"Le meilleur moment en amour, c'est quand on monte l'escalier".
Ce n'est pas moi qui le dit, mais Clémenceau. Avant d'être un porte-avions en ruine, c'était un excellent connaisseur de l'espèce humaine, on dirait.
Bon, pour ceux qui pensent que monter l'escalier est une métaphore pour une position sexuelle quelconque, je précise quand même qu'il parle du moment où on va rejoindre la fille - bref, tous les moments avant l'amour. Et je suis totalement d'accord avec lui.
Or, plus le temps passe, plus on mûrit, et moins ces moments durent. C'est atroce, je suis en pleine crise de déprime sur ce sujet.
Repensez à votre adolescence. Vous étiez jeunes et timides, et vous pouviez tourner autour d'une fille (ou d'un garçpn, pour les filles, ça marche aussi (ou d'une personne du même sexe, je ne suis pas sectaire d'ailleurs)) pendant des mois entiers. Le moindre sourire pouvait être interprété comme un signe dans un sens ou dans l'autre. On passait une nuit entière à analyser ses paroles en se demandant si elle a parlé inocemment ou pas. On s'imaginait les choses les plus incroyables. On essayait de planifier son emploi du temps en fonction de la personne en question. On cherchait à la croiser "par hasard". On chérissait ces moments volés où l'on avait l'impression de se rapprocher d'elle, de marquer des points. Le soir, on s'endormait avec un sourire heureux et des rêves plein les yeux.
On m'a demandé sur l'article précédent pourquoi j'aimais bien une série aussi mièvre que Kimagure Orange Road. La réponse est simple: parce que j'aime le mièvre, justement. Parce que ça me rappelle des souvenirs d'une adolescence très maladroite (et, soyons honnêtes, assez pauvre niveau séduction ^^^) mais qui paradoxalement n'était pas désagréable du tout. Je me levais le matin, content d'aller en cours, car je savais que j'allais y revoir la personne qui comptait pour moi et que j'allais de nouveau tourner autour du pot comme une grosse loque. Ah, ces moments dont je me souviendrai toute ma vie, un voyage au ski où la fille se mettait à côté de moi et où nos vêtements se frôlaient. Et les parties de carte sous une doudoune. Le tarot devenait sensuel. Rien de concret, mais tellement de rêves, tellement de bons souvenirs.
Quand je compare avec maintenant, je trouve que j'ai perdu l'enchantement, qu'on a tous perdu une part d'innocence. Quand on rencontre une fille, on sait au bout d'à peu près cinq minutes si elle est intéressée ou non, et c'est la même chose de son côté. Il n'y a plus de surprise, plus de timidité, plus d'angoisse, plus d'attente. C'est trop rapidement binaire, on a trop vite la réponse, on n'a plus de nuits agitées à se demander comment interpréter telle ou telle parole.
En mûrissant, on comprend les règles du jeu de la séduction. Et quand on connaît les règles d'un jeu, il perd toute sa saveur.
Vague à l'âme, ce soir. Désolé, désolé...
ajouter un commentaire commentaires (14) créer un trackback recommander



Commentaires