Quelque part, je trouve que j'ai certains points communs avec Mickael Jackson.
Non, pas la couleur de peau (quoique je me trouve bien blafard en ce moment). Ni l'aptitude au déhanché sur les dancefloors (quoique la vodka aide parfois). Mais...
Mais hier matin, je prenais de nouveau le train à une heure indue pour aller à un rendez-vous client. Ouais, je sais que je vous parle souvent d'histoires et de rencontres ferroviaires mais c'est aussi dû à la fréquence des trajets. Vous passez vos journées dans vos bureaux, moi dans le train. Vous draguez votre assistante qui vous apporte le café en minijupe, moi pas (elle est moche, vieille et pantalonnée).
Bref. Ca faisait un moment qu'il ne s'était pas passé grand chose, les débuts de semaine sont un peu pauvres en soirées, il était donc temps d'agir.
Dans mon compartiment, en face de moi, une très jolie fille absorbée dans un bouquin.
Cheveux longs ? Check !
Minceur ? Check !
Frangitude ? Check !
Pouffitude ? Check !
Jeunesse ? Check !
Beaux yeux ? Check !
Accroupie ? Oui, bon, faut pas non plus trop espérer.
Je lis, elle lit, nos regards se croisent, elle sourit, je souris, je lis, elle lit, nos regards se croisent, je souris, elle sourit, qu'est-ce que c'est beau ces premiers contacts qui font perler la rosée du matin au pinnacle de la virilité érigée en phénomène de société.
Hum.
On engage la conversation gentiment et poliment. Faut dire que c'est chiant, les voyages en train, donc quand on a une gravure de mode en face, il faut en profiter. Elle m'explique qu'elle est esthéticienne. Bon, personne n'est parfait, je suis sûr qu'il y en a des très biens, c'est pas parce que certains dans la blogosphère ont quelque chose à dire dessus (mwhahaha) qu'il n'y a pas un potentiel érotique certain en nuisette. Ou une conversation intéressante.
On parle, on parle, elle m'explique qu'elle essaie également de percer comme mannequin (ah, ça explique donc la pouffitude et la frangitude) mais que c'est un milieu impitoyable, tu vois. Comme j'ai la 3G, elle en profite pour me montrer son book sur internet et effectivement, c'est un peu la classe.
Et puis le train arrive en gare, elle propose de rester en contact. Comme je suis quelqu'un de poli et de généreux, j'accepte.
C'est là que tout s'effondre.
"Bon, le mois qui vient je ne suis pas très dispo, j'ai des examens blancs" qu'elle fait.
"Ah, tu es toujours en étude d'esthéticienne ? Je croyais que tu bossais déjà" que je réponds, avec tout d'un coup une sourde inquiétude qui me serre le coeur.
Et là elle hausse un sourcil.
"Ah non non, je suis en première, là, l'année prochaine je passe mon bac pro".
Bon. Ben j'ai donc jeté le numéro, qui tel les sanglots longs des violons de l'automne est allé se ramasser à la pelle sur les feuilles mortes de la gare de triage.