Parfois, je pense que les filles sont plus évoluées que nous - mais seulement parfois, hein, ne vous emballez pas.
Pourquoi ? Parce que mine de rien, elles ont accès à tout un univers auquel nous ne pensons même pas: celui des nuances de couleur et de saveur.
Vous allez me dire: quel intérêt ? Et je vais vous répondre: aucun. C'est bien un truc de filles, ça, d'ailleurs, de briller dans un domaine qui ne sert à rien.
Nous, on voit un t-shirt, on dit qu'il est blanc, ou noir, ou vert, ou bleu, ou rose. Elles, elles vont aller chercher la petite bête pour nous faire remarquer que c'est crème, ou anthracite, ou émeraude, ou azuléen, ou parme.
Le parme, qu'on se le dise une fois pour toutes, c'est pas une couleur, c'est une garniture de pizza.
Pourquoi est-ce que je vous parle de tout ça ? Parce que ce genre de sophistication (j'utilise le mot sophistication mais en vrai je me gausse, ha ha ha, ça y est je me suis gaussé) se retrouve également dans la nourriture que nos amies les filles ingèrent quotidiennement - pour continuer à bien rentrer dans leur jean azuléen.
Ce qui veut dire qu'on peut se retrouver, sur un malentendu et en croyant boire du jus de pomme tout con, à finir les stocks de jus de goyave ou de cocktail multivitaminé à la papaye qui hantaient le frigo. Ca surprend, sur le coup. C'est pas que c'est mauvais, en même temps, mais bon faut s'y attendre au goût de la goyave de bon matin. On se sent un peu aventurier de Koh-Lanta mais sans l'iguane.
Ceci dit, après quelques années de pratique de nos amies les femmes, les hommes commencent à se méfier et à adopter des réflexes de survie. Ils regardent avec attention la composition des boissons qu'on leur propose, ils se méfient des yaourts et ils apprennent même un ou deux mots compliqués (genre marouflage ou céruléen) pour briller en société.
Mais parfois, cette intense préparation ne suffit pas. Parfois, c'est Dien Bien Phu, sans la cuvette mais avec le napalm. Parfois, votre copine vous propose des macarons alors que vous adorez ça*.
L'écume aux lèvres, les babines pourléchées de frais, vous vous approchez de la boîte avec dans les yeux toute la gratitude du monde, genre elle est quand même vachement bien l'Arlésienne, elle a pas qu'un beau cul, elle a aussi de beaux macarons.
Vous en mettez un au hasard dans votre bouche.
Et comme elle vous connaît bien, c'est à ce moment qu'elle énumère les parfums disponibles.
- rose
- thé vert
- huile de je-sais-plus-quoi
- châtaigne et marron
- extrait d'essence de romarin**
Hum.
Il n'y a pas un peu de jus de goyave pour faire passer ça ?
PS: Je ne peux m'empêcher de vous faire part de la blague débile qui m'a fait rire comme un con toute la matinée (oui, je suis bon public).
Moi: Merde, c'est quoi encore la préfecture de la Lorraine ?
Elle: C'est pas Quiche ?
Voilà.
* Ca y est, vous voyez enfin le rapport avec le titre ?
** En fait c'était pas vraiment ça le parfum mais on appelle ça une licence poétique***
*** Ou alors j'ai oublié