Je ne sais pas s'il y a des gens superstitieux parmi vous, du genre à se planquer sous leur couette lorsqu'un vendredi 13 approche, ou au contraire à cocher frénétiquement les cases d'une grille d'euromillions parce qu'on ne sait jamais, hein, des fois que (au passage, bien joué de la part des jeux de hasard d'avoir transformé une date funeste en porte-bonheur, je respecte l'effort marketing).
En tout cas, de mon côté, je pense que je ne mettrai plus le pied dehors les mardis 18.
Je dirais bien tous les mardis, ça me permettrait de faire des grasses mats sympas, mais je ne suis pas sûr que tout le monde apprécie donc on se contentera des 18. Parce que là ça ne va plus aller, quand même. A croire que de temps en temps on remet les compteurs à zéro et que le destin se dit "bon, celui-là il est en bonne santé, un bon boulot, une arlésienne (presque) glamour, va falloir faire quelque chose ou il va prendre la grosse tête".
J'ai un peu envie de dire que je l'ai déjà, la grosse tête, et qu'en conséquence ça serait pas mal de ne pas s'en prendre exclusivement à moi pour se défouler. Là, j'ai eu la totale.
Ca commence par le réveil à 6h du mat pour me taper 300 bornes, tête dans le cul, rien le temps de manger, ça fait deux jours que je ne dors pas, dur dur.
Ca continue par ce policier qui décide de me verbaliser abusivement parce que je téléphonais au volant. Ok, je suis dans mon tort, ok, c'est dangereux, bon, est-ce vraiment une raison pour perdre 2 points et 22 €, hein ? Amende ridicule et coup de massue sur le permis, j'aurais préféré le contraire.
Ca enclenche la vitesse supérieure grâce à cet accident qui bloque les voies entre Tours et Angoulême (oui, toujours à la pointe de la hype le Grenouille) qui me fait perdre toute mon avance et ne me laisse pas le temps de bouffer pour enchaîner sur une réunion à 14h.
Ca enchaîne avec mon nouveau commercial qui se démerde comme une brêle sur ses rendez-vous de la journée et qui tue dans l'oeuf, sous mes yeux hallucinés; une possibilité de contrat qui lui aurait assuré (et donc à moi par la même occasion) une retraite dorée sous les cocotiers suisses.
Ca s'encombre avec le debriefing de la journée avec ledit commercial, qui ne comprend pas ce qu'il a fait de mal, et que je mets deux heures à recadrer - ce qui veut dire qu'il est 19h30, que je suis à 500 bornes de chez moi, que je ne suis donc pas couché.
Ca se goutte-d'eau-qui-fait-déborder-le-vasise lorsque je roule sur un morceau de bois clouté abandonné en pleine autoroute et que je manque m'emplafonner la voiture de devant (qui a roulé dessus idem) en partant en tête à queue. Résultat des courses: un pneu crevé pour moi, deux pneus pour eux. Game over, ils appellent une dépanneuse pendant que je tombe la veste pour changer ma roue en pleine bande d'arrêt d'urgence, sur le mauvais côté (pneu avant gauche), sans triangle de signalisation ni habits luminescents, dans l'obscurité, avec des camions qui vrombissent à 3mm de moi.
Résultat des courses, je suis encore en vie. Mais j'ai un De Fursac niqué, j'attaque le cambouis de mes mains à la pierre ponce, je n'ai plus de roue de secours, j'ai perdu des points et du fric, je n'ai rien mangé de la journée et mon nouveau commercial est un cas social.
J'aime les mardis 18.