Un blog qui parle de sexe, d'amour, de sexe, de sentiments, de sexe, de rencontres, de sexe, de tendresse, de sexe, de douceur, de sexe, de fraîcheur, de sexe, de complicité, de sexe. En gros.
Quelque chose est en train de se passer, une transformation inquiétante, perturbante, stupéfiante, enferdedante, sans même que les nuits de pleine lune y soient pour quelque chose.
Petit à petit et lentement, je deviens un homme, un vrai. Prévenez-moi d'ailleurs quand la puberté arrivera, il paraît que c'est amusant.
Mais sérieusement. Ce soir, c'était la troisième fois (oui oui, troisième) de la semaine que j'allais au sport. Et comme je n'avais rien à foutre tout en bossant les pectoraux-de-la-deuxième-à-droite et les triceps-du-muscle-qui-fait-glou, j'ai regardé le match sur les écrans géants de la salle.
Eh oui, le match. Lyon contre un club anglais, Manchester je crois, Liverpool si je me plante. C'est pas comme si ça m'intéressait vraiment. Mais j'ai REGARDE. Moi. Le foot.
Ce n'est pas tout ! L'entraînement fini, moi aussi je suis passé à la douche, douches collectives évidemment, en me grattant les couilles et en bombant le torse.
Et si seulement ça s'arrêtait là... mais il y a des signes encore plus alarmants. Par exemple, je commence à me rendre compte que j'ai des poils. Moi qui me suis toujours cru raisonnablement glabre et qui utilisait ça comme argument marketing ("bonsoir, je n'ai pas de poils, on couche ensemble ?"), j'avais prêté une oreille distraite à certaines ex qui me disaient que si, en fait, j'étais un peu poilu. Artistiquement poilu, hein, genre chapelle sixtine de la pilosité, mais poilu quand même.
Et force est de constater qu'elles ont raison. J'ai des poils. Merde. On notera que "bonsoir, j'ai des poils, on couche ensemble ?" est un peu moins vendeur. Ca fait ado prépubère qui se vante de sa première coupure de rasoir.
MAIS si ce n'était que ça, tout irait encore pour le mieux dans le meilleur des mondes. Mais la métamorphose est bien plus profonde ! Par exemple, hier, j'ai changé une roue.
Oui. Moi. Une roue. Et je n'ai presque pas merdé. Sérieux, d'où est-ce que je sais faire ça ? Bientôt je vais me mettre au bricolage, à la tonte de pelouse et au débouchage de chiottes. Ca ne va plus du tout, là, ça ne va plus du tout. La pente savonneuse est sablonneuse, comme ils disent au Sahel pour se consoler de ne pas avoir d'eau.
Poilu, footeux, courbaturé, bricoleur... me reste plus qu'à ne plus rappeler les filles avec qui je couche et je deviendrai enfin un mec, un vrai.
La seule chose qui me console, c'est que je commande encore de la Smirnoff Ice ou des cocktails genre Sex on the beach dans les restaus, et que les regards incrédules des serveurs le disent bien: il me reste un côté girly.
Ouf.