Un blog qui parle de sexe, d'amour, de sexe, de sentiments, de sexe, de rencontres, de sexe, de tendresse, de sexe, de douceur, de sexe, de fraîcheur, de sexe, de complicité, de sexe. En gros.
Aujourd'hui et pour mon plus grand malheur, je me suis fait couper les cheveux.
C'est le drame, la cata, la bérezina. Je me rappelle d'un article d'un certain Axen sur le sujet, et la même catastrophe s'est abattue sur mon front gracile de jeune post-pubère.
Avec quelques détails en plus, quand même, sinon ça ne serait pas grave.
Déjà ça commençait mal. J'arrive chez mon coiffeur habituel et il est fermé pour rénovation. A la place de la belle blonde au cul impeccable qui me masse sensuellement le crâne, il y a des ouvriers du bâtiment qui se gueulent dessus en buvant des Heineken. Tristesse.
Du coup je descends la rue pour essayer de trouver un autre coiffeur. Ca tombe bien, je sais que c'est un peu le coin, le lieu, l'endroit. Ca pullule, par ici. A croire que le cheveu y est en rut... Et manque de bol, il a fallu que je rentre dans celui-là. Si j'étais pas aussi paresseux j'aurais poussé jusqu'à la rue suivante et je serais tombé sur une petite brune piquante dont je serais tombé instantanément amoureux et à qui j'aurais proposé le mariage pour qu'elle accouche bientôt de petits enfants aux yeux bleus. Alors que là non.
Tant mieux en même temps, je n'avais pas envie de changer des couches. Salauds d'gosses.
Au lieu de cette idylle déjà envisagée, je pousse la porte d'un salon vaguement fashion et vaguement connu, pour me faire aussitôt sauter dessus par un jeune homme si joyeux que sa gaytitude lui transpirationnait par tous les pores.
"Bonyour bonyour" qu'il me fait le chevelu avec un fort accent italien, "ca fait plaisir de voir quelqu'un dé si bonne heure, qu'est-ce que yé peux faire pour vous ?"
Vous auriez tourné les talons, vous ? J'aurais dû, je sais, mais mon orgueil m'a incité à faire face. J'ai dit que bonjour, que j'étais chez le coiffeur, donc que c'était rapport à mes cheveux. Il a ri et m'a installé sur un siège.
C'est là que les choses ont dérapé. Je l'ai vu ouvrir de grands yeux et pousser ululement meurtrier. "Ma qué vous avez oun chévélure qu'elle est intéressante, mucho intéressanté, qué jé vé vous faire oun effet destrouctouré qué touté les filles elles voudront de vous !"
Je sais, je mélange l'italien de cuisine avec l'espagnol d'opérette, je vous merde, j'ai fait allemand moi.
Je regarde le brave garçon avec incrédulité. Genre, toutes les filles ne veulent pas déjà de moi. Il devrait lire mon blog, merde, quoi. Et puis l'effet destructuré, c'est certainement mucho intéressanté mais ça passe moyen au boulot, donc voilà quoi, je demande un peu plus classique.
Le pandore a l'air super déçu. Il sort de sa boîte deux longs ciseaux, et décide de se consoler en...jonglant ! Oui oui, en jonglant, enfin en les faisant tournoyer autour de ses doigts avec une dextérité certaine. C'est super beau mais ça m'encourage moyen sur la suite des événements.
"La tête commé ça, wala, commé ça, vous allez voir, ca va être bellissimo !"
Je ferme les yeux en espérant que l'instant passe plus vite. Malheureusement, ce n'est pas le cas. Il se trouve que le garçon a de la conversation. Sans l'accent, hein, ça me gave de mettre des aigus partout.
"Vous avez passé un bon week-end ?" -> oui
"C'est pas trop dur la reprise du coup ?" -> si
"Et votre boulot il est sympa ?" -> oui
"Ah parce que moi j'avais toujours voulu être coiffeur" -> oh
"Oui parce que quand j'étais pitchouno, blablablablabla" -> ah
Bon, il m'a raconté son enfance, sa vie difficile en sardaigne, les brimades de ses petits camarades, sa passion pour la tondeuse.
Il m'a aussi dit que j'avais des belles oreilles, que ma chemise mettait mes yeux en valeur, que j'avais les cheveux très doux et qu'il aimait bien discuter avec moi.
Ok. Là, normalement, je me préparerais à insérer sur ce blog un commentaire comme quoi, comme d'hab, j'ai l'impression de plaire beaucoup plus aux homos qu'aux hétéros. Et il y aurait forcément quelqu'un pour me dire "mais non cest un coiffeur c'est normal qu'il fasse la conversation, t'es vraiment érotomane mon pauvre, faut pas croire comme ça que tout le monde te veut, merde quoi".
Bref, restons polis, je ne pipe mot.
Il termine, tourne autour de moi, admire son oeuvre avec un grand sourire... oh my god, j'ai l'air d'un playmobil ! C'est une catastrophe, je ne retrouve plus le charme innocent de ma coiffure floutée, mais qu'a-t-il fait, le salaud, l'enfoiré, le connard, qu'il soigne la raie des autres avant de se préoccuper de la sienne, merde quoi !
Comme tout client de coiffeur mécontent, je paie donc sans rien dire et je me prépare à partir. Et là, la Napolitaine aux anchois me lance: "au fait, yé né connais pas grand monde sur Paris, si tou connais des endroits sympas, yé peux té donner mon nouméro pour sortir oun peu ?"
J'ai répondu qu'il s'appelait Inigo Montoya, qu'il avait tué mon père, et qu'il devait se préparer à mourir. Il n'a pas compris, je suis parti dignement.
Playmobil, en avant les histoires.