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29 mai 2008 4 29 /05 /mai /2008 13:32
Ouais.

Je suis en gare de Metz.

Je m'emmerde.

Deux heures d'attente pour mon train.

Donc voilà, vous ne l'avez pas demandé, vous vous en foutiez, mais comme j'avais du temps à passer, je vous ai pondu de nouveau une tentative littéraire.

En espérant que ça vous plaise (sinon je vous chatouille les doigts de pied jusqu'à la 4e génération - ou plus prosaïquement j'ignore votre avis avec superbe et modestie).




Lorsque j’ouvre les yeux pour me découvrir affalé dans une poubelle crasseuse du 15e arrondissement, une douleur sourde au niveau des tempes, un goût métallique sur les lèvres, l’impression d’avoir les os brisés, je me dis que quelque chose ne tourne pas rond.


Bien sûr, ce n’est pas la première fois que je bois un peu trop et que je termine dans un coin à repeindre lamentablement la chaussée. Je ne compte pas les soirées qui m’ont vu revenir en taxi, 2g d’alcool dans chaque bras, à comater sur la banquette arrière jusqu’à ce qu’on m’en sorte de force.

Mais les poubelles, c’est une première, bravo l’artiste. Au vu de la souffrance que je ressens dans tous mes membres, j’espère que ce sera également une dernière. 

Je m’extirpe péniblement de l’amas de déchets pour tenter de me tenir debout et d’épousseter mon costume. Une pelure de pomme colle à une de mes manches, je l’enlève en soupirant. Il y a également un morceau de journal à moitié incrusté sur ma joue, et...

Du sang ?


Je fixe sans comprendre les quelques tâches ocres sur ma veste gris clair, et la traînée rougeâtre le long de ma chemise. Soudain inquiet, je porte ma main à ma tête – elle redescend poisseuse.


Je me suis blessé ? Mais…


Tout me revient alors, avec la clarté aveuglante de la lumière de l’aube un lendemain de cuite.


Le bar miteux pas loin d’ici. Les discussions avec les amis, les quelques shots de vodkas enfilés avec la force de l’habitude. La bise au patron avant de partir, je le connais bien, ça devient un père pour moi.


Et puis ces deux gars qui m’attrapent à la sortie, une tête de plus que moi, deux fois mes épaules. Et je ne suis pas un gringalet. Ils me demandent poliment du feu, je ne me méfie pas, je fouille mes poches à la recherche d’un briquet.


C’est là qu’ils commencent à me frapper. Lentement, méthodiquement, professionnellement.  Je me souviens avec satisfaction du coup de pied que j’ai réussi à donner à l’un d’entre eux, en plein dans les valseuses, et du grognement sourd que cela a provoqué. Mais ensuite, un coup en plein visage, et le trou noir.


Avec les souvenirs reviennent la douleur. Je passe ma langue sur mes dents pour vérifier qu’aucune n’est déchaussée. De nouveau ce goût métallique – j’ai du sang dans la bouche. Je crache par terre et ma salive ressort pourpre. Saloperie.


Lorsqu’on sort en boîte tous les soirs, qu’on rentre seul la plupart du temps, ce sont des choses qui arrivent. Je suis toujours passé à côté des gouttes jusqu’à maintenant, il fallait bien que ma chance tourne. Simplement, j’ai toujours pensé que je pourrais discuter avant, et que mes relations et ma gouaille me permettraient de m’en sortir sans douleur. Mais ces mecs-là ne m’ont même pas laissé ouvrir la bouche avant de me tabasser. Il n’y a plus de politesse, même chez les braqueurs.


Et maintenant, il va me falloir trouver un commissariat pour faire une déclaration d’agression et de vol. Un dimanche foutu en l’air, c’est presque plus désagréable que la perte de mon portefeuille.


Un regard machinal vers ma montre. 5h du matin.


Un second regard. Ils ne l’ont pas volée ? C’est pourtant une Armani. N’importe quelle petite frappe s’en emparerait sans hésiter. Pris d’un doute subit, je fouille mes poches.


Mon portefeuille est là, à sa place, et mon argent avec Plus de quatre cent euros en billets de cinquante et de vingt, ce que j’avais prévu pour continuer la nuit dans ces boîtes où la bouteille vous coûte un bras. Ces enflures ne m’ont rien volé, elles ne m’ont même pas fouillé.


Je me redresse, je m’étire. Qu’est-ce que c’est que ce bordel ?


De la violence gratuite ? Possible, mais des petits cons en mal de sensation m’auraient quand même dépouillé, tant qu’à faire.


Alors quoi ? Un message ? Je fronce les sourcils. A une époque, ça aurait pu être la marque de fabrique d’un gars jaloux qui aurait appris que sa copine couchait avec moi. A force de rendre cocu le tout-Paris, on doit s’attendre à des retours de bâton.


Mais non, là encore, l’hypothèse ne tient pas. Ca doit bien faire six mois que je suis rangé, en couple, heureux, fidèle. Je ne regarde même plus les filles des bars – et je n’offre plus de verres, ça a clairement amélioré l’état de mes finances. Je veux bien que la vengeance soit un plat qui se mange froid, mais après six mois ça commencerait quand même à manquer de finesse. Et si c’était une vengeance, j’aurais eu droit à un message. « Touche encore à ma copine et je te coupe la bite », ce genre de joyeusetés.


Là, rien.


Et ces gars étaient clairement des pros.


Il n’y a donc qu’une seule explication logique : tout ça a un rapport avec mon couple actuel.


Je le savais. Je le savais. Dès que je l’ai vue, je le savais.


Dans quelle merde est-ce que je me suis encore fourré ?







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Published by Batracien
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commentaires

MS 01/06/2008 12:08

Ah, tiens, tu étais à Metz ? Dommage, que je n'ai pas su avant, ç'aurait été l' occasion pour toi de rencontrer encore une fois une de tes fidèles lectrices (enfin....fidèle si j'avais le temps de TOUT lire !!)

missy_cat53 31/05/2008 21:02

La suite! Bon diou! ...dis moi ça donne l'impression de vécu. Mais bon merde malgré tout t'as du talent. A quand la suite. un bouquin?Non trop d'emmerdes...Tu penses?

Isa 30/05/2008 16:16

Dis-moi Grenouille, en étant toujours sur les routes comme tu le fais, ne serais-tu pas commmercial de profession?

Lovely 30/05/2008 16:07

Suis partagée, j'avoue :D Quoi qu'il en soit ce n'est qu'une ébauche I suppose, donc j'attendrais de voir la suite pour donner mon avis.P.S : C'est plutôt entre le gouttes qu'à côté non ?

Grenouille 30/05/2008 11:53

La clarté aveuglante de l'aube, c'était ironique (qui n'a jamais été réveillé par un rayon de soleil 1h après s'être couché me jette la première pierre :D).Ah la la, ça ne fait pas l'unanimité, je vais me jeter dans la Seine pour compenser (ou la Moselle, ça dépendra du jour).

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