Vendredi 31 mars 2006

"Le meilleur moment en amour, c'est quand on monte l'escalier".

Ce n'est pas moi qui le dit, mais Clémenceau. Avant d'être un porte-avions en ruine, c'était un excellent connaisseur de l'espèce humaine, on dirait.

Bon, pour ceux qui pensent que monter l'escalier est une métaphore pour une position sexuelle quelconque, je précise quand même qu'il parle du moment où on va rejoindre la fille - bref, tous les moments avant l'amour. Et je suis totalement d'accord avec lui.

Or, plus le temps passe, plus on mûrit, et moins ces moments durent. C'est atroce, je suis en pleine crise de déprime sur ce sujet.

Repensez à votre adolescence. Vous étiez jeunes et timides, et vous pouviez tourner autour d'une fille (ou d'un garçpn, pour les filles, ça marche aussi (ou d'une personne du même sexe, je ne suis pas sectaire d'ailleurs)) pendant des mois entiers. Le moindre sourire pouvait être interprété comme un signe dans un sens ou dans l'autre. On passait une nuit entière à analyser ses paroles en se demandant si elle a parlé inocemment ou pas. On s'imaginait les choses les plus incroyables. On essayait de planifier son emploi du temps en fonction de la personne en question. On cherchait à la croiser "par hasard". On chérissait ces moments volés où l'on avait l'impression de se rapprocher d'elle, de marquer des points. Le soir, on s'endormait avec un sourire heureux et des rêves plein les yeux.

On m'a demandé sur l'article précédent pourquoi j'aimais bien une série aussi mièvre que Kimagure Orange Road. La réponse est simple: parce que j'aime le mièvre, justement. Parce que ça me rappelle des souvenirs d'une adolescence très maladroite (et, soyons honnêtes, assez pauvre niveau séduction ^^^) mais qui paradoxalement n'était pas désagréable du tout. Je me levais le matin, content d'aller en cours, car je savais que j'allais y revoir la personne qui comptait pour moi et que j'allais de nouveau tourner autour du pot comme une grosse loque. Ah, ces moments dont je me souviendrai toute ma vie, un voyage au ski où la fille se mettait à côté de moi et où nos vêtements se frôlaient. Et les parties de carte sous une doudoune. Le tarot devenait sensuel. Rien de concret, mais tellement de rêves, tellement de bons souvenirs.

Quand je compare avec maintenant, je trouve que j'ai perdu l'enchantement, qu'on a tous perdu une part d'innocence. Quand on rencontre une fille, on sait au bout d'à peu près cinq minutes si elle est intéressée ou non, et c'est la même chose de son côté. Il n'y a plus de surprise, plus de timidité, plus d'angoisse, plus d'attente. C'est trop rapidement binaire, on a trop vite la réponse, on n'a plus de nuits agitées à se demander comment interpréter telle ou telle parole.

En mûrissant, on comprend les règles du jeu de la séduction. Et quand on connaît les règles d'un jeu, il perd toute sa saveur.

Vague à l'âme, ce soir. Désolé, désolé...

par Batracien publié dans : batracien
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Jeudi 30 mars 2006

Ils ont tous un tas de pouvoirs étranges-euh.

Ca vous rappelle quelque chose ? Kimagure Orange Road dans le texte, une série qui a bercé pas mal de gens de mon âge, diffusée à l'époque sur la Cinq. J'ai eu l'occasion de me faire prêter le DVD des premiers épisodes, et une bouffée de nostalgie m'a fait frisotter la mèche dans une explosion de souvenirs.

L'histoire de base est toute simple: un garçon d'une quinzaine d'années est amoureux d'une fille qui l'aime aussi. Mais la meilleure amie de cette fille se jette sur lui.

Et on a donc un triangle amoureux tout ce qu'il y a de plus classique, avec un garçon qui sort avec une fille qu'il n'aime pas tout en étant amoureux d'une autre, qui laisse ses sentiments de côté pour ne pas blesser son amie. Pour tout arranger, la famille du garçon dispose de pouvoirs magiques qui servent de filigrane à la série (téléportation, lévitation...).

