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Hier, donc. Ouais, parce qu'à chaque fois que je veux vous parler du cul avec n°1 il se passe des choses qui retardent les révélations. C'est à croire que je n'en parlerais jamais. D'ailleurs je suis en train de me faire engueuler sur MSN, comme quoi ya que ça qui vous intéresse.
Mais non, j'ai donc décidé de vous parler d'hier. Parce que ça a ouvert une vocation, découvert une amie et relancé la musicienne. Donc ya de quoi faire et vous tenir en haleine;
Hier, je me suis fait kidnapper par MonsieurF pour aller récupérer Kyrieleve à son boulot et l'escorter au théâtre. Je vous raconterais bien comment on s'est incrustés dans la salle et comment elle a fait le koala en essayant de montrer ses talents de chimpanzé, mais ça va finir par vous gaver. En tout cas, pas grand chose à se mettre sous la dent dans les théâtres. Où sont passées les belles filles au galbe affolant qui hantaient les antichambres des pièces de boulevard, hein ? Qu'est devenue la soubrette aguichante qui laisse entrevoir ses sous-vêtements dans un éclair de velours, hein bis ? Et la fille aux gros seins qui ouvre la porte au plombier, hein ter ?
Bref. Ce qui est important, en ce qui vous concerne - en ce qui nous concerne - en ce qui me concerne - c'est que c'est à cet instant précis que je reçois un texto de la musicienne.
UN TEXTO DE LA MUSICIENNE !
UN TEXTO DE LA MUSICIENNE !
Oui, bon, ok. En fait, je commence à me blinder et donc à m'en foutre prodigieusement, mais ça m'a quand même fait plaisir de ne pas être sur le carreau comme une loque. Le message disait, tenez-vous bien:
"Je suis vraiment désolée, je viens de récupérer mon portable que j'avais oublié hier matin, tu dois m'en vouloir j'imagine"
Non, je suis juste dégoûté d'avoir perdu une journée de ski alors que je ne prends pas de vacances cet hiver. M'enfin, excuse pourrie ou pas, ça occupe quand même. Entouré de F et Kyri, j'appelle l'oublieuse.
Je tombe sur le répondeur. Groumpf. De dépit, je rabat le clapet de mon portable pour éteindre. Pour une raison qui m'échappe (haut parleur sans doute), ça ne marche pas et j'entends toujours le message du répondeur. Du coup je referme dix fois de suite le clapet en gueulant "ta gueule ta gueule ta gueule".
Je parlais au répondeur, évidemment. Mais je me demande comment elle a pris le message en l'écoutant.
Bref, dix minutes plus tard c'est elle qui rappelle. On discute un instant, elle s'excuse pour sa maladresse, dit qu'elle a oublié son portable dimanche matin chez l'amie chez qui elle répétait et n'a pu le récupérer que maintenant. Elle me demande si je fais la gueule, je dis que oui. Elle me demande si je veux la voir, je dis que oui.
Non, mais je le boirai jusqu'à la lie ce putain de calice, faut pas déconner, je suis déjà à mi-chemin, autant y aller jusqu'au bout.
Du coup on convient d'un rendez-vous mercredi. Elle me propose de m'appeler dans l'après-midi pour fixer l'heure exacte. Je ricane intérieurement. Je vous tiendrai au courant de l'éventuel début d'hypothèse où j'aurai peut-être un signe de vie mercredi avant la date limite de consommation.
Bref. Je raccroche.
Laissés à nous-même, F et moi nous promenons sagement dans le marais. Ouais, dit comme ça, ça peut prêter à confusion mais j'ai promis à Gauthier de penser à lui si je devenais un jour homo donc non.
Comme ça manque de féminité, on fait mutuellement le tour de nos carnets d'adresse, en tout cas des gens qui pourraient être mobilisés instantanément. Du coup, je pense aux trois filles de la Flèche d'or. Mais si, rappelez-vous ! Qui m'étaient tombées dessus en demandant à se faire offrir un verre. Depuis, j'avais eu un appel mais j'étais déjà occupé et n'avais pas donné suite.
J'appelle, je tombe sur un répondeur, je laisse un message, je me fais happer par F. Parce que F, en plus d'avoir l'oeil vif et le poil soyeux, a des idées percutantes. Et là, il voit le théâtre des blancs manteaux, il voit une séance à vingt heures, il a une lueur messianique dans l'oeil gauche, il propose un théâtre.
Bon, ben go pour le théâtre. Pas la moindre idée de ce que c'est mais ya un gars avec une toque en fourrure dessus donc ça ne peut qu'être bien.
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Bon, ben en fait je pense que je ne vais pas lui faire une bonne critique.
Mais alors vraiment pas. Pourtant il a l'air gentil comme ça Roland Menou. On aurait envie de l'aider, de le booster, de participer à sa carrière.
Seulement l'ennui c'est qu'après le spectacle commence. Et je crois que ni moi, ni Monsieur F n'avions vu quelque chose d'aussi nullissime de toute notre vie. Et encore, je pèse mes mots.
F m'avait dit: "si jamais tu n'aimes pas, je te paie le restau". Et au fur et à mesure du spectacle, il disait "bon, un Quick. Bon, une brasserie. Bon, un grand restau. Bon, la Tour d'argent".
Oui, c'était lamentable à ce point. Au final, pour un souci d'exactitude, Monsieur F a cherché à compter le nombre de moments où je riais. Il y en a eu 11 en une heure et demi. Onze ! Et encore, je ne sais toujours pas s'il a fait exprès de postillonner son sandwich ou pas.
C'était creux, nul, pourri, lamentable, pas drôle, faible, vide, ennuyeux, chiant, téléphoné, déjà vu cent fois avec plus de talent, et globalement mauvais. Les idées avaient le mérite d'exister. Et, euh, voilà.
Alors vous me direz que je suis méchant avec quelqu'un qui essaie de percer dans le métier mais justement, justement, je suis prêt à relever le défi ! En sortant de là, F m'a dit avec son tact habituel que même moi je pourrais être plus drôle.
Et ça, c'est une idée qu'elle a du mérite. Ce soir, je bosse sur un one-man show et jeudi j'essaie de voir si des cafés/bars/salles de la capitale acceptent les gens sans expérience, gratuitement. Je crois qu'il y a ce genre de concept dans quelques établissements, j'en profiterai pour tenter. Et, rassurez-vous, si je ne vous raconte pas, certains s'en chargeront....
L'article est long, va falloir que je coupe ici. C'est dommage, parce qu'après le théâtre, une des filles de la Flèche d'Or m'a rappelé. Et comme elle avait la flemme de sortir, elle nous a invités chez elle et a sorti les bouteilles.