Vendredi 29 septembre 2006

Le pique-nique arrive, et je vais la récupérer à une station de métro pour nous rendre sur place. C'est aux jardins de Bercy, le ciel est bleu, les oiseaux gazouillent, j'érectionne derechef. Pour ceux qui aimeraient me gueuler dessus et me critiquer pour mes moeurs légères, j'en profite pour dire que j'étais toujours avec la fameuse infirmière à cette époque. Heureusement, vous comprendrez mieux quand je vous parlerai d'elle. Mais bon, en attendant vous avez le droit de m'engueuler.

Je la retrouve donc sur le quai, toute mimi dans sa grande robe, avec des lunettes de soleil digne d'Ava Gardner au sahara. On va rejoindre les amis dans le coin, qui se lancent des regards appuyés en voyant qu'on arrive ensemble. Ah la la, décidément, on n'empêchera jamais les gens de se comporter comme des gamins et de colporter des ragots dès qu'ils peuvent.

J'aime bien.

Bref, le pique-nique de la maison d'édition se passe bien, même très bien. Je ne discute avec aucun des auteurs pour m'intéresser à la belle, et vas-y que ça papote. Ce qui m'a très agréablement surpris, c'était son manque de manières. Je m'attendais à une Pink Lady bis, en pire parce que sang bleu, et finalement je trouve une fille qui mord à belles dents dans une cuisse de poulet. Je ne sais pas, j'avais du mal à faire le lien avec les reportages qu'on voit parfois sur les familles royales.

Je vous préviens, à partir de maintenant ça va devenir intense. En effet, la noblette se découvre une envie subite de pisser (on est glamour ou on ne l'est pas, hein). Et comme le parc de Bercy n'est pas extrêmement clair sur ce sujet, il va falloir qu'elle retourne vers le village et le cinéma. Tous les regards se tournent vers moi puisqu'il faut bien l'accompagner.

Et pour la première fois, nous voilà seuls.

Je vous épargne le suspense, il ne s'est rien passé de sexuel ni même de réellement sensuel sur le trajet. On n'attrape pas les mouches avec du vinaigre et les nobles avec du sp... bon, je vais m'arrêter là avant de déraper sur une pente savonneuse dont la blancheur virginale n'a d'égale que la pulsation sourde des vibrations d'une huître ouverte sur une perle lumineuse.

Petite frayeur lorsque, discutant de sa chevelure chatoyante, elle observe: "non mais ya que mon copain qui peut me toucher les cheveux sinon je n'aime pas". Merde, me dis-je in petto, en deux semaines de conversation c'est vrai que nous n'avons jamais abordé ce sujet (et pour cause), la belle est-elle déjà en couple ? Tout s'effondre !

Je lui fais part de mon émoi et elle sourit. Sa réponse: "Non je voulais dire, le jour où j'aurai un copain, il pourra me toucher les cheveux"

Evidemment, je lui passe la main dans les cheveux. Nos regards se croisent. C'est un moment magnifique pour s'embrasser mais on ne le fait pas. A la place, on rejoint les autres et elle part rapidement pour rentrer chez elle. Je reçois un texto: "A quand la prochaine fois ? Que fais-tu demain ?"

Salaud jusqu'au bout des ongles, enfoiré jusqu'au bout des racines, connard jusqu'au bout de la nuit, je décroche mon téléphone et je compose un numéro. Une voix ensommeillée me répond au téléphone.

- Oui ? fait l'infirmière.

- Je pense qu'il vaudrait mieux arrêter entre nous, je fais.

Puis j'appelle la nobliaute et je confirme un rendez-vous le dimanche soir.

par Batracien publié dans : batracien
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Jeudi 28 septembre 2006

Je viens de réaliser que je ne vous avais pas vraiment parlé de la fille mentionnée dans l'article précédent (enfin, pas le précédent, celui d'avant (enfin, vous avez compris quoi): la jeune noble.

Pour ceux qui suivent le blog depuis hautetfort, vous en avez déjà entendu parler mais je ne crois pas avoir jamais raconté la rencontre. Du coup, et à défaut de nouvelles fraîches à vous mettre sous la dent (non, je n'ai pas trompé Dulcinée avec la serveuse de l'hôtel d'Angoulème), il serait peut-être temps de vous en parler. En plus, comme le début fait de moi un salaud, c'est plutôt en continuité avec ce que vous pensez de moi ces derniers temps. Ca me plaît plutôt ;)

J'étais donc à l'époque avec une infirmière, ouais, déjà, et elle non plus je ne vous en ai pas parlé. C'est chiant, c'est pas du tout chronologique ce que je fais. Tant pis, ça vous demandera des efforts de mémoire et de logique pour vous y retrouver, ça me fait plaisir d'avoir des gens brillants parmi les lecteurs ^^

J'étais donc avec cette infirmière que nous appellerons A parce que c'est une jolie lettre. Evidemment et comme d'habitude, je n'étais pas super heureux en relation. Mais les choses allaient bientôt changer. Tout cela grâce à une autre amie infirmière que nous appellerons B et qui fêtait son anniversaire - ses vingt ans, je sais, j'ai un peu honte.