C'est beau, hein ? On dirait de la poésie. A noter d'ailleurs que les noms très japonais d'Ayukawa Madoka et Hikaru Hyama se sont transformés pour la France en Sabrina et Pamela. Vive l'importation ^^

Bon, en dehors des souvenirs d'enfance que j'ai sûrement fait ressurgir, pourquoi est-ce que je vous parle de tout ça ? Parce que les triangles amoureux, c'est vraiment de la merde.

Je me rappelle, quand je regardais cette série. J'avais quatorze-quinze ans, j'étais timide comme un paysan sans vache, et je jalousais désespérément ce Kyosuke (Max, si vous suivez toujours). Comment osait-il se plaindre ? Il avait deux superbes filles à ses pieds et dans ses bras, vivait des vacances formidables, avait des pouvoirs magiques.... enfoiré ! Connard de Kyosuke qui se trouvait toujours de corvée de chiottes avec Madoka avant de se faire nourrir à la becquée par Hikaru. Sans compter ses soeurs. Rhaaa, trop de chance pour une seule personne, c'est ignoble.

A l'époque, j'ai serré les dents, et je me suis dit "faites qu'un jour je me retrouve dans la même situation, c'est vrai, quoi, je suis un gentil garçon, promis, je me brosserai les dents, mais merde quoi"

Et l'ennui, c'est que ça a marché.

Plusieurs fois, j'ai eu à vivre la situation que le garçon vit dans la série. Etre attiré par une fille, savoir que les sentiments sont réciproques, mais voir une troisième personne mettre son grain de sel et tout perturber. Et là, c'est une catastrophe. L'estomac noué, le coeur au bord des lèvres, l'envie de ne blesser personne, de contenter tout le monde - ce qui bien entendu est impossible.

Bref, ce n'est pas un rêve. C'est un cauchemar. On pense souvent qu'on est très malheureux quand on est célibataire, c'est certainement vrai. Mais on est indubitablement plus torturé lorsqu'on est dans ce genre de triangle.

Donc, vous qui jalousez sourdement les héros de séries de ce genre qui, malgré leur physique de geek et leur timidité maladive, parviennent à sortir avec les plus belles filles du lycée grâce à leur gentillesse naturelle et instantanément remarquée.... ne jalousez plus.

D'ailleurs, la fin en film de Kimagure Orange Road est à ce titre édifiante.

Pas d'amour, c'est chiant.

Trop d'amour, c'est pire.

par Batracien publié dans : batracien
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Mercredi 29 mars 2006

Je regardais récemment le dernier clip de Pink, "Stupid Girls", dans un bar du coin.

Bon. On ne critique pas mes goûts musicaux, s'il vous plaît. D'autant plus que ce n'est pas de Pink dont je souhaite vous parler.

Non, ce qui m'a frappé, c'est une scène particulière de ce clip, où une fille en minijupe, particulièrement bien dotée par la nature, joue au bowling. Et elle se comporte comme une gamine, à sautiller sur place de joie après un strike. Et Pink, qui fustige donc les "stupid girls", lève les yeux au ciel.

Ouais.

Mais il n'empêche, personnellement j'aime bien ça. Traitez-moi de ce que vous voudrez, mais j'ai toujours apprécié ce degré d'innocence chez une fille (oui, j'appelle ça innocence selon la théorie qui affirme qu'on utilise des qualificatifs positifs lorsque la fille est mignonne). J'en connais plusieurs qui sont capables de trépigner sur place, de sautiller de joie, d'avoir les yeux qui s'éclairent de manière incroyable lorsqu'on leur fait plaisir. Bref, qui ont l'air de garder une part d'enfance.

Et ça, ça m'attire comme l'ours au miel (j'aurais pu dire comme la mouche à merde mais bon...). Je trouve que les gens qui arrivent à se comporter avec autant de naturel se comptent sur les doigts de la main et qu'il faut préserver cette innocence et cette fraîcheur le plus longtemps possible.

