Un blog qui parle de sexe, d'amour, de sexe, de sentiments, de sexe, de rencontres, de sexe, de tendresse, de sexe, de douceur, de sexe, de fraîcheur, de sexe, de complicité, de sexe. En gros.
Après cette petite parenthèse shakira-kienne (faites l'amour, pas la guerre), retour au quotidien de la stagiaire et son mystérieux mail.
Enfin, quand je dis mystérieux, il ne faut pas s'attendre non plus à quelque chose d'exceptionnel. En l'occurence, elle m'avait fait suivre une chaîne, vous savez, le genre de trucs débiles qu'on efface généralement à la seconde même où on le reçoit (hein, hein Auré).
Bon, là en l'occurence, c'était assez tendancieux pour attirer mon attention. Au milieu de toutes les questions stupides ("quel est ton animal préféré ?" "qu'attends-tu de la vie ?" "cite deux personnes qui comptent beaucoup pour toi", etc, ad nauseum), il y avait des indices pas-vraiment-subtils disséminés.
Pour quelqu'un dont la relation précédente avait commencé par un jeu innocent de lampe de poche, il faut avouer que là, les signes se voyaient comme le nez au milieu de la figure. Des trucs du genre "croyez-vous en l'amour ?" réponse: "jusque là non, mais je commence lentement à changer d'avis" ou encore "les qualités essentielles pour aimer quelqu"un ?" réponse: "une cravate froissée, c'est un bon début").
Oui, parce que ma cravate était froissée ce jour là (je veux dire, sinon c'était pas très logique :p).
Bon, du coup je réponds moi aussi audit mail avec des allusions à peu près aussi subtiles. C'est quand même incroyable, quand on relit aujourd'hui ce qu'on a pu faire autrefois, à quel point on est ridicules quand on est attiré par quelqu'un. On pense faire une danse d'amour super subtile alors qu'on a le charme raffiné du canard sauvage bouilli à la menthe. Bref.
Il n'empêche que, maqué et farouchement fidèle, je campe sur mes positions et je tiens la belle à distance. Je sais, c'est très con, j'aurais dû simplement coucher avec elle en cachette de la dulcinée comme le font tous les mecs, ça aurait réglé le souci sans blesser personne.
Mais non, évidemment je choisis une autre voie. Certains diront "la voie la plus stupide" et je peux difficilement leur donner tort.
J'attends donc le soir et je raconte tout à Dulcinée, que ça ne va pas, que je n'ai pas l'impression d'être heureux, que je suis trop jeune pour une vie rangée, que j'explose de cette jalousie possessive, bref que ça ne peut pas continuer comme ça. C'était un vendredi.
Elle prend tout ça de plein fouet, ma dulcinée. Putain, rien que d'y penser, j'en ai les larmes aux yeux (connard de sentimental, le batracien). J'avais l'impression de me déchirer en la déchirant, je me sentais minable, mais minable ! Je chialais, elle chialait, on était dans les bras l'un de l'autre, moi qui avais joué mille fois cette scène dans ma tête, j'y perdais toute dignité. Ca casse le mythe, hein ?
Bon, je vais vous passer toutes les discussions qu'on a eues pendant la nuit, même si je m'en souviens au mot près. Je me couche dans le clic clac du salon, elle me rejoint au petit matin, on se blottit l'un contre l'autre, comme si l'orage était passé.
Mais il n'est pas passé. On en est toujours au même point, et j'enfonce le clou. "Il y a une autre fille", je murmure.
La phrase à ne pas dire. Je n'ai pas le temps de compter jusqu'à trois que je me trouve à la porte de mon propre appartement, mes chaussures autour du cou, un sac à moitié rempli sur le palier, des torrents d'injure sur le crâne.
Retraite précipitée, débâcle de Russie, comme la Berezina (ou un pastis) sans glace. Il est samedi midi.
Abandonné, seul, meurtri, sans domicile fixe, je fais donc ce que n'importe qui aurait fait à ma place. J'appelle la stagiaire.