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Hop, je viens de passer un moment très sympathique en métro à sourire à une fille court vêtue malgré le froid parisien. Et ça m'a rappelé un souvenir débile, un acte manqué, le genre de choses qui n'arrive qu'au moment où on ne peut pas réagir.
Posons la scène.
Je sors d'un réveillon de nouvel an où j'avais trouvé une copine. Nous avions passé la nuit du 1er ensemble, et je me dirigeais donc, la tête pleine de rêves (oui, je peux être romantique, merde) pour prendre le métro et me rendre au boulot le 2. Comme la nuit avait un peu débordé, il devait etre 10h30 et le métro était presque vide.
En face de moi, sur les strapontins, une très jolie jeune fille, visiblement touriste, visiblement asiatique, visiblement seule, visiblement décidée à combler ce manque. Je la regarde, elle me sourit. Je continue à la regarder, son sourire s'agrandit. Je détourne les yeux, elle se marre. Je la re-regarde, elle hausse un sourcil et croise/décroise les jambes à la Basic Instinct. Je hausse un sourcil pour montrer que je peux le faire aussi. Elle me tire la langue.
Bon. C'est très sympa, les touristes asiatiques sensuelles et motivées en face de soi le matin. Mais bon, sauter (sur) une parfaite inconnue alors qu'on vient de rencontrer l'amour de sa vie au nouvel an, ça le fait moyen. Je mime donc une tristesse intense et détourne le regard en maudissant le destin.
C'est vrai, quoi. Pourquoi est-ce que ce genre de choses ne pouvait pas m'arriver la veille (ceux qui répondront parce que c'était le 1er janvier et que personne ne bosse ont le droit de sortir) ?
La jeune fille ne se décourage pas pour autant. Visiblement, le tourisme en France inclut le test de compatibilité sexuelle. Elle sort un plan de métro de sa poche, puis va s'asseoir à côté de moi en baragouinant des trucs bizarres en japonais. Ca ressemblait un peu à "agadoudoudou pouslabanann émoulkawa". Et elle me fourre son plan et ses seins sous le nez. Puis elle pose sa main sur ma jambe.
Vif comme un lutteur moldo-slovaque, je me tortille pour échapper à son étreinte, lui adresse un grand sourire et me glisse entre les portes qui se referment pour quitter le wagon.
Et je reste donc seul sur le quai d'une gare qui n'est évidemment pas la mienne, un plan de métro à la main, à me dire que je suis parfois très, très con.