Un blog qui parle de sexe, d'amour, de sexe, de sentiments, de sexe, de rencontres, de sexe, de tendresse, de sexe, de douceur, de sexe, de fraîcheur, de sexe, de complicité, de sexe. En gros.
Faut que je ponde un article avant de me plonger avec délice dans les bras sensuels de la Krisprollette, donc le voilà. Je vous préviens, il n'est pas particulièrement drôle et il ne parle pas particulièrement de cul. Ceux qui a) n'en ont rien à foutre de la politique ou b) au contraire se désoleraient de voir un discours aussi plat, ont le droit de ne pas lire.
Je réfléchissais simplement avec des amis sur ce que j'allais bien pouvoir voter pour cette élection présidentielle. Parce que cette fois-ci je suis bien affilié à la bonne ville, il n'y aura plus d'obstacle sur mon chemin pour mettre mon petit bulletin dans l'urne. Sauf que...
Sauf que où le mettre ? Plus je regarde ce qu'on me propose, plus j'ai l'impression de voir les plats des cantines scolaires avec les frites molles et le riz gluant sur des morceaux de steak trop nerveux. Sans compter les cuisiniers amorphes qui servent la pâtée avec complaisance, et la comparaison est encore trop cruelle pour ces cuisiniers.
On va commencer par les supposés deux tenors de l'élection présidentielle. Sauf grand bouleversement, il faut avouer qu'on a de grandes chances de voir PS ou UMP au pouvoir vues les dernières alternances. Or, or, or...
Sarkozy me sort par les yeux. J'ai du mal à comprendre comment une part si importante de l'opinion peut le suivre et lui donner de réelles chances de victoire. Il a été un ministre du budget médiocre. Il a été un ministre de l'intérieur mauvais. Il a été un ministre des finances calamiteux. Il est de nouveau un mauvais ministre de l'intérieur. C'est tout de même impressionnant de voir quelqu'un à qui tout le bilan est défavorable tenir la dragée haute dans les différents sondages. Ce gars est désespérément atlantiste au moment où je me découvre un certain chauvinisme, désespérément libéral au moment où je me découvre une conscience sociale. Et pour couronner le tout, il manque de prestance. Je veux du charismatique, pas du nerveux autocrate et mégalomane.
Ségolène me sort par les mêmes yeux. Oh, elle a de bons côtés pourtant. Dans les medias, elle passe bien. Ses idées sont même parfois intéressantes. L'ennui, c'est la réalité. Lorsqu'on étudie de près ce qu'elle a fait dans sa région de Poitou Charentes, on voit du clientélisme à gogo, des décisions prises en l'absence de toute concertation, de l'arbitraire et de la politique politicienne, pour reprendre les expressions à la mode. Oui, elle a un plus joli sourire que Sarko. Oui, elle est probablement moins dangereuse pour ma santé mentale. Mais en dehors de ça, ce ne sera certainement pas elle qui remettra quoi que ce soit à plat.
Il reste qui, alors ?
Bayrou aurait un boulevard devant lui s'il avait un tant soit peu de charme, d'esprit et d'intelligence sociale. En l'occurence, cet homme est un vide émotionnel tellement flagrant qu'il fait appel d'air dès qu'il se déplace - sans bus au colza, cette fois. Une troisième force centriste, c'est pourtant un rêve magnifique. Mais il n'a pas les épaules pour encadrer ça, n'a pas les épaules pour encadrer quoi que ce soit. Tant que le béarnais restera à la tête de l'UDF, on ne parlera du parti que pour hocher la tête avec approbation sur ses saillies médiatiques ou pour apprécier les bons mots de Santini.
Laissons de côté les utopies extrême-droitières et extrême-gauchères et que reste-t-il ? Rien. Ou Taubira (autant dire pas grand chose).
Ca me déprime. Ca me déprime vraiment. Je me rappelle que j'avais écrit un programme de ce que je voulais voir il y a quelques mois, et les choses n'ont pas tant évolué que ça. Je me rends compte que je suis totalement, incroyablement, désespérément chauvin. Dans le sens où j'ai envie de garder une certaine identité de la France, une identité braillarde, paillarde, ripaillarde, une certaine idée du style, une certaine idée de la vie.
Pour ça, je voudrais un état fort. Or, c'est passé de mode. Personne ne veut plus d'un état fort, de gauche comme de droite. On vend les bijoux de famille pour financer les déficits, on privatise à tour de bras, sous tous les gouvernements. Je ne veux pas de la libération du marché énergétique, qui a été si catastrophique pour les entreprises et va l'être pour le particulier. Je ne veux pas de la perte des fonctions régaliennes de l'état. Je veux que les transports, l'énergie, les telecoms, soient sous une coupe étatique.
L'arme de ce siècle pour les gouvernements, c'est la participation dans les principales entreprises afin d'avoir leur mot à dire sur la gestion, les délocalisations, la répartition des dividendes, les plans de licenciement - et accessoirement équilibrer le budget. Ce n'est pas en vendant les bijoux de famille qu'on va sauver mémé de la faillite.
Ca y est, j'ai fini de faire mon populiste. Cela dit, regardez bien les programmes des candidats "sérieux" à la présidentielle. Personne ne milite pour "plus d'état".
Moi je veux plus, et mieux.