Un blog qui parle de sexe, d'amour, de sexe, de sentiments, de sexe, de rencontres, de sexe, de tendresse, de sexe, de douceur, de sexe, de fraîcheur, de sexe, de complicité, de sexe. En gros.
Aujourd'hui, il est temps de vous annoncer un secret honteux.
La portée de la révélation que je vais vous faire risque de vous perturber fortement et de vous faire perdre la foi dans ce blog et dans les relations humaines en général. Peut-être certains se détourneront-ils du parfum de soufre qui planera soudain dans l'atmosphère et quitteront définitivement ce blog. Peut-être ceux-là auront-ils fait le bon choix et pourront-ils encore sauver leur âme.
Car, voyez-vous, il m'arrive de faire du jeu de rôle.
(Bon, que tous ceux qui pensaient que j'allais annoncer que j'étais transsexuel népalais et tueur en série sortent en silence par la petite porte).
Le jeu de rôles, c'est quoi ? C'est se réunir avec des amis pour lancer quelques dés en jouant le rôle de preux chevaliers, d'intrépides aventuriers, de rusés roublards ou de puissants magiciens. C'est grand, c'est beau, c'est fort. Et généralement, c'est un passe-temps assez masculin.
Or donc, le destin farceur m'avait planifié une partie de jeu de rôle samedi dernier, alors que Dulcinée venait passer quelques jours à l'appart (je vous merde tous finalement avec les surnoms, y compris ladite Dulcinée qui a refusé de se faire appeler comme ça, mais il n'empêche que je m'y retrouve mieux et vous aussi donc voilà, na. Désormais, Dulcinée, c'est elle. La blonde. La magnifique. Dulcinée, quoi).
Comme je suis quelqu'un de galant, je me suis dit que j'allais annuler la partie. Comme ma galanterie a des limites, j'ai réfléchi et je me suis dit que non, ce serait plus sympa de lui proposer de venir.
Et Dulcinée, qui est gentille comme le coeur dont ses fesses ont la forme, a dit oui.
Fatale erreur !
Les choses ont commencé à se gâter dès que nous avons posé le pied hors de l'appart. Il pleuvait à seaux sur Paris ce samedi. Des trombes d'eau qui malmenaient le pauvre parapluie et l'empêchait de nous protéger convenablement. Du coup, on est arrivés complètement trempés. Les chaussures de simili-dain en simili-vert de Dulcinée ont glouglouté de protestation tout le trajet. Mais là n'était que le début de ses souffrances ! Car le pire arrivait.
Bon, elle a eu de la chance, les gens avec lesquels je fais du jeu de rôle sont très présentables. Ni gros, ni plein de boutons, ni affublés de grosses lunettes rondes, ils feraient presque illusion dans un contexte de soirée hype. A peine était-elle installée qu'on lui tendait une fiche de personnage à compléter et qu'on commençait à lui parler en termes ésotériques.
"Bon, là ton palouf, tu vois son bab est de 2 donc il peut faire pas mal de cac sans trop se rendre ridicule, mais on va compter sur toi pour heal aussi vu que notre prêtre est HS. On compte vraiment sur toi, hein, on en a marre de wiper. Et n'oublie pas de detect evil de temps en temps si jamais on foire nos jets de spot."
Pauvre Dulcinée, perdue dans un monde cruel dont elle ne connaissait pas les codes. Réalisant l'étendue de son désarroi, je me suis comporté comme tout gentleman l'aurait fait et j'ai ricané fourbement.
L'après-midi s'est transformé en soirée. Nous avons occis des méchants par dizaines. Nous avons sauvé la veuve et l'orphelin. Nous avons aidé un village à survivre contre les éléments déchaînés. Nous avons administré des baffes à des dizaines d'innocents et de moins innocents.
Malheureusement, au final, le verdict fut sans appel. Malgré l'ambiance sympa, les dés brillants qui allaient bien avec sa chevelure et les terribles périls que nous avons affrontés, le jeu de rôle n'est pas la tasse de thé de Dulcinée. Ca m'aurait surpris, en même temps. Aimer le JdR, c'est comme le foot, c'est rarement féminin. Et puis bon, faut bien qu'elle ait un ou deux défauts sinon ça ne serait pas drôle.
A part ça, on a passé le week-end à me faire découvrir la série 24. Ce qui prouve bien que quand on met ensemble deux people aussi glamours que nous, on ne peut faire que des trucs glamours.