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Bon, pour des raisons d'auto-censure évidente, j'ai retiré l'article précédent. Il paraît que ça risquait de heurter certaines sensibilités.
Du coup, cet article ne va plus parler que de la nuit blanche d'hier, dont je suppose que vous vous tamponnez le sex-appeal avec une clé de douze rouillée. M'enfin ce n'est pas grave, on fera comme ça.
Hier, c'était donc la Nuit Blanche. Pour ceux qui ne connaissent pas, par exemple les non-parisiens (ne riez pas, il y en a qui lisent, il paraît qu'ils ont internet en province), il s'agit d'un ensemble d'expositions et d'happenings dans les divers monuments de Paris, des spectacles sons et lumière, et tout et tout. Une manière de redécouvrir la capitale sous un autre angle de vue.
Comme Dulcinée et moi n'en avions un peu rien à battre, on en a profité pour aller voir des amis à elle à l'autre bout de la ville. Erreur fatale, comme vous le verrez bientôt: durant la Nuit Blanche, celui qui n'habite pas au centre de Paris sait qu'il ne pourra pas dormir. J'aimerais étriper Delanoë, morceau par morceau. Mais n'anticipons pas et gardons ce plaisir de gourmet pour la suite.
La soirée en elle-même était excellente. C'est plutôt bon esprit dans la pub donc j'ai passé un très bon moment, notamment quand ils ont commencé à ressortir les tubes club des années 90 pour faire des blind tests et nous permettre de nous agiter bêtement. Si je vous dis tout ce qu'on a écouté, selon votre âge, vous serez ému ou apitoyé devant nous.
Ca vous dit quelque chose, des titres comme ça ?
- Alarma de 666
- Insomnia de Faithless
- 7 days and one night de BBE
- Sandstorm de Darude
- House Music de Eddy Amador
- Amokk de 666
- French Kiss de Lil Louis
- What is Love de Haddaway
Et encore, je ne fais qu'effleurer le sujet. Bond de dix ans dans le passé et les premières soirées sur les dancefloor, oh my god, déjà à l'époque j'étais grave nul. Ce qui ne m'empêchait pas d'agiter le bras sur les podiums en essayant d'être à peu près en rythme avec la musique.
Enfin bref, maintenant que des souvenirs émus reviennent à vos oreilles nostalgiques, il est temps de repartir casser du Delanoë.
Normalement, j'habite sur la ligne 1. C'est un des axes les mieux desservis par les bus de nuit et normalement on a un noctambus tous les quart d'heure, toutes les demi-heures quand on n'a pas de bol. Or, là, pour des raisons inconnues, lesdits Noctambus ne fonctionnaient pas dans ce sens. Il y avait des embouteillages partout qui rendaient les gens parfois joyeux, parfois agressifs, toujours bruyants. Les taxis étaient pris d'assaut dans tous les sens, avec une queue d'une vingtaine de couples à chaque borne - qui de toute façon ne bénéficiait d'aucun véhicule puisqu'ils se faisaient héler n'importe où, y compris en plein milieu des voies sur berge.
Au final, on a donc dû se faire tout le chemin à partir de Châtelet jusqu'à Neuilly à pied. Pour moi, ça allait encore car je suis grand et fort et assez formidable, il faut bien le reconnaître. Mais Dulcinée (qui est formidable aussi, n'allez pas vous imaginer autre chose) portait des talons de tepu (sic), 10cm au garrot. Au bout de 45mn de marche, ça fait visiblement mal. Et l'option de la porter sur mon dos ne semblait pas lui convenir totalement.
Heureusement, un bus en perdition, qui n'avait rien à foutre là et s'était visiblement éloigné de sa ligne, a pu être pris d'assaut et nous avons trouvé une place à bord (écrasés dans l'aisselle du gros black, pétrifiés contre les seins de la grande blonde, le nez d'un nabot contre mon pénis en semi-érection face à tant de sensualité). Ca nous a dépannés sur la fin du trajet. On a échangé le froid de la nuit et la marche en talons contre la sueur et la transpiration de bière. Un prêté pour un rendu, dans tous les sens du terme.
4h du mat, enfin l'appart. Dulcinée tombe comme une masse. Je ne vaux pas tellement mieux. Merci Delanoë pour tes attractions pourries.
Mais bon, l'essentiel de la soirée, pour les connoisseurs, ça reste évidemment cette phrase éminemment philosophique:
Not everybody understands House Music.
It's a spiritual thing
A body thing
A soul thing