Un blog qui parle de sexe, d'amour, de sexe, de sentiments, de sexe, de rencontres, de sexe, de tendresse, de sexe, de douceur, de sexe, de fraîcheur, de sexe, de complicité, de sexe. En gros.
Reprenons les aventures de la jeune E, postpubère assumée qui rentre chez elle, légère et diaphane, avec dans son esprit la mémoire de l'étreinte un peu trop courte (et de la turgescence qu'elle a légèrement senti, je parie - mais bon c'est une gentlegirl, elle ne le révélera jamais).
A peine arrivée chez elle, l'homme lui envoie un texto puis l'appelle pour passer un peu de temps au téléphone et prolonger la soirée, y a-t-il plus mignon ? Je pensais être le seul à utiliser la superbe technique du texto follow-up instantané mais visiblement j'ai de la concurrence. Orage et désespoir.
Fondant comme une glace en plein soleil, E passe une nuit torride à imaginer ce sosie de Brad Pitt et ses lèvres purpurines. Quand, mais quand, pourront-ils se rencontrer ?
Pour préserver l'égo de E, je passerai sous silence les émois d'adolescente qui la saisissent alors. "Pourquoi est-ce qu'il n'appelle pas ?" "Et si jamais je ne lui plais pas ?" "Au secouuuurs !"
Ceci dit, au milieu de tout ce pathos, il y avait quand même une question criante: "quel défaut peut-il bien avoir ?" Parce qu'elle est échaudée, la jolie E maintenant. Elle a déjà subi un peu tout ce qu'on peut trouver comme problème rédhibitoire. Les maqués, les mariés, les infidèles, les phobiques de l'engagement, les avec-trop-de-morale, les avec-pas-assez-de-morale, les petites bites, les gémeaux.... quel coup dur le destin allait-il lui réserver cette fois-ci ?
Moi, je pariais pour le harem. D'après sa belle gueule et la confiance que le gars avait montré pour l'aborder en pleine rue et la récupérer, je lui voyais cinq ou six sex-friends en même temps et donc la possibilité pour E de s'intégrer sans trop de remous à l'aéropage.
Mais malheureusement, ce n'était pas si innocent.
Quelques jours plus tard, E et Brad se rencontrent de nouveau. Il est toujours aussi beau, toujours aussi séduisant, toujours aussi sympathique. Il se montre tendre, câlin et attentionné (si vous vous demandez comment je peux mettre autant de détails dans une histoire qui ne me concerne pas, c'est que vous n'étiez pas présents à la fameuse soirée où on a tout entrendu en 4 exemplaires ^^).
De nouveau, ils s'embrassent.
De nouveau, ils se cherchent.
Le désir les embrase, l'irréparable va se produire, les corps vont réclamer leur dû, tout ça tout ça. Mais avant, le gars a quelque chose à dire.
"Tu sais, je suis très proche des thèses du groupe Bloc Identitaire, si j'étais plus jeune je militerais pour eux de manière active"
La jeune E, pas très versée en matière de politique, hausse un sourcil devant ce nom inconnu. Bloc Identitaire, quesaco ? Vaguement mal à l'aise, elle refuse malgré ses hormones en folie l'appel de la chair, et plante le gars en bas de chez elle.
"Tu as du café ?" demande le gars. Non
"Tu as du thé ?" tente-t-il encore. Non
"Du jus de fruits ?" Non
"De l'eau ?" pathétise-t-il finalement. Non
Comprenant enfin, il se détourne pesamment pour rentrer chez lui. Enfin seule, E se rue sur l'ordinateur et cherche de quoi il peut bien s'agir. Bloc Identitaire, Bloc Identitaire, ce serait pas le truc de Besancenot ?
Raté, c'est de l'autre côté. C'est les beaux, les vrais, les purs fachos. Bien à la droite du FN, partisans de l'action directe et ciblée.
Seule dans son appart, E se dit que le destin est parfois bien cruel avec elle.