Evidemment, le plus dur n'est pas de trouver quelqu'un qui agit comme ça - mais de trouver une fille brillante qui se comporte ainsi. L'innocence, c'est rarement compatible avec la réflexion profonde (monde pourri :p). Donc quand on en trouve une, il ne faut pas la laisser passer.

J'avais un nom pour ce critère, que je citais religieusement à mes amis lorsque je leur parlais de la femme idéale. Je disais "innocente-mais-un-peu-perverse". Ca veut tout dire.

Mais bordel, c'est plus rare qu'un over-blog sans bug.

par Batracien publié dans : batracien
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Lundi 27 mars 2006

Bon, vu comme c'est le bordel en ce moment sur over-blog, je ne sais pas si vous allez réussir à lire cet article. Si oui, tant mieux. Sinon, tant pis, j'aurai écrit pour rien.

Vous vous souvenez de ma suggestion, il y a deux semaines, de pondre un bouquin sur les théories foireuses de l'amour et du couple ? Bah voilà ce que pourrait donner une introduction.

Cul.

 

Voilà, le mot est lancé. Je le mets en premier car on m’a expliqué en long, en large et en travers que la première phrase d’un livre était ce qui décidait le lecteur à l’acheter ou non. En ne mettant que « cul », je maximise mes chances. Et puis il ne faut pas se voiler la face, c’est quand même le sujet principal du livre. Parce que le couple, l’amour, c’est bien beau. Mais au final, qu’est-ce qu’il reste ? Le cul.

 

 

 

Ca fait des années qu’on vous sort des théories intellectuelles, vérifiées par de nombreux sondages, sur Mars, sur Venus, et sur les femmes. Et vous trouvez que ça vous a fait progresser ? Vous pensez vraiment mieux comprendre votre couple, et pourquoi votre copine vous gueule dessus alors que vous êtes en pleine partie de Counterstrike et qu’elle ne voit pas à quel point l’enjeu est important ?

 

 

 

Ici, pas de Mars, pas de Venus. Je vous propose seulement de découvrir leur Lune.

 

 

 

C’est tellement beau, une paire de fesses, surtout de profil. On dirait un cœur. Je me demande d’ailleurs s’il n’y a pas eu un énorme malentendu il y a des centaines d’années, et si ce que l’on représente sous forme d’un cœur (cf schema 1) ne serait pas tout simplement des fesses. Nos ancêtres étaient pas mal pragmatiques, après tout. Et puis soyons honnêtes, un vrai cœur ne ressemble absolument pas à ce dessin stylisé. Donc voilà, le mystère est élucidé : par pudeur, on a fait croire à des générations d’adolescents amoureux qu’ils gravaient des cœurs sur les arbres, alors qu’il s’agissait de cul. Au moins, c’est moins hypocrite.

 

 

 

Alors, à votre avis, les cœurs ? De vrais preuves d’amour de nos ancêtres, ou une démonstration de leur capacité à ne penser qu’au sexe ?

 

 

 

Voilà, vous venez de subir votre première théorie foireuse. Comme vous pouvez rapidement le constater :

-         Elle ne se base sur aucune étude

-         Elle n’a aucune légitimité scientifique

-         Elle est complètement stupide

 

 

 

C’est ça que je vous offre dans ce livre, ça que vous allez pouvoir lire avec délectation dans les deux cent pages qui vont suivre. Des théories foireuses, des théories fumeuses, des théories stupides... tout ce qu’il faut, finalement, pour vous permettre de découvrir le sens de la vie. Car si la vie est ridicule, il faut des théories tout aussi invérifiables pour l’expliquer.

 

 

 

Parfois, vous ne serez pas d’accord avec moi. Ce n’est pas grave. Je suis capable d’accepter que vous ayez tort. J’espère quand même que ça ne gâchera pas votre plaisir.

 

 

 

 

 

 

Petit avertissement

 

 

 

 

 

 

 

Je suis conscient qu’il y a parmi vous des gens coincés qui vont s’affoler de voir des gros mots dans un bouquin. Avec un peu de chance, ceux-là ont déjà reposé le livre en lisant le premier mot. Mais si d’aventure ils lisaient juste ici, je leur propose une adaptation rapide des théories.

 

 

 

Chaque fois que je dirai bite ou couille, il sera donc bien entendu que je parlerai de Verge et de Testicule.

 

 

 

Et pour les filles

 

 

 

 

 

 

J’ai beaucoup parlé des hommes. C’est normal, j’en suis un. Mais évidemment, c’est vous la cible de l’ouvrage. C’est de vous dont je parle. 

Si j’ai tort, n’hésitez pas à me le faire savoir. Mais ne frappez pas trop fort, j’ai une vraie peau de bébé.

 

 

 

par Batracien publié dans : batracien
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Vendredi 24 mars 2006

Eh oui.

Vous attendiez tous un peu d'animation sur ce blog ? Elle revient, encore plus énergique, encore plus en forme !

Aujourd'hui, je reçois un texto d'un numéro que je pensais enfoui définitivement au fond de mon téléphone. J'ai même mis quelques secondes à comprendre de qui il s'agissait (ouais, je suis nul avec les prénoms). Et puis j'ai lu le message.

Je vous le retranscris avec toutes les abréviations et fautes, évidemment.

"Lut c moi keske tu devien, celib ou pas ? On se drink au Baron c'est gratui lundi, appel moi jsui chaude lol kiss"

 

Oui. Vous l'avez reconnue (malgré son "c moi" du plus bel aloi), vous l'aviez plébiscitée et elle revient sur vos écrans. En une seule phrase, elle parvient à parler du Baron, c'est quand même grandiose.

Elle n'a pas l'air d'avoir changé d'un iota, la Podium Girl. Toujours la même classe internationale qui vous emporte en quelques mots. J'ai donc fait ce que vous auriez fait à ma place: je n'ai pas répondu.

 

Pour ceux et celles qui prennent le train en route, et au risque de faire du réchauffé sur mon blog, je rappelle que cette fille était un concentré de phrases cul(tes).

- C'est pas parce que je suis trop bonnasse que j'ai pas de cerveau aussi

- Au début je voulais te faire un gâteau mais j'ai pas de farine alors je vais me contenter d'être une sex bomb

- Les mecs, tu en testes un, tu les as tous testés. C'est les mêmes mouvements jusqu'au moment où t'en as marre et tu gueules "oh oui c'était trop bon" pour qu'il remballe sa nouille.

- Je lui sors 'je t'aime' et il me répond 'moi pas et tu m'empêches de dormir'

- T'as dit que t'aimais bien réchauffer les pieds froids des filles, moi c'est les seins

- Non pas ce bar je crois que j'ai couché avec le barman. Je suis pas sûre en même temps, mais me semble

- Ce qui est bien avec ton truc de pas me sauter tout de suite, c'est que j'ai moins mal au cul le matin

Et la conversation MSN qui avait consacré notre rupture. Oh, tant de beauté, tant de fraîcheur, tant de douceur !

 

XXX dit :
Sérieu tu lui trouve koi ?

Grenouille Bleue dit :
Elle est belle et pas conne, c'est déjà un bon début pour une fille

XXX dit :
moi aussi tete de pioche
XXX dit :
jsui belle et intelligente

Grenouille Bleue dit :
Ouais mais elle dansait mieux sur Call on me

XXX dit :
pr call on me
XXX dit :
tu ferais mieux de te taire
XXX dit :
..pke ten c rien du tout
XXX dit :
alors ta gueule
XXX dit :
surtou ke c un peu mon sport
XXX dit :
dc tu ferais mieux de te la fermer
XXX dit :
pke je bouge bien

 

 

Nous pouvons donc tirer un voile pudique sur cette histoire et effacer ce délicieux texto. Ca m'a quand même mis en joie pour une bonne partie de la journée à me rappeler ces souvenirs excellents.

par Batracien publié dans : batracien
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