Lundi 16 octobre 2006 1 16 /10 /Oct /2006 09:49

Si je fais le bilan des deux dernières années, je crois avoir parlé vaguement de toute personne avec qui je suis resté plus d'une ou deux semaines. Sauf une.

C'est un peu triste en fait de tout raconter aujourd'hui, ça me casse le moral, du coup il ne me restera plus rien pour les jours pluvieux qui s'annoncent au bord du lac majeur. Ah la la, tempus fugit et Pizza Regina.

Pour cette histoire-ci, il va falloir revenir deux ans en arrière, presque au jour près. Tout cela se passe en effet durant la Nuit Blanche 2004 donc, d'une certaine manière, grâce à Delanoë. Du coup c'était pas très gentil de le poignarder, il a quand même contribué à faire se rencontrer des couples. Même hétéros.

Je replace un peu le contexte et je reprends l'histoire là où je l'avais laissée (à savoir ici) avec l'anorexique. 

Je romps au matin, ça se termine dans le sang et les larmes, je pars au boulot vaguement honteux... et justement, le lendemain, exactement de quoi me changer les idées: la Nuit Blanche. Voilà une manière bien sympa de ne pas ressentir de culpabilité, bouger un peu ne me ferait pas de mal.

Histoire de terminer avec les éléments de background, je vous rappelle que je m'étais séparé de la Pinkette le mois d'avant et que je la regrettais énormément. C'est donc tout naturellement que je décroche mon téléphone et que je l'appelle pour lui proposer de se promener dans Paris avec moi pour l'événement.

Au téléphone, elle hésite. En même temps, c'est plutôt logique, elle est censée être en couple avec l'autre enfoiré, maintenant. J'insiste, je cajole, je murmure, je persuade, j'onctue, et elle finit par accepter (ah, les filles, toutes des salopes, et son mec alors, hein, hein ?).

Le jour arrive, je me fais beau comme un dieu et je me prépare à partir dans les jardins de Châtelet où un concert très années 80 est organisé, avec des slows et diverses animations. Ouais, c'est difficile de faire plus kitsch mais j'aime bien le kitsch. Ca tombait donc plutôt pas mal.

Pinkette devait me rejoindre vers 21h mais évidemment, comme toujours avec elle, les choses ne se passent pas comme prévu. Je reçois un texto de sa part à 21h05 qui dit en substance "Je ne viendrai pas. Tournons la page. Sorry".

Hmpf.

Déjà, je trouve ça dommage. Ensuite, je trouve ça un peu cruel d'attendre l'heure du rendez-vous (donc le moment où je suis déjà sur place à attendre dans le froid) pour refuser mes avances. Enfin bon, en même temps, je m'y attendais un peu. Tant pis pour moi.

Je sors mon portable et j'appelle quelques amis pour voir s'il y a moyen de se raccrocher à un plan de rechange. Ca tombe bien, un groupe n'est pas trop loin et va venir dans une heure sur place. Je décide de les attendre et de profiter un peu du concert quand même.

Il y a pas mal de monde. Des dizaines de couples qui dansent joue contre joue et qui tourbillonnent dans la nuit. Sur la scène, l'orchestre entame doucement With or Without you et de la neige artificielle se met à tomber. L'effet est saisissant.

Je regarde autour de moi tous ces gens heureux qui ont l'air tellement bien ensemble. La musique résonne étrangement dans l'air surchauffé. Les lampadaires se sont tous éteints et, pour la première fois à Paris, on peut voir les étoiles.

Un flocon a dû me toucher la joue car quelque chose d'humide coule sur mon visage.

(A suivre, comme on dit)

Par Batracien - Publié dans : batracien
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