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9 février 2007 5 09 /02 /février /2007 13:19

Tel un Jack Bauer de pacotille, sans le flingue mais avec les yeux, j'avais décidé hier de sauver le monde en me rendant à une de ces fameuses soirées seven to one dont j'entendais parler depuis tant de temps (mais si, rappelez-vous, vous aussi vous avez votre boîte mail qui se fait polluer par des dizaines de pubs pour ces soirées, vous ne les lisez même plus).

Une soirée seven-to-one (traduire: de 19h à 1h du matin), ce sont des soirées qui se déroulent de 19h à 1h du matin. C'est là qu'on se dit que la maîtrise de l'anglais, c'est bien.

L'intérêt, c'est que ça permet de sortir en semaine sans être trop déchiré le lendemain, et surtout (de mon point de vue) de bénéficier d'un open-bar champagne jusqu'à 21h. Ouais, le seven-to-oneur se bourre la gueule tôt, ou bien il allonge la carte de crédit vu que le moindre cocktail coûte 12 € après l'instant fatidique.

Tel Jack Bauer qui sait compter sur son réseau pour élaborer ses stratégies puissantes et intellectuelles, j'ai appelé une amie qui bosse pour un de ces fameux sites de sorties pour qu'elle me conseille quelque chose de sympa.

"Ouais, va là-bas, je te rajoute sur la liste, no souci" qu'elle me dit.

Dont acte. C'est à partir de là que tout commence à partir en couilles. Parce qu'une soirée tout seul, faut vraiment vouloir sortir pour se la faire...


19h15

Notre héros, à peine sorti du boulot, se retrouve devant l'endroit indiqué. C'est pas loin des Champs, il pleuviote, et il y a déjà une queue immense (pas de mauvais esprit dans le fond, je vous connais)


19h30

Notre sympathique et ô combien humide protagoniste arrive devant les deux vigiles. Son nom n'est pas sur la liste (ben tiens !)

'Mais euh je connais XXXX" que je fais, "elle m'a dit qu'elle m'avait rajoutée"

"Qui ça ?" demande le premier poilu.

Et merde...

Bon, je discute, je discute, et j'arrive à passer. Première étape réussie, à moi les Boyards.


19h45

Le Batracien s'avance dans ce lieu de stupre et de luxure. Sa première pensée est pour l'open bar. Il se dirige d'un pas assuré vers la masse grouillante de lépreux en rut qui cherche à se faire servir sa conso. Parce que oui, un open bar pour 10€, faut s'attendre à une arnaque. Là, en l'occurence, c'est simplement qu'il y a trois serveurs pour trois cent personnes, donc que ça va len-te-ment et qu'on est servis len-te-ment. Et puis c'est du mousseux dégueulasse. Mais bon, on va pas cracher dans la soupe, je suis là pour la boire. Je m'accoude donc au bar en me préparant à une longue attente.


19h46

Un des serveurs me remplit mon verre à ras bord avec un clin d'oeil complice. Yes ! J'ai la cote, et j'ai un verre. Je le vide d'un trait, tant qu'à faire, histoire de me chauffer un peu pour la soirée.


19h47

Le barman me re-remplit mon verre avec un sourire pervers. Je le re-vide.


19h48

Verre de nouveau rempli et franc sourire du barman. Bon, de deux choses l'une, soit j'ai l'air vraiment sympa, soit j'ai l'air vraiment homo. Dans tous les cas je ne me plains pas, le prix d'entrée est déjà amorti. Je sens les bulles sur ma langue. Ca fait du bien. Il est temps de bouger un peu.


20h00

Je me sers au buffet. Je commence à réaliser que c'est un peu nul d'être venu seul, en fait (sauf à draguer des barmen). Faut dire que c'est chiant d'avoir (presque) que des amis en couple. Mais bon, je le saurai pour la prochaine fois. En attendant, j'ai pris deux verres de plus et je me sens motivé pour m'incruster quelque part.


20h05

"Bonjour, il y a de la table à votre place ?" que je demande à une bande de filles nubiles occupées à discuter dans un coin.

Merde, c'est le stress ça. Pas l'habitude d'aborder les gens comme un con. Sans compter le regard venimeux que me lancent les trois filles, visiblement je ne suis pas le bienvenu.

"Euh non tu vois bien qu'il n'y a pas de chaise, c'est pas de chance" offre l'une d'elles en guise d'excuse.

Je hausse les épaules et je plonge dans mon verre (de nouveau plein, thank you mister barman). Ca commence bien.


20h06

"Hey, tu veux t'asseoir ? Ya de la place ici !"

Ma soirée est sauvée par la table d'à-côté, trois filles aussi, malheureusement un peu moins intéressantes physiquement que celles auxquelles j'étais allé parler. Mais on ne peut pas tout avoir, c'est déjà bien de pouvoir épancher son alcool avec quelqu'un. Avec gratitude, je m'installe avec le trio. Il y a des verres sur la table, je propose de profiter de mon lien privilégié avec le barman pour tout remplir. Acquiescements.


20h07

Décidément, ya quelque chose dans l'air avec le serveur, qui s'est rué sur moi pour remplir les quatre verres. Il me met la main sur l'épaule avec un sourire qui s'élargit, va falloir qu'on m'explique comment le fait de discuter avec trois filles ne me classe pas dans la catégorie hétéro. Pas grave, je chope les verres et je me barre. J'en siffle deux en route.


20h10

Les filles sont respectivement dans la communication, les ressources humaines et le droit. Ouais, c'est le principe des seven to one, on tombe que sur ça. Je commence à perdre un peu le fil de la soirée, faut dire qu'avec une belle énergie je termine leurs verres en continuant à discuter.


20h20

Ca discute encore. Je me penche vers une des filles, je ne sais pas si c'est la plus mignonne, mais c'est la plus proche et c'est déjà pas mal vu mon état.


20h30

Le DJ met "Born to be alive". Je me lève en titubant "Ouaaaais on va se déchirer sur la piste !".

Ma tentative avorte alors que je me retrouve au bar et que je re-remplis les verres.


20h45

Je commence à embrasser la fille, qui se laisse faire. C'est bien, les filles qui acceptent de diluer la solitude des gens. Ca fait plaisir. Elle pue le champagne.


21h00

L'open bar se termine, la musique devient plus forte. Ca y est, tout le monde danse. Je bois.


22h00

Je pars de la soirée, fatigué, mal au crâne. Pas assez mangé au buffet gratuit, j'ai envie de me faire un McDo. J'ai l'impression d'avoir oublié quelque chose, mais quoi ?


22h15

Merde, je crois que j'ai laissé la fille dans la soirée en fait, et que je suis parti sans prévenir.

 Une bouffée de culpabilité m'envahit.


22h30

Je suis au Virgin. Qu'est-ce que je fous au Virgin ?


23h00

Home sweet home. Je réalise en fouillant dans mon portable que j'ai un numéro en plus dans mon agenda, avec un nom complètement improbable à côté (c'est pas Gertrude mais pas loin...). Impossible de me rappeler si c'est la fille que j'ai embrassé, ou une de ses amies, ou quelqu'un d'autre.


0h00

Putain, je veux un McDo. Je me couche, je dors.

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Published by Batracien - dans batracien
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commentaires

Laura 10/02/2007 11:54

jack bauer aurait pas fait mieux, pire surement !
kisss

Bouc & Moustache 10/02/2007 00:38

faudrait vraiment que je me mette à l'alcool

Scandaleuse 10/02/2007 00:23

Un détail m'intrigue, le fait d'aller à un seven-to-one seul.
Je trouve que c'est la vraie performance. Mieux que de se taper Gertrude. Mieux que d'arriver à retrouver sa voiture (ou un taxi) en étant complètement déchiré.
A quand le post sur le Speed dating ? C'est sûrement dépassé mais j'ai envie de tester ça avec une amie, histoire de satisfaire ma curiosité (sans limite).

Jihane 09/02/2007 21:30

Quand je bois, mes critères de beauté s'effondrent lamentablement.>C'est bien connu, l'acool a ete invente pour que les moches aussi puissent baiser.Citation venant de Woody Allen pas de moi j'aurais pas oser employer de tels mots.

aliette 09/02/2007 20:08

Faire la queue dans la rue, négocier l'entrée comme un mendiant, tout ça pour boire du mousseaux gratos ? Fichtre...
Mais POURQUOI ?


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