Un blog qui parle de sexe, d'amour, de sexe, de sentiments, de sexe, de rencontres, de sexe, de tendresse, de sexe, de douceur, de sexe, de fraîcheur, de sexe, de complicité, de sexe. En gros.
Il y a des gens qui n'ont jamais de chance dans la vie, et des gens à qui tout semble sourire. Généralement, je me considère dans la seconde catégorie pour tout ce qui est important. Mais histoire de bien me le faire payer (cf note ultra-pertinente d'il y a quelques jours, rédigée d'une main de maître par votre serviteur ô combien talentueux), la nature fait sa chiennasse et n'arrête pas de me contrarier sur tous les petits détails.
Prenez les métros. Systématiquement, et je dis bien systématiquement, j'arrive sur le quai pour voir les portes se fermer et le panneau de contrôle annoncer le suivant dans 8 minutes - s'il n'y a pas un problème technique de signalisation qui évidemment ne va affecter que mon train. Du coup, comme l'axiome de base reste mon retard chronique, ça aggrave les choses et j'atteins des sommets.
Mais ce n'est pas tout. Les queues, dans les supermarchés, les fast food, les banques, la Poste. Toujours, toujours, toujours la file de merde. Et j'essaie pourtant de calculer, je regarde avec attention la caissière, je me demande si elle a l'air vive d'esprit, mais non, même ces techniques savantes ne suffisent pas. La brillante over-power-caissière qui jusque là faisait passer ses clients à la chaîne va soudain se rendre compte qu'elle n'a plus de papier (et quand on n'a plus de papier, c'est la merde) ou que l'anecdote sur sa vie sexuelle avec le grand black de la cuisine ne peut pas attendre ce soir mais qu'elle doit tout de suite le raconter devant le pare-terre passionné. Ca me fait plaisir d'apprendre que le mec en question a une petite bite, mais en attendant j'aimerais bien pouvoir acheter mon repas du soir, merde quoi, d'abord.
Là, ce midi, c'était l'apothéose à la Poste. Une queue fort commune (et par là je ne sous-entends pas un quelconque sexe non-circoncis) et deux guichets ouverts. Devant moi, seulement deux personnes. Deux personnes, deux guichets, les maths sont faits, la messe est dite, il suffit d'attendre qu'un des deux boulets me laisse sa place.
Seulement voilà. Comme je me fais chier à en faire une note, vous vous doutez que ça n'a pas été si facile.
A ma gauche, une vieille femme. Elle achète un timbre à 53 centimes. Elle fouille dans son porte-monnaie de sa main tremblante pour sortir une pièce de 50, puis cherche les trois centimes. Elle cherche looongtemps. La guichetière lui propose de lui rendre la monnaie sur une pièce de dix. Offusquée, la vieille se cabre (je dirais bien cambre mais je tiens à garder votre imagination pure) et éructe son morceau de pain de la matinée: "ah mais ça suffit hein avec vos centimes, j'en ai plein les poches déjà de vos centimes qui servent à rien, alors hein là non, hein, croyez pas que je vais me faire avoir encore, je vais les trouver les trois centimes, et vous allez voir !"
Et elle de se baisser pour fouiller dans son gros sac à la recherche des centimes de l'apocalypse.
A ma droite, un homme jeune et énergique. Je reprends espoir. Il n'a pas l'air du genre de gars à fouiller partout pour sa monnaie. Le regard droit et franc, les cheveux au vent, il a l'air fringant comme le vainqueur de la dernière course à Auteuil. Je me positionne derrière lui.
Et là, il sort de sa malette whatmille lettres qu'il dépose en tas sur le comptoir. "Bon, désolé j'ai pas pu passer par le guichet entreprise, il doit y en avoir une petite centaine, ça vous dérange de me les prendre ?"
Rho ben noooon qu'il répond, le guichetier, alors que je prépare avec minutie mon suicide à la pêche melba.
A ma gauche, la petite vieille rhumatisée. A ma droite, le cadre sup overbooké. Qui va remporter la course ? Les guichetiers accélèrent dans la ligne droite, le stress augmente, le dopage prend tout son sens, les candidats sont au coude à coude...
Et c'est la petite vieille qui remporte dans la dernière accélération. Je la hais.