Pas celui de Barbie, hein (ou alors Klaus, éventuellement).
Non, je vous parle du survivant de l'enfer, celui qui toujous croise le fer, dans le chaos des esprits, contre les fous les bandits. Celui qu'on regardait quand on était petits, avec ses cicatrices sur le torse et ses techniques du Hokuto de cuisine et du Nanto de vison (à l'époque, on ne comprenait pas les blagues, mais on aimait bien le sang qui giclait).
Bref.
Ces deux derniers jours, j'ai connu l'enfer sur terre. Et l'enfer s'appelle Charleville-Mezieres (en plus ça rime, notez la classe).
Pour ceux qui ne connaissent pas cette charmante bourgade, elle est située dans les Ardennes. Qu'est-ce que j'allais foutre dans les Ardennes, me demandez-vous ? Bonne question, j'allais remplacer au pied levé un de mes commerciaux qui est tombé malade en début de semaine. Et vu ce que j'ai subi, j'espère bien qu'il avait la peste bubonique et sidéennement cancéreuse. Parce que merde, quoi, on ne déserte pas son poste quand on sait que c'est moi qui vais devoir assurer l'interim de ses rendez-vous et que boum, cambrousse.
Tel un con de Parisien, j'aime pas Charleville-Mezieres. C'est moche, c'est petit, il pleut, il y a du vent, les hôtels trois étoiles y valent l'ibis du coin, on ne sait pas où commence la zone industrielle et où finit la ville, c'est moche (ah je l'ai déjà dit), les gens ont des têtes bizarres et ya pas de Smirnoff Ice.
Le drame, quoi. Sans même parler des éclairs qui viennent zébrer le ciel empourpré des nuées d'orage pour offrir la symphonie des éléments perturbés à l'observateur trempouillé (moi). Et d'ailleurs, ça ne s'invente pas, ils m'ont mis dans la chambre numéro 13. Alors que Charleville-Mezieres est le paradis des tueurs en série, ils l'ont dit à la radio, c'est le procès de l'ogre des Ardennes et tout. Déjà j'entends la clé tourner dans la serrure, le bruit râpeux des pas sur le parquet, le couteau qui se lève, le sang qui gicle, je suis mort mais je ne le sais pas encore... tout ça ne nous ramènera pas Ken le survivant.
Cependant, cependant, il y a quand même quelque chose que je ne peux qu'admirer ici.
Au Leclerc du coin, voyant que je n'avais qu'un seul article dans les mains, une mère de famille avec dix mille paquets a insisté pour que je passe devant elle.
A l'hôtel, la réceptionniste a fait des pieds et des mains pour m'obtenir le wifi alors qu'elle ne savait pas comment faire et qu'elle a dû se taper la notice avec moi.
Sur le bord de la route, on m'a donné des directions en souriant et en me souhaitant bonne chance.
Au Kebab du coin (oui, je mange classe, je ne coute pas cher en note de frais à ma boîte), on m'a fait une salade sur mesure avec des dés de cantal, de l'amour et de la tendresse.
Au bar de l'hôtel, on n'avait certes pas de Smirnoff mais on m'a offert une lampée de l'elixir local gratuitement pour me réveiller.
Alors ok, Charleville Mezieres, c'est moche et ça pue. Mais ses habitants ont dans le coeur le soleil qui blablabla. Et ça méritait d'être dit, des fois que je me prenne des critiques comme certaines à cause de la Tranche sur Mer.
(Mais sortez-moi de làààààààààààààààààààààààààààààààààà)