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16 février 2006 4 16 /02 /février /2006 20:42

Et voilà, j'ai retrouvé mes pénates et mon ordi, ce qui va me permettre de vous pondre une note plus longue cette fois-ci et de terminer toute cette histoire américaine. Si, si, à l'instant où je vous écris, je ne prévois pas de "to be continued". C'est quand même une bonne nouvelle, non ? Vous vous rendez compte que je me prive du confort de ne pas avoir à trouver de sujet de note pour demain...

Bon. C'est marrant, je suis en train de relire ce que j'ai écrit hier, et je ne me souviens absolument plus pourquoi cette fille se tournait vers moi. Hormis le suspense induit. C'est quand même con... ah si.

La fille se tourne vers moi et me fait "ouais, c'est génial, t'es français, on va pouvoir dire que c'est un incident diplomatique, super, on va montrer à ces flics qui c'est le chef, je compte sur toi pour témoigner à la télé" (c'mon french guy, don't puss it out, we'll nail 'em real good)

L'alcool a beau me rendre joyeux et un peu stupide, il n'annihile pas complètement les réflexes de survie les plus élémentaires. Je suis là en échange scolaire pour obtenir mon diplôme, j'ai quelques doutes sur les réactions du staff si jamais j'apparais aux infos en train de soutenir la cause estudiantine. Du coup, je réponds ce que n'importe qui aurait répondu à ma place: honestly, I'd rather nail you ("euh, bof ton idée").

Ok, je pense avec ma bite, mais jusque là elle ne m'a jamais laissée tomber, alors que mon cerveau oui.

Bon, l'idée ne lui plaît pas des masses -surprenant-, elle commence à m'engueuler, quand soudain le mégaphone se remet à beugler.

"Now get out, one at a time, I wanna see your hands !!" (La clé, passe-partout, la clé !)

"Super" qu'elle fait la fille, "on peut sortir sans faire de plan foireux, bon tu te mets devant, t'es grand, comme ça je suis juste derrière toi et je prends des photos de leurs conneries en flashant juste sous ton bras'". Flemme de traduire.

"Euh..." je fais (errrr...)

Quelques secondes plus tard, rendu assez obéissant par des promesses libidineuses, j'ouvre tout grand la porte. Je serre les abdos (à l'époque, j'en avais... riez pas dans le fond) en attendant qu'on me tire dessus, mais rien. J'ai les mains bien en vue, derrière moi la fille se planque et arrose tout le monde de photos. Je vois une scène de film américain: des bagnoles arrêtées en travers de la route, des flics protégés par les portières ouvertes, un gars avec un mégaphone. Gloups.

"Toi, là ! Tu habites dans la maison ?" me demande le cerbère.

Gloups bis. Perdu pour perdu, je force mon accent et ma grammaire, et je me lance.

"I'm french, I study business, I don't know why you shoot, I live in Fisher College"

L'accent a un effet miracle, tout d'un coup les armes s'abaissent. A mon avis et vu la maison, ils ont certainement cru qu'ils avaient fait une boulette et que j'étais un fils d'ambassadeur ou une connerie comme ça. En tout cas, leur ton se radoucit vachement, et ils s'excusent, ils vérifient quand même que je ne suis pas armé  - je ne le suis pas - et je passe avec la fille en bandoulière. On est dehors, youpi, youkaida.

Derrière nous, les gens continuent à sortir et se font interroger. Je suis comme un con, déchiré, à 4h du mat, dans un coin que je ne connais pas. Je ne sais pas où est mon dortoir.

"Pas grave" fait la fille, "on va chez moi" (je vous avais dit qu'il y aurait du cul à un moment).

"Mais, euh, c'était pas ici, chez toi ? j'ai du mal à comprendre, là" balbutié-je alors qu'elle me traîne dans les rues enfumées.

"Sisi mais j'ai une autre piaule, je fais partie d'une sorority, on a un manoir un peu plus loin, j'ai les clés, on se couchera là-bas"

Elle me fait un sourire suggestif, n'empêche qu'un doute me traverse l'esprit.

"Euh... une sorority, c'est pas le machin où il n'y a que des filles ?"
"Si si"
"Et où les mecs n'ont pas le droit de rentrer ?"
"Oui oui"
"Et il y a beaucoup de mecs qui rentrent quand même ?"
"Non, aucun, même les mecs des filles ne peuvent pas venir"
"Ah."
"Il y a des panicbuttons dans l'appart pour appeler les flics, et ils sont impitoyables."
"Ah."
"Mais toi c'est différent, t'es français"
"Oh."

Bon, guidé par mon troisième membre, je me laisse donc entraîner sagement dans la direction de la sorority. C'est de nouveau une baraque qui pue le fric, en plein coeur d'un quartier super chic. Elle tourne la clé, ouvre la porte, puis pousse un juron.

"Merde, l'alarme, je connais pas le code"

Je m'attends à tout moment à entendre les sirènes, mais elle m'explique que seules certaines zones sont protégées. En particulier, le canapé de l'entrée est en terrain atteignable (mais la télé non).

Que vouliez-vous que je fisse et que nous fassiassions ? Enfin arrivé au but, je roule sur la fille et le canapé, et nous nous étreignons avec amour et tendresse (et un taux d'alcoolémie assez élevé). Histoire de hisser bien haut les couleurs de la France, je tente de démontrer tout mon savoir-faire kamasutresque (ça va pas très loin, je suis pas souple). Du coup, dans les affres du bonheur extatique que ma seule présence est capable de produire (autant faire ma pub, hein), on se casse la gueule du canapé.

Et là, c'est le drame.

OINK, OINK, OINK, OINK ! hurlent toutes les alarmes de la maison.

Alors ils ont un système super perfectionné et super débile, les américains, c'est que l'alarme condamne aussi la maison: les fenêtres se bloquent et la porte aussi. C'est super pour empêcher les criminels de s'enfuir, ça l'est certainement moins quand on est victime à l'intérieur. Mais bon, c'est pas le sujet, je pensais pas des masses à ce genre de problème sociologique alors que j'étais à poil par terre dans un no man's land (littéralement) avec des alarmes dans tous les sens et des bruits de pas dans l'escalier.

Dois-je répéter que c'était un truc hyper luxueux ? Toutes les filles qui font irruption dans la pièce doivent au moins porter des sous-vêtements dior, pour celles qui portent quelque chose. Pour la première fois de ma vie, la nudité féminine ne m'excite pas. J'entends des hurlements de terreur partout et, au milieu, Dulcinée qui essaie de faire entendre sa voix.

"He's french, he's french !" elle meugle.

D'un seul coup, l'orage s'apaise. Il n'y a plus que le bruit de l'alarme, qui s'arrête bientôt. J'entends vaguement une fille au téléphone rassurer les flics. Soudain, je ne suis plus un pervers, mais un objet d'étude. Les filles s'approchent (les filles nues s'habillent), et je commence à subir un feu roulant de question (ainsi que la dulcinée). Ca dure presque une heure, puis tous les regards se tournent vers moi, et là...

Et là j'aurais bien aimé couper la note ici pour vous faire baver mais non, c'est beaucoup moins glamour. Comme il devait être 6-7h du mat, on me prie poliment de sortir et de rejoindre mon dortoir, parce que bon c'est vrai que c'est marrant un français mais faut pas déconner, on en a guillottiné pour moins que ça, non mais sans dec !

Je me retrouve donc à la rue au matin avec mes vêtements n'importe comment, une gueule de bois monumentale, et des filles gloussant derrière les remparts utérins d'une forteresse féminine.

Wala wala, c'était donc la nuit du Batracien aux US.

Ca vous a plu ?

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Published by Batracien - dans batracien
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commentaires

futureheal3r 13/09/2007 21:56

Fiouuu ... entrepris de lire le blog par le début et ce n'est pas peu dire qu'il y a matière à lire ... cette histoire de ta vie estudiantine aux états unis est tout simplement énorme , on dirait un film ^^Ouis je commentes des noites qui ont plus d'un an et demi d'ancienneté et alors? pas de ma faute si je ne découvre cette perle que maintenant.Merci pour ces passionantes lectures :)

Johanna 17/02/2006 13:33

avec superfrog, il faut comprendre "un truc à troyes"...

xXx 17/02/2006 13:22

ouais...t'avais pas parlé de truc a 3???!!!

SailorMoon 17/02/2006 13:09

Et c'est tout ?Voilà ce que c'est que de nous avoir habitué à lire du croustillant de chez croustillant : On devient  difficiles ! :-)

M_Tortue (aka Maître Capello) 17/02/2006 12:33

Euh ... vaillant lecteur depuis le début de l'aventure sur l'ancêtre "haut et fort", je me permets, Batracien, de t'indiquer que le "taux d'alcoolémie" demeure un affreux pléonasme : "alcoolémie" signifiant "taux d'alcool dans le sang" (http://fr.wikipedia.org/wiki/Alcoolémie). CQFD.
En tout cas, JE ME MARRE ... Peace ;)

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