Un blog qui parle de sexe, d'amour, de sexe, de sentiments, de sexe, de rencontres, de sexe, de tendresse, de sexe, de douceur, de sexe, de fraîcheur, de sexe, de complicité, de sexe. En gros.
Bon, ben quand il faut y aller faut y aller.
Pff, zêtes chiants quand même. Je pouvais vous raconter plein de conneries, du cul, du sexe, mais non, il a fallu que vous vouliez parler de sentiments. Ok, ok, je m’incline. Mais il ne faudra pas vous plaindre si les dernières phrases sont incompréhensibles tellement mes yeux seront brouillés de larmes. Au moins.
Remontons donc en arrière. Longtemps, longtemps en arrière. Trois ans ? Plus. Cinq ans ? Plus. Sept ans ? Non.
Dix ans. Putain, ça ne nous rajeunit pas. A cette époque, je venais de décrocher mon bac et d’emménager dans un internat sur Paris pour ma classe préparatoire. Nous passerons pudiquement sur l’internat, qui est aux études ce que la bouche est aux femmes : un endroit sympa, mais bon on aimerait bien passer à autre chose rapidement.
Je rentre donc en prépa. Découverte de nouveaux visages, tous plus bourges-coincés les uns que les autres. Forcément, qui dit prépa commerciale dit fric, et ça se voit un peu partout. Des drapeaux royalistes dans les chambres, des vêtements de marque dans tous les sens (oui, et du bleu et du gris, je vous merde). Des dents qui rayent le parquet.
Et au milieu de tout ça, une erreur de casting. Une fille tout droit sortie de son nord natal, assise juste devant moi le jour du discours d’intégration. Je n’ai pas suivi un seul mot de ce que disait le proviseur, fasciné que j’étais par la manière dont elle agitait ses cheveux.
Ouais, brisons un mythe, c’est le physique qui m’a attiré en premier. Elle était belle, cette fille, pas forcément dans un style conventionnel, mais avec un charme et une fraîcheur incroyables. Grande, mince, cheveux longs et sombres, yeux verts en amande, un quart de sang asiatique, des lèvres pleines, des fesses sensuelles et rebondies sous la toile du jean… hmm, non, on a dit pas aujourd’hui la nouvelle érotique.
Bref, je suis tombé sous le charme. J’ai essuyé négligemment la bave qui coulait sur mon menton, et je me suis décidé à faire ce que n’importe qui aurait fait à ma place : absolument rien.
Parce qu’à l’époque j’étais un ado complexé et moche. Tout maigre d’avoir poussé trop vite, dégingandé comme on ne dégingande plus de nos jours, affublé de lunettes 70’s qui cachaient les yeux, une coiffure à la Jackson Five, habillé avec encore moins de goût que maintenant (c’est dire !) avec des T-shirts Waikiki et des jeans serrés. Vous voyez l’horreur ? Bah rajoutez-en encore un peu pour faire bonne mesure. Vous pouvez voir ci-dessous l’étendue du désastre (sans oublier le T-shirt dans le jean, le jean remonté très haut sur le nombril, la ceinture rouge atroce, et la petite chaîne pour faire genre rebelle.
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Oh, et évidemment, j’étais timide.
Bref, la prépa se passe. Ma chance étant ce qu’elle est, on n’est pas dans la même classe, mais je trouve tout de même de nombreux prétextes pour aller la voir et discuter avec elle. Je tombe maintenant sous le charme de sa personnalité. Elle est naïve et fraîche, tellement plus agréable après les discussions calculatrices des autres filles de l’école.
Vous savez comment on déforme les mots en fonction de l’apparence ? Une fille moche, on dit qu’elle est stupide. Une jolie fille, on dit qu’elle est naïve. Bref. Nous continuons à nous voir de temps en temps, en toute amitié, sans qu’il se passe quoi que ce soit ni même que je ne tente le moindre mouvement.
Et puis… vint la nuit. Pardon, je vous le refais en majuscule : LA NUIT.
La plus belle nuit de ma vie. Elle commence pourtant plutôt mal : j’étais allé manger un kebab avec elle vers 19h (so romantic) et je retournais à l’internat pour 20h30. On n’avait pas le droit d’être dehors après cette heure, oui, les prisons existent sur Paris.
Elle me raccompagne gentiment jusqu’à l’école, on se bisoute, miou, miou, et elle s’éloigne dans la foule alors que je passe les grilles.
« Ben qu’est-ce que tu fous là ? » me demande le vigile. « D’habitude tu fais le mur, et là tu rentres avant l’heure ? »
« Il est 20h35 pour 20h30, j’appelle pas ça avant l’heure » expliqué-je avec un talent à nul autre pareil.
« Ah ouais mais non, comme c’est férié demain, vous avez la permission de minuit là »
Oh my god.
Sans réfléchir, je plante là mon vigile, je tourne les talons et je me mets à courir dans la rue à la recherche d’un sac de cours vert. Si le sac pouvait être accroché au dos d’une fille magnifique, ça m’arrangerait. Je bouscule les passants, on m’engueule, je n’écoute pas. Je n’ai qu’un objectif : retrouver 1m75 de bonheur avant qu’elle n’atteigne son propre foyer. Je traverse la route au rouge, les voitures klaxonnent, je leur fais un bras d’honneur, c’est beau, c’est Paris.
Et puis je la vois ! Elle est là, à une dizaine de mètres devant moi, en train de rentrer chez elle. Je bondis, j’aggripe son sac, je siffle en remplissant enfin mes poumons :
« Ouf tu es toujours là ! L’internat est finalement ouvert jusqu’à minuit ! »
« Et ? » me demande-t-elle, surprise.
Boum.
Ben oui, « et » ? Qu’est-ce que je venais de faire à poursuivre cette fille comme ça, alors qu’elle rentrait tranquillement chez elle et qu’elle devait avoir du boulot ? On n’avait pas du tout prévu de se voir se voir, le kebab était déjà une occasion rare, on n’était pas amis à ce point. Je me sens très con, tout d’un coup. Il pleut, ça fait des flaques sur le sol, mes habits sont trempés, les gouttes coulent sur mon visage comme des larmes.
Et puis elle me sourit.
« Bon, tu m’as dit hier que tu ne connaissais pas du tout Paris, on va faire ton éducation. Ca te tente une petite visite by night ? La Tour Eiffel, l’Arc de Triomphe, Montmartre, les quais de seine ? Viens, je t’emmène ! »
La pluie s’est arrêtée mais mon visage est toujours humide. Je souris stupidement.
« Oui », je dis.
EDIT: Pour votre plus grand bonheur, j'ai retrouvé un T-shirt de cette marque mythique, LC Waikiki, sur le net ;)
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