Bref, me voilà convié audit anniversaire. J'arrive avec mon habituelle heure de retard, tout le monde est donc déjà arrivé. On se retrouve au Zéro de Conduite, un bar de Saint-Germain qui a la particularité de faire des quizz de dessin animé et de servir des cocktails dans des biberons. En même temps, maintenant c'est devenu le summum de la branchitude d'y aller en groupe mais à l'époque on précursait quand même un peu.

Bref, de l'autre côté de la grande table, donc à deux personnes de moi, se trouvait une fille assez beaucoup physiquement sympathique. J'aime bien les petites brunes sexys (ce qui explique certainement pourquoi je suis fou d'une petite blonde sexy en ce moment mais là n'est pas le problème) et elle était, je vous le donne en mille, petite et brune et sexy. Mon intérêt éveillé, j'essaie de discuter à travers le brouhaha ambiant et par-dessus la tête des deux personnes qui nous dérangent. La conversation se déroule plutôt bien, même extrêmement bien. Amusés par notre manège, les deux boulets qui dérangeaient changent de place avec nous et on peut enfin blablater plus confortablement. Malgré son âge très jeune (on ne me jette pas la pierre, hein) - ou peut-être grâce à ça - le contact passe super bien. J'apprends au passage que la fille est noble avec un nom à rallonge (De XXx de YYY de ZZZ, la classe), en khâgne, et qu'elle vise HEC en fin d'année. Comme je connais les concours, je suis tout de suite auréolé d'un prestige formidable (hin hin hin). Bon, manque de chance, elle se révèle catholique fort pratiquante mais ce n'est pas grave, les lobotomies existent.

 

La soirée se termine et nous nous séparons bons amis avec un échange de numéros et de mails. Je me demande comment je vais faire pour continuer les choses mais finalement la question ne se pose pas puisque je reçois presque instantanément un texto de sa part alors que je rentre chez moi. Visiblement, le contact passe bien des deux côtés.

S'ensuit un échange de mails très intense. Intense sur le nombre hein, pas sur le côté sexuel parce que la jeune fille est vierge et timide et a des idées bien arrêtées sur le sexe hors mariage (c'est Satan), la fellation (c'est Belzebuth) et les baisers sur la bouche (c'est sale). Ca vous rappelle quelque chose ? Ouais, la Pinkette avec moins de fric mais plus de titres.

Elle m'explique qu'elle fait partie des "deux cent familles", qui serait le groupe d'aristocrates avec le plus de sang bleu, blablabla, descendance en droite ligne blablabla, et que sa famille en particulier est dans les dix premières sur la succession d'un éventuel trône de France. Super, je suis tombé non seulement sur une royaliste, non seulement sur une noble, mais en plus sur une haut-placée. C'est quand même la classe internationale, vivent les anniversaires d'infirmière, on rencontre du beau monde.

Notre relation reste chaste et amicale pendant près de deux semaines alors qu'elle passe ses examens d'école. Puis ceux-ci se terminent et l'été est à nous.

Ca tombe bien, il y a justement un pique-nique organisé par une maison d'édition, à laquelle je lui propose de prendre part. Elle accepte (huhuhuhuhu).

 

 

par Batracien publié dans : batracien
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Jeudi 28 septembre 2006

...des déplacements en province, c'est qu'on peut se lever vers 9h30 avec les cheveux en bataille vu qu'on a que deux rendez-vous dans la journée.

Le mauvais côté, c'est que l'hôtel donnait sur une route et était bruyant malgré ses nombreuses étoiles, que ma voiture mal garée s'est pris un PV, que je me suis fait verbaliser hier sur une route départementale pour vitesse excessive, que je suis arrivé trop tard à l'hôtel pour manger le soir et que j'ai fini dans un kebab du coin, que j'avais prévu un déplacement de deux jours seulement et que je manque donc de boxer et de chemise propre, que j'avais oublié mon portable dans la voiture (mal garée) ce qui m'a empêché de recevoir des appels passionnants et des textos formidables, que mon ordi du boulot rame trop pour me laisser jouer aux sims.

A part ça, tout va bien.

par Batracien publié dans : batracien
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Mercredi 27 septembre 2006

Mon premier est un mec plutôt pas doué, plutôt catho, dont j'ai déjà parlé dans ces pages, et qui vit désormais sur le campus d'HEC pour sa thèse.

Mon second est une fille plutôt douée, plutôt catho, dont j'ai déjà parlé dans ces pages (enfin, l'ancien blog quoi), et qui vit désormais sur le campus d'HEC pour son école de commerce.

Où pensez-vous que ces gens là puissent bien se voir ?

Gagné, à l'église du campus, qui célèbre tous les mardis soirs une messe pour les djeunz qui n'en veulent mais qui n'en croient aussi.

Vous allez me dire, c'est super ton histoire mais bon les coïncidences débiles on n'en a un peu rien à foutre, on veut du sexe ou bien te voir boulettiser avec talent. Rassurez-vous, ça arrive.

Car avec tout autre individu que mon pote à moi que j'ai, la situation aurait été réglée en moins de deux. L'ex aurait souri, le mâle aurait souri, ils se seraient abandonnés pour retourner à leurs pénates (ou pour baiser comme des chihuahuas en rut, au choix). Mais là non. Car il a osé l'aborder et lui parler !

De moi !

Mais quel con !

J'y crois pas !

Donc bref il lui a dit que j'avais été triste de la rupture, que j'avais un peu regretté, que c'était dommage car on formait un beau couple, que blablabli et blablabla, et donc devinez qui m'appelle ce soir ? La nobliaute en question, toute émue que je pense autant à elle !

Et histoire de parfaire mon image de goujat puissance dix qui me colle à la peau depuis l'histoire suivante, quand elle a dit "coucou c'est <insert name>" j'ai répondu "qui ça ?".

Il y a des amis qui remplacent tous les ennemis du monde...

par Batracien publié dans : batracien
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Mardi 26 septembre 2006

Bon, on va revenir au style habituel, faut pas déconner, j'aime bien le pathos mais moins les autres mousquetaires. Ceci dit, tout ce qui était écrit était rigoureusement vrai: nous sommes bien sortis trois semaines ensemble, j'ai profité de la générosité de son orifice buccal avec une sensualité qui m'étonnera toujours, mais jamais sexe nous ne fîmes car pudiques nous étiassions.

La fameuse nuit, je lui ai dit que ça ne pouvait pas durer et que je n'avais pas l'intention de l'utiliser comme bouche-trou, que je pensais à quelqu'un d'"autre, blablabla, donc que ce serait bien mieux  de se séparer. Elle a insisté pour coucher quand même, je ne la blâme pas, c'est normal quand on sait à quel point je suis formidable (hum... ok).

Ceci dit, vous tous (enfin plutôt toutes en l'occurence) qui trouvez que je me suis comporté comme le dernier des salauds, rassurez-vous, la blonde anorexique a eu sa vengeance. En effet, presque six mois plus tard, elle m'appelait pour me proposer de l'accompagner à un festival BD quelconque en région parisienne. Frustré de sexe depuis deux semaines, j'ai accepté en me demandant tout de même où était l'anguille du gravillon sous la roche de la baleine.

Je n'ai pas mis trop de temps à comprendre. Ca s'est fait en deux temps. Premier temps, elle s'est ventousée durant le salon à un auteur vaguement célèbre dont nous ne citerons pas le nom ici pour ne pas ternir sa réputation méritée et l'a bisouillé tout le salon, sans doute pour me faire réaliser ce que j'avais perdu. En même temps, on voyait ses côtes donc en poids je n'avais pas perdu grand chose.

Second temps, alors que nous rentrons en RER vers Paris, elle commence à aborder cette fameuse dernière nuit en me disant à quel point j'ai été un salaud. Devant mes dénégations, elle prend à parti la rame entière en glapissant comme une goupilette qui s'est pris la patte arrière dans le piège à loup.

"Non mais je rêve, et il ne s'excuse même pas, mais vous savez ce qu'il m'a fait ce connard ? Il m'a plaquée la nuit même où j'ai accepté de coucher avec lui !"

Grand blanc dans la rame de RER qui me fusille unanimement d'un regard noir. Bon, j'aimerais vous dire que j'ai retourné la situation à mon profit avec un bon mot au bon moment mais en fait non, j'ai quitté la rame à ma station sous les yeux fortement désapprobateurs du wagon et les quolibets de la walkyrie en furie.

Ca va, vous êtes contents, ceux qui réclamaient du sang et des tripes ? ^^

Dans un registre plus sympa et pour suivre l'exemple de Dulcinée puis de Souris Blonde, voilà un portrait fait avec leur dollmaker. Ya pas de raison que seules les filles aient le droit de grelucher. Et puis je me trouve ressemblant. Les petits coeurs, c'est pour faire genre.

par Batracien publié dans : batracien
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