Aujourd'hui, nous allons parler vocabulaire. Parce qu'il n'y a pas de raison que vous restiez pitoyablement lovés dans l'ignorance crasse de vos vies misérables, et qu'il y a un autre monde auquel s'ouvrir, celui des lettres, des mots, des figures de style et des machins-qui-changent-la-vie. Et parce que je ne vais pas parler masturbation tout le temps - d'autant plus que depuis cet article j'ai reçu des mails perturbants du genre "ah ouais, toi aussi, trois fois par jour ?"
Passons.
Aujourd'hui donc, j'ai une grande question existencielle à vous poser, une question brûlante, qui touche autant au dico de Pivot qu'à la condition féminine d'Amara: comment appeler sa copine dans une discussion neutre.
Ouais, dit comme ça, ça fait pas très glamour. Mais je vais expliquer, et ça va devenir aussi limpide qu'un oesophage de chèvre du Timor oriental.
Une fille qui parle de son mec, dans une discussion avec des copines, ou devant ses parents, ou dans toute situation de la vie courante, elle dira tout simplement: "mon mec". Et les gens comprendront que c'est son mec à elle, qui lui parle d'aventure, qui joue avec son coeur, qui triche avec sa vie, qui dit des mots menteurs pourtant elle croit tout c'qu'il dit (c'est con, une fille).
Bon.
Ben pour nous, que dalle. On n'a pas de mot aussi facile à employer pour parler de notre compagne de la vie, ou en tout cas des semaines en cours.
Ma copine ? Ouais, ça sonne bizarre, c'est moche et galvaudé.
Ma nana ? C'est vrai que c'est le pendant de "mec" mais ça fait surtout très années 50.
Ma meuf ? Ok, c'est devenu du langage courant, mais faut voir le contexte aux réceptions de l'ambassadeur.
Ma femme ? Non mais faut pas s'emballer, hein, des fois qu'on vous félicite pour votre mariage alors que vous venez juste de faire connaissance post-coïtalement.
Ma moitié d'orange ? Déjà c'est moche, et puis d'ici à ce que les gens comprennent qu'elle a la peau granuleuse...
Ma poupée gonflante ? Déjà fait, déjà fait.
C'est quand même terrible, cette question de vocabulaire. Encore un avantage insondable de la gent féminine sur nous.