Un blog qui parle de sexe, d'amour, de sexe, de sentiments, de sexe, de rencontres, de sexe, de tendresse, de sexe, de douceur, de sexe, de fraîcheur, de sexe, de complicité, de sexe. En gros.
Hier (enfin avant-hier, mais j'essaie de montrer que je ne suis pas si à la ramasse que ça dans mes articles), j'ai appris qu'une amie s'était faite engueuler par sa famille pour le contenu de son blog.
Ils sont tombés dessus par hasard, et comme forcément ça causait cul, ce fut le drame. Parce qu'une fille qui parle cul, c'est mal. Ma fille, tu seras nonne ou épouse modèle ou business woman, mais jamais au grand jamais tu ne parleras de sexe en public.
C'est quand même marrant, sur le principe. Ca va faire deux ans (en comptant l'autre blog) que je raconte mes histoires au fil des pages. Globalement, ça a beau être enrobé comme un bonbon à la menthe qui vous dégage le nez avec sensualité, ça reste des histoires de cul, d'amour, de relations, de plans d'un soir ou plus.
Faites le calcul du nombre de personnes abordées dans ces derniers mois, par exemple.
Et pourtant, je n'ai presque jamais eu un commentaire négatif sur les sujets que j'abordais. Lorsque c'était le cas, ça restait toujours civil, du genre "ouais non mais tu sais c'est pas bien de faire des choses comme ça tu sais, car les filles ont des sentiments aussi et qui trop embrasse prend mal le train".
Bref, personne ne m'a jamais réellement critiqué ou condamné pour ce que j'écrivais. Normal, non ? Parce que je suis un mec, et que c'est logique pour un mec d'enchaîner des plans foireux et des coups sans lendemain.
Par contre, dès qu'il s'agit d'une fille, c'est la levée de boucliers.
Vous avez déjà lu des blogs féminins qui assument leur sexualité et/ou leurs histoires amoureuses ? Vous avez déjà remarqué que, très rapidement, les piranhas se rassemblent ? Attirés par l'odeur de la cyprine et des effluves sanguines (oui, bon, non, je ne parle pas du sang impur qui abreuve parfois votre sillon), ils s'approchent pour venir frapper, déchirer, critiquer, observer.
Et là, pas forcément de critique constructive. Ca frappe bas, ça frappe violemment, ça critique le style, l'intelligence, la vie, les choix, la consistance, le désir. Une fille qui a des désirs, c'est forcément indécent. Et si elle en parle sur son blog - en plus ! - c'est forcément une déséquilibrée. Grâce soit rendue à tous ces frustrés du dimanche qui râlent contre les filles qui ont eu plus d'une histoire dans leur vie, qui se sont séparées de leur mec, qui ont trouvé un mâle en soirée ou qui ont couché avec quelqu'un par meetic/blog/forum interposé.
Ouais, j'ai l'impression de prêcher comme une vielle loque, mais c'est vrai que ça me crispe de voir qu'encore aujourd'hui, et parmi une population quand même vaguement éduquée (vous êtes capables de lire, merde, quoi), il y ait encore ces doubles standards.
Une fille qui assume sa sexualité, c'est beau comme un emballage de gâteau en papier d'alu sous la lumière du matin pâle, alors que la rosée de l'aube vient délicatement nimber ses contours d'un halo translucide de sensualité trouble.
Sur cette forte pensée, je vous abandonne pour aller me bourrer la gueule.
Comme j'ai une conscience politique qui déchire sa race dans un cabas de ménagère de moins de cinquante ans, je vous laisse la vidéo du concert mythique des Béruriers, des fois que.