécié les idées de l'UDF et désormais du Modem mais je n'ai jamais adhéré à Bayrou en tant que tel. Il joue bien mieux le rôle d'éminence grise que de cardinal. S'il disparaissait
du paysage politique et était remplacé par quelqu'un de plus charismatique, ça ne me choquerait pas plus que ça.
Cependant, son sort n'est pas encore scellé. Il est intéressant de voir la position dans laquelle l'UMP l'a mis en mandatant sous l'étiquette UMP un candidat socialiste. Dans ces conditions, la
triangulaire paraissait évidente et le report de voix difficile. On verra bien comment il se sortira de ce piège, ça en dira long sur son habileté politique. Dans tous les cas, je ne m'en fais pas
pour lui. Il a toujours mis en avant son absence d'ambition sur le cumul de mandats régionaux, ce n'est donc pas le même enjeu pour lui que pour les ministres UMP qui s'accrochent à leur siège.
S'il perd, il deviendra un martyr. S'il gagne, un héros. Dans tous les cas, il marquera des points pour son prochain objectif, la présidentielle.
Et si on nous ressort du Ségolène-2-de-tension contre du Sarko-2-de-QI en 2012, ça nous fera une belle embuscade.